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mardi 23 octobre 2018

Centenaire 1918, biffer Pétain, ne pas déplaire à la chancelière ? N°4560 12e année


Jean-Dominique Merchet a indiqué qu’Emmanuel Macron n’entendait pas donner un caractère trop militaire au centenaire de la victoire des alliés sur les empires centraux (Allemagne/Autriche-Hongrie/Ottoman) et qu’il tenait à offrir une place particulière à l’actuelle chancelière Angela Merkel.
Il a été décidé également que contrairement au souhait de l’Etat-major, la France ne rendrait pas hommage aux généraux futurs maréchaux de France acteurs de la Grande guerre.
Quel sens donner au centenaire de la victoire alliée en 1918  qui aboutit à la seule signature de l’armistice à Rethondes et où, apparaîtrait, rapidement, que la France et l’Allemagne se placeraient « entre deux guerres » ? La difficulté à célébrer le centenaire de l’armistice tient justement au fait qu’il ne s’agissait pas d’une reddition mais d’un arrêt. Il faudra attendre le traité de Versailles pour que l’Allemagne assume aux yeux des vainqueurs sa responsabilité dans le conflit mondial. L’armistice de 1918 est un acte militaire qui doit être approché et considéré comme tel et si le gouvernement français opte pour le commémorer cent ans après, il est logique que l’armée y occupe toute la place et par conséquent que les souvenirs des poilus et les généraux/maréchaux y tiennent le devant. On ne peut gommer toutes les souffrances endurées, les générations actuelles doivent s’en souvenir dans le cadre de cérémonies de concert avec, notamment l’Allemagne, afin de rappeler qu’enclencher une guerre n’est en aucun cas un acte anodin. Louis XIV ne fit-il pas inscrire sur les canons : Ultime argument des rois ?
S’agissant de ne pas honorer les généraux français sous le prétexte que le général Pétain, plus tard maréchal, assumera le régime de Vichy avec toutes les conséquences que l’on sait, ne semble pas heureux. Outre le fait qu’on exclut les généraux et amiraux britanniques et allemands présents dans le fameux wagon, l’aura du général Pétain à Verdun date de cette époque, du rôle qu’il y tint et même si ce prestige acquis lui permit d’accéder au maréchalat puis à des postes politiques avant de prendre la tête d’un régime soumis à l’Occupant, il est nécessaire de tenir compte de ce que nous choisissons de commémorer : l’armistice de 1918. Et le général Pétain, parmi d’autres officiers généraux y a toute sa place. On ne voit pas en quoi respecter une chronologie historique dans le premier conflit mondial du XXe siècle soulèverait une polémique parce que Philippe Pétain serait parmi ses pairs d’alors ? Il ne serait pas exonérer de l’Etat français.  
Un chef de l’Etat n’est pas un particulier, il doit savoir être au-dessus et ne pas s’embourber dans les émotions et les confusions pour complaire aux uns et aux autres.
S’abstenir de toute parade militaire pour ne pas froisser la chancelière allemande obéit à une incapacité à assumer ce que l’on commémore à savoir un armistice dans un conflit armé. S’il est logique de préparer cette cérémonie anniversaire de concert avec tous les belligérants, y renoncer, est une manière de nier ce que l’on prétend célébrer, d’apprendre, également, qu’Emmanuel Macron, chef des armées ne sera pas présent aux Invalides parmi les soldats ajoute au doute.  Le gouvernement perd l’occasion de rappeler aux générations actuelles ce que représente l’outil militaire, de toute sa place dans l’exercice et la maîtrise de la souveraineté nationale. Le gouvernement français pense-t-il les Allemands oublieux de leur gloire militaire ? De même que les Britanniques ?
Le centenaire de l’armistice devrait être celui du souvenir à l’ombre des drapeaux, dans le respect des uns et des autres cent ans après, de ne pas biffer ce qu’a été la responsabilité commune des puissances européennes d’alors entrées dans le conflit en aout 1914 telles des somnambules. Les puissances de l’Histoire,  les  mémoires reçues, transmises sont parmi nous mais le sont-elles actuellement dans l’Union européenne ?

Sources :




Jean Vinatier
Seriatim 2018

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