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mercredi 28 octobre 2015

« Le château Rothschild, fantôme de Boulogne-Billancourt par Oriane Beaufils N°4039 9e année



L‘article date de décembre 2014….

« La Ballade de la ruine écrite par Charles Cros dans le dernier tiers du XIXe siècle est contemporaine du prestigieux château de Boulogne qui apparaît aujourd’hui comme un fantôme au fond du parc Edmond de Rothschild.  Acheté en 1817 au banquier Davilliers, le domaine comprend un pavillon du XVIIIe siècle, le pavillon Buchillot aujourd’hui réhabilité en Musée Paul Belmondo et le château reconstruit par l’architecte Joseph-Armand Berthelin entre 1855 et 1861. Le château est conçu, et c’est un fait pionnier à l’époque, dans le plus pur style Louis XIV : un corps de logis rectangulaire cantonné de deux pavillons en légère saillie couverts de hautes toitures à quatre pans coiffées d’ardoise. Les combles sont percés d’oculi et d’œils-de-bœuf moulurés. Cette sobriété des formes répond à la munificence du décor : sur les deux façades, les paires de colonnes en marbre rouge du Languedoc sommées de chapiteaux en marbre blanc soutiennent des balcons en saillie qui évoquent immanquablement la cour de marbre du château de Versailles. Une verrière métallique avec colonnettes et lambrequins soulignait les lignes de la façade d’entrée décorée de panneaux de mosaïques colorés. La distribution intérieure suit un plan classique, le rez-de-chaussée uni par une grande galerie desservant deux salles à manger, un grand et un petit salon, une bibliothèque, un vestibule et un « salon Boucher » orné de toiles du maître. L’étage supérieur accueillait les espaces d’habitation et celui des combles, les espaces réservés aux domestiques.
[…..]
Un projet de la dernière chance semble cependant se profiler, mené par la patience d’associations locales parmi lesquelles Boulogne Patrimoine. On n’ose y croire. Le propriétaire pourrait accepter de céder à la ville le château moyennant l’autorisation de réaliser un complexe immobilier qui financerait les coûts de la restauration (qui s’élèveraient selon Bernard Mayrand, président de Boulogne Patrimoine, à 30 ou 35 millions d’euros). 80% des toitures sont à reprendre de même qu’une très large partie des façades et des planchers. Sur les 7000 m2 jouxtant le château, déclarés constructibles par le plan au sol de 1983 dans le cadre de l’aménagement du parc acquis par la Ville, seuls environ 1540 m2 sont réellement exploitables et la commission des sites a donné son accord en 2011 pour un réaménagement du parc.
Le président du Conseil Général des Hauts de Seine disait rêver il y a quelques années d’une « vallée de la culture s’ordonnant autour de la Seine », à la manière d’un Napoléon III qui transforma le bois de Boulogne et fit lotir le Parc des Princes à l’orée du château du grand baron. Le renouveau du musée Albert Kahn, la transformation de l’Ile Seguin sont autant de projets coûteux voire ruineux, contestables voire condamnables. Mais sur le domaine Rothschild, pas un mot. Cette famille a pourtant offert, à ce jour, plus de soixante mille œuvres aux musées de France. Les grands mécènes du passé ne méritent-ils pas les égards que l’on accorde si facilement à ceux du présent ? »
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim2015

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