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dimanche 14 septembre 2014

238 ans après les colonies américaines : l’Ecosse ? N°1963 8e année


L’Ecosse est sur toutes lèvres parce que son choix, celui de l’indépendance, s’il intervenait le 18 septembre prochain enclencherait une réaction en chaîne….Jusqu’à il y a dix jours qui se souciait de ce référendum ? Personne. A croire que la mondialisation figerait ou vitrifierait la terre entière rendant impensable, le moindre déplacement de frontière, la  transformation territoriale des Etats : oublierait-on les décolonisations des années 50 à 70 ? Pourquoi d’un seul coup d’un seul tout s’arrêterait-il ? Quand Bruxelles fustige les Ecossais tentés par la fin de l’Acte d’Union de 1707, cette bureaucratie sans légitimité s’aperçoit-t-elle ou non que chaque jour qui passe elle démolit les Etats-nations ? A force de promouvoir le régionalisme contre la nation, ne finit-on pas par favoriser des mouvements séparatistes, indépendantistes ou sécessionnistes ?
L’Union européenne n’ose même pas peser les avantages d’une Ecosse pro-européenne par rapport à une Angleterre qui ne l’est que par calcul et égoïsme ?
 Il est assez plaisant d’entendre les Etats-Unis s’opposer à l’indépendance de l’Ecosse eux dont l’histoire commença justement par une indépendance vis-à-vis de la Couronne britannique ! Cette ignorance si crasse de l’histoire masque, bien évidemment, le souci de garder sous la main un Royaume-Uni devenu leur « chose » même si elle regimbe comme ce fut le cas sur le sujet du bombardement en Syrie, une « chose » qui a par le Commonwealth interposé imprime encore sa marque d’ex-empire sur bien des continents. Seuls les gouvernements de Londres et Washington s’octroieraient le droit de découper, de façonner tel ou tel territoire : Les plans sur le devenir de l’Orient de l’Irak au fin fond de l’Arabie saoudite ne choquent donc personne ? Il est vrai que lorsqu’Israël décide d’annexer des centaines d’hectares aux Palestiniens, nulle protestation ne se fait entendre. Mais quand la Crimée revient dans le giron russe, c’est un tollé général. Hier soir au journal d’Arte, le reportage sur les élections s’intitulait tout simplement : « Election sous une occupation ». Les ukrainiens russophones sont, quant à eux, assimilés à des terroristes par l’Union européenne….
L’indépendance écossaise peut-elle faire peur ? L’Ecosse a été et reste un pays ouvert vers l’extérieur à l’inverse de la Catalogne dont le nationalisme est quasiment hermétique au monde. C’est un ancien royaume qui inculqua le capitalisme et les idées économiques novatrices à l’Angleterre. L’Ecosse dispose du pétrole, de la richesse halieutique, d’une situation stratégique importante. La campagne en cours se fait d’une manière posée sans guerre intestine : si la fin de l’Acte d’Union est prononcée d’ici quelques jours, parlera-t-on forcément d’un traumatisme ? Sans doute du côté Anglais qui se pense depuis trois siècles comme le monde évident, naturel et presque prédestiné. Quand on voit de quelle manière Londres accueille tous les traine-savates de feu l’Empire , prédicateurs musulmans parmi les plus haineux , c’est peu dire que l’Angleterre est vraiment prête à tout pour continuer à tenir un rôle dans une pièce dont elle n’est plus l’auteur…Sur le plan symbolique, l’Ecosse indépendante ferait disparaitre le drapeau de l’Union jack dessiné par Jacques Ier (VI en Ecosse), changerait la titulature du royaume qui ne serait plus uni et l’époux de la Reine ne serait plus qu’un duc d’Edimbourg sans substance….
On annonce un scrutin très serré, les orangistes d’Irlande du Nord ont défilé en Ecosse, eux qui minoritaires en Irlande oppriment la majorité catholique : un bon exemple ? Nigel Farage le leader anglais des partisans du départ du royaume de l’Union européenne a plaidé pour le maintien de l’Ecosse au nom du « Better together » : joue-t-il franc jeu ? Son intérêt n’est-il pas que l’Ecosse pro-européenne quitte le navire ?
La Reine aurait décliné la proposition du Premier ministre Cameron d’intervenir dans le débat au nom de son statut qui doit la maintenir au-dessus des opinions ce qui ne l’empêcha certainement pas de tacler son imprudent ministre…..
Voilà un peu plus de deux siècles, le monde anglo-saxon se scindait en deux : les anciennes colonies américaines (Canada méridional) déclaraient leur indépendance que toute l’Europe, pour une fois toute unie, soutint via Louis XVI et Vergennes, Charles III et Aranda,  Catherine II et la Ligue des neutres). En 2014, ce serait le monde anglophone qui connaitrait une nouvelle séparation. Mais quand on connait le destin des Etats-Unis, pourquoi devrait-on s’inquiéter de celui de l’Ecosse ?
 

Jean Vinatier
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