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dimanche 13 novembre 2016

Médias et élus contre le citoyen libre ? N°4249 10e année



Les médias se sont-ils trompés dans le cours de la campagne américaine ? Faute d’une véritable réflexion sur eux-mêmes, la première démarche générale parait être de leur part de montrer du doigt les instituts de sondages. Cette défausse ne trompe guère. Le rôle d’un média est d’informer pas de désinformer. La constance des médias dès lors qu’il s’agit de faire voter dans un sens, d’élire le bon candidat est telle quelle semble être une maxime non écrite. Cette presse verticale totalement dépassée par les réseaux sociaux (médias horizontaux ou circulaires) croit toujours en sa légitimité quand bien même n’assume-t-elle plus, la distance la réflexion, la réalité des choses et des hommes.
Tant les électeurs américains, français1 ont compris depuis belle lurette que l’échange entre eux valaient tous les articles et toutes les signatures si prestigieuses fussent-elles ? Mais a-t-on besoin d’une signature prestigieuse ? Le citoyen fait la nouvelle, il en est le colporteur. Le citoyen informe le citoyen. La verticalité n’est plus, les médias sont une Bastille qui git à nos pieds.
Que les médias soient entre les mains de financiers, de multinationales ne sont pas une nouveauté : depuis longtemps avoir un titre plaît aux puissants. L’important est dans l’évanouissement de la déontologique ou serment d’Hippocrate. Loin d’amener la nouvelle les journaux impriment des ordres qu’ils se répètent en boucle sans n’avoir plus le moindre recul. Cet abandon de l’intelligence au profit d’une pensée unique confortable, bienpensante, de minorités financières très puissantes, se paie aujourd’hui mais, est-il assuré que la leçon sera entendue ? Pas du tout. Les médias, canards sans têtes entendent courir au-delà du possible jusqu’à la chute finale.
La classe politique, ici, française engagée également du fait même de son adhésion à l’Union européenne, à l’euro, à l’OTAN, perd aux yeux des Français sa qualité de visionnaire. Hormis Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et quelques autres hommes politiques, les politiciens (gouvernement inclus) de gauche comme de droite ou du centre faisant de la fin de la souveraineté une fin en soi abattent en toute logique la légitimité de la politique : qu’est-ce que la politique sans la souveraineté, sans l’indépendance ? A l’instar des médias, les élus sont nus.
Le populisme tellement abhorré n’est que la réponse à la démission générale des élus, des journalistes. L’exemple de Jean-Michel Apathie furieux de l’élection de Donald Trump avoue le danger du « suffrage universel » et affirme que s’il était élu, son premier geste serait de « détruire le château de Versailles », symbole d’une France révolue c’est-à-dire historique résume parfaitement le total engagement de ces « élites » dans la déconstruction de la racine. Etat-nation, démocratie, information plurielle, citoyen libre sont les ennemis décisifs à abattre.

Jean Vinatier
Seriatim 2016
Note :
1-La presse britannique se distingue des autres par l’existence de différences et  garde encore un « ton populaire » inscrit en droite ligne de l’émergence de la vie parlementaire du royaume.

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