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jeudi 6 juillet 2017

Arabie Saoudite, Qatar ou l’Asie orientale et la route de la soie N°4293 11e année



L’Arabie saoudite vient d’abolir la succession adelphique  sans demander l’aval de telle ou telle puissance extérieure : ne doutons pas que ce choix opéré par l’actuel roi soit, également, la conséquence de nouvelles donnes géopolitiques dans le moment de la guerre désastreuse et inhumaine au Yémen et du conflit avec le Qatar ; quand, aussi, Donald Trump essaie par divers moyens d’empêcher la Chine de recréer une Route de la Soie : l’enjeu vital américain étant de « saisir » l’Asie de Pékin à Ryad.
Ainsi ce qui se déroule dans la péninsule arabique ne peut être localisée à sa seule aire géographique, il est nécessaire d’y inclure l’Asie en son entier jusqu’à la Corée du Nord.
En sus de rivalités ancestrales entre le Qatar et l’Arabie des Séoud, bien cultivées par les Britanniques, se cachent, mais si peu, des objectifs énergétiques et monétaires de premier ordre. Quand Doha choisit de libeller ses exportations énergétiques avec la Chine en renminbi au lieu et place des dollars, il pourrait déstabiliser un jeu de cartes. De même quand Donald Trump met en scène la crise avec la Corée du Nord, il escompte, notamment, contraindre la Chine et la Russie à consacrer hommes et argent à contenir un dirigeant peu recommandable et n’être plus les acteurs sur le point axial de l’espace mésopotamien, grossièrement, de Bassora à Alep. La Turquie et l’Iran, puissances apparemment périphériques mais puissances historiques indéniables activent ou désactivent au grès de leurs ambitions propres des tensions et, naturellement, Israël n’échappe pas à cet Orient ondulant et éruptif.
Les articles ci-dessous ne traitent pas de l’ensemble des questions géostratégiques considérables mais proposent seulement des lectures, des points de vue sur l’Arabie Saoudite au travers d’une tension entre elle (et ses alliés) et le Qatar, de la relation entre le Qatar et l’Iran.

1-« Dans les coulisses du château de cartes saoudien par Pepe Escobar »

« Au moment même où les spécialistes de la géopolitique parient sur un changement de régime au Qatar, orchestré par une maison des Saoud au désespoir, c’est à Riyad qu’il a eu lieu, orchestré par le prince guerrier, destructeur du Yémen et instaurateur du blocus du Qatar, Mohammed ben Salmane (MBS).
Étant donné l’opacité qui caractérise cette oligarchie familiale du fin fond du désert, qui regorge de pétrodollars et qui se fait passer pour une nation, il ne faut se fier qu’aux rares étrangers ayant eu droit de visite pour se faire une idée du jeu des trônes en cours. Ce qui n’arrange en rien les choses, les « largesses » des lobbys saoudien et émirati à Washington ont également réussi à transformer pratiquement tous les groupes de réflexion et les journalistes en simples lèche-bottes.
Une source importante au Moyen-Orient proche de la maison des Saoud, qui remet donc en cause le consensus à l’intérieur du périphérique à Washington, ne mâche pas ses mots : « La CIA est fort mécontente du limogeage de [l’ancien prince héritier] Mohammed ben Nayef. Mohammed ben Salmane est perçu comme un commanditaire du terrorisme. En avril 2014, les USA comptaient écarter du pouvoir les familles royales des États arabes unis (EAU) et de l’Arabie saoudite au complet en raison du terrorisme. On a trouvé un compromis en vertu duquel Nayef devait prendre les rênes du Royaume pour y mettre fin. »
Avant le coup d’État de Riyad, le topo qui prévalait dans certains cercles géopolitiques du Moyen-Orient était que les services secrets des USA avaient « indirectement » stoppé un autre coup d’État contre le jeune émir du Qatar, cheikh Tamim al-Thani, orchestré par Mohammed ben Zayed, le prince héritier d’Abou Dhabi, avec l’aide de l’armée de mercenaires de Blackwater/Academic d’Eric Prince aux EAU. Il se trouve que Zayed est le mentor de MBS, ce qui n’est pas rien. »

La suite ci-dessous :


2-« Un rapprochement public saoudo-israélien pourrait se retourner contre Riyad par Andrew Korybko

« Il y a longtemps que l’Arabie saoudite et Israël coopèrent l’un avec l’autre contre leur rival iranien commun, et que leurs liens stratégiques avec les États-Unis sont ce qui les rapproche. Cependant, en raison des sensibilités politiques des deux côtés, aucun des deux n’a formellement reconnu l’existence de cette coordination en coulisses, et encore moins leur pays respectif. Néanmoins, des rapports ont circulé au cours des derniers mois indiquant que Trump et son équipe travaillent fort dans les coulisses pour rassembler publiquement les deux afin de cristalliser plus solidement ce qui s’est avéré être une coalition anti-iranienne très fragile et désunie. »
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3-« Ajustements au Moyen-Orient par Thierry Meyssan »

« La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée. »
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4-« Et si la crise du Qatar profitait à l’Iran ? par Amélie-Myriam Chelly »

« Le 20 mai 2017, la République islamique d’Iran a conforté son choix de la modération et de l’ouverture dans le concert des nations par la réélection de Hassan Rohani à la présidence. Cette réaffirmation a eu lieu au moment où l’administration américaine se positionnait clairement du côté de l’Arabie saoudite, le grand rival de l’Iran dans la région.
Non seulement Donald Trump a choisi Riyad pour son premier déplacement officiel à l’étranger, au lieu du Canada ou du Mexique comme le veut la tradition, mais il a effectué ce voyage le jour même du tour unique de l’élection présidentielle iranienne. Et il a saisi l’occasion pour appeler devant 54 représentants de pays musulmans — dont 37 chefs d’État ou de gouvernement — à un isolement de l’Iran, que Trump considère comme un foyer du terrorisme. »
La suite ci-dessous :




Jean Vinatier
Seriatim 2017

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