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lundi 22 octobre 2018

« Macron : j’anéantirai mes opposants judiciairement » N°4559 12e année


Cyrille Lachèvre de L’Opinion dans son édito de ce matin parle de « Jean-Luc  Mélenchon et de ses sicaires »1, ignorant que ce mot signifie tueur à gages. Jean-Luc Mélenchon est un lambertiste qui a agi comme tel lors de la double perquisition la semaine dernière. Tout dans le vocabulaire et la gestuelle oratoire désignent cette origine. Le chef de La France insoumise est ce qu’il est mais de là à le réduire à employer des sicaires, il y a là une frontière franchie inadmissible.
Rien n’obligeait la justice à déployer une telle force pour perquisitionner : un magistrat qui décide cet acte doit savoir distinguer une perquisition chez un serial killer ou un trafiquant de drogue avec le domicile d’un citoyen, élu ou pas auquel on reproche des faits qui ne relèvent pas de la cour d’assise, du terrorisme. Ce déploiement est donc voulu par un procureur totalement dépendant statutairement de l’exécutif. C’est donc le gouvernement qui a voulu marquer les esprits et l’opinion publique en jouant de cette violence judiciaire. Quelques temps plus tôt, Marine Le Pen l’éprouva en se soumettant à un examen psychiatrique. Là-aussi, violence d’Etat, de gouvernement. Quant à l’affaire Fillon qui revient, ô hasard, sur le devant de la scène, elle a été terrible dans la destruction d’un candidat qui n’était, certes, pas blanc-bleu et qu’un Marc Ladreit de La Charrière vient de lâcher en rase campagne. On comprend bien que l’affaire Fillon ricochera sur les Républicains au moment des européennes.
Nous sommes à quelques mois de ces élections que conduira un Président de la République déconsidéré, d’un parti La République en marche sans racine, ni corpus, qui voit les piliers gouvernementaux prendre la poudre d’escampette : Nicoclas Hulot, Gérard Collomb et demain ou après-demain Jean-Luc Le Drian.
Emmanuel Macron sait bien qu’il ne peut pas perdre cette élection européenne quand bien même l’environnement politique ne lui serait guère favorable : une Angela Merkel affaiblie d’élection en élection hier en Bavière, demain en Hesse, une Italie apparemment décidée à tenir front à la Commission européenne sur le plan budgétaire, une grande partie de l’Europe de l’Est et orientale qui regimbe sur le dossier migratoire, le risque négatif pour Bruxelles d’un non-accord sur le BREXIT en mars 2019. En fait il n’y a plus d’axe franco-allemand ni même de colonne vertébrale dans l’Union européenne. Le progressisme que cherche à inscrire Emmanuel Macron pour pourfendre les nationalistes est pour l’heure une bulle de savon. A ce climat s’ajoute le résultat à venir des élections américaines. Une victoire de Donald Trump aura des conséquences en Europe sachant l’appui qu’il accorde à certaines formations populistes.
La seule arme dont dispose Emmanuel Macron est double celle de la police et de la justice. Il croit habile d’asséner aux différents opposants jusqu’aux élections de mai 2019 une kyrielle d’actions judiciaires devant  les décrédibiliser. L’exécutif sait bien qu’il n’amènera pas vers lui les électeurs de Mélenchon, de Le Penn pas même ceux des Républicains, il escompte ainsi jouer de l’arme abstentionniste : dégoûtant des pans entiers de citoyens qui resteraient abattus et écœurés chez eux, n’iraient voter que les partisans de La République en Marche. Peu importerait le degré d’abstention, serait mise en avant la seule première place d’Emmanuel Macron.
Reste à savoir si les seules actions judiciaires suffiront à taire les débats lors des élections européennes ?  En tout cas, la présidence macron joue la violence et feint de s’indigner de celle qu’elle provoque au risque d’allumer le baril de poudre…..A suivre.

Source :


Jean Vinatier
Seriatim 2018

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