Prochain Seriatim samedi 4 avril
JeanVinatier
"Si vous ne lisez pas les journaux, vous n'êtes pas informés; si vous lisez les journaux, vous êtes mal informés" Mark Twain
vendredi 3 avril 2009
Cher(e)s Internautes N°432 - 2eme année
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jeudi 2 avril 2009
Chine: à l’abordage du FMI N°431 - 2eme année
Pendant de longs moments, on nous a bassiné les oreilles à propos de la réglementation des paradis fiscaux et des pays du secret bancaire : les lieux maudits. Le G20 allait dessiner un plan d’attaque! Sur ce point, c’est fait….mais la Chine ne comprendrait pas que Hong Kong et Macao soient considérés comme tels. Idem, pour les Etats-Unis avec le Delaware, par exemple…
1.100 milliards maintenant et 5 000 milliards d’ici 2010 : les sommes sont à la hauteur de l’enjeu pour secourir la planète mais le seront-elles, demain, en cas d’orages et de tempêtes ? Autre débat.
Les bourses ont sniffé sans mesure sous cette pluie de billets verts : l’effet cocaïne !
Pendant que toutes les souris fourbissaient leurs armes, le chat chinois ronronnant, le regard calme mais la patte leste avançait ses pions.
Apparemment détaché de toute querelle commerciale avec les Etats-Unis, le parti communiste chinois suscita un certain amusement quand il annonça la nécessité de trouver une nouvelle monnaie de réserve internationale. La Russie l’appuya immédiatement. Et ce fut le silence ! Visiblement, Pékin entendait accélérer le pas. En effet, le déluge de billets verts passera, dorénavant, par la case FMI. Son directeur général, Dominique Strauss-Khan peut enfler et se croire le banquier du monde ou mieux le ministre de l’économie mondiale, il pourrait très rapidement devenir pâle même s’il apprend le mandarin. La Chine en imposant la case FMI fait en sorte que d’une part ses dollars ne perdent pas de valeur (2000 milliards dans ses réserves) et que d’autre part, elle voudra peser lourdement au sein de cette organisation internationale. Elle y voit un levier utile.
Elle pourrait avoir trois objectifs :
d’abord, la suppression de la minorité de blocage des Etats-Unis. La disparition de cette minorité de blocage consacrerait l'avènement du monde multipolaire,
ensuite, la réforme des droits de vote. Jusqu’à ce jour, le pro-rata de la contribution financière, donne énormément de pouvoir aux bailleurs de fonds des Etats-Unis qui y voient là un bon moyen de recycler leurs bons du trésor,
enfin, la réforme du directoire où le duo, Etats-Unis/Europe, est plus que représenté. L'Union européenne sera perdante sur ce point, Washington ne lui proposant pas un strapontin. Dominique Strauss-Kahn risque fort d’être le dernier « blanc » à la tête du FMI.
1.100 milliards maintenant et 5 000 milliards d’ici 2010 : les sommes sont à la hauteur de l’enjeu pour secourir la planète mais le seront-elles, demain, en cas d’orages et de tempêtes ? Autre débat.
Les bourses ont sniffé sans mesure sous cette pluie de billets verts : l’effet cocaïne !
Pendant que toutes les souris fourbissaient leurs armes, le chat chinois ronronnant, le regard calme mais la patte leste avançait ses pions.
Apparemment détaché de toute querelle commerciale avec les Etats-Unis, le parti communiste chinois suscita un certain amusement quand il annonça la nécessité de trouver une nouvelle monnaie de réserve internationale. La Russie l’appuya immédiatement. Et ce fut le silence ! Visiblement, Pékin entendait accélérer le pas. En effet, le déluge de billets verts passera, dorénavant, par la case FMI. Son directeur général, Dominique Strauss-Khan peut enfler et se croire le banquier du monde ou mieux le ministre de l’économie mondiale, il pourrait très rapidement devenir pâle même s’il apprend le mandarin. La Chine en imposant la case FMI fait en sorte que d’une part ses dollars ne perdent pas de valeur (2000 milliards dans ses réserves) et que d’autre part, elle voudra peser lourdement au sein de cette organisation internationale. Elle y voit un levier utile.
Elle pourrait avoir trois objectifs :
d’abord, la suppression de la minorité de blocage des Etats-Unis. La disparition de cette minorité de blocage consacrerait l'avènement du monde multipolaire,
ensuite, la réforme des droits de vote. Jusqu’à ce jour, le pro-rata de la contribution financière, donne énormément de pouvoir aux bailleurs de fonds des Etats-Unis qui y voient là un bon moyen de recycler leurs bons du trésor,
enfin, la réforme du directoire où le duo, Etats-Unis/Europe, est plus que représenté. L'Union européenne sera perdante sur ce point, Washington ne lui proposant pas un strapontin. Dominique Strauss-Kahn risque fort d’être le dernier « blanc » à la tête du FMI.
Par ailleurs, cerise sur le gâteau, la Chine pourrait exiger un audit des réserves du FMI et des banques centrales européennes. Nombreux sont ceux qui doutent de la réalité des stocks affichés (les banques centrales ont prêté pendant des années de l'or aux banques moyennant un loyer modeste). Jusqu'à présent les Etats-Unis ont toujours refusé qu'un audit soit fait sur leurs stocks réels et ont toujours empêché le FMI de demander un tel audit.
Sous les vivats et l’euphorie du moment, commence une période géopolitique qui dépasse largement les promesses de régularisation du capitalisme dans sa version anglo-saxonne. La Chine et avec elle toutes les autres puissances émergentes entrent de plein pied dans les centres de décision. Le balancier penche très clairement à l’est et au sud.
On observera, enfin, que la Chine a réussi un coup de maître en s’imposant avec une monnaie qui n’est pas la sienne ! Le dollar est-il encore entre les mains de la FED ? Le billet vert en tout cas a jauni…
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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mercredi 1 avril 2009
Francis Vielé-Griffin : « Ces heures-là » N°430 - 2eme année
Poète américain, né en Virginie à Norfolk en 1864 dans une famille opulente qui s’installa en France vers 1872, et mort en 1937 en Périgord où ses filles s’étaient unies, il fut l’un des tenants les plus enthousiastes du vers libre. Condisciple de collège d’Henri de Régnier et disciple de Mallarmé qui lui vouait une réelle amitié, il eut, notamment, une correspondance importante avec le poète et romancier basque Francis Jammes (1868-1938) volontiers taciturne.
Poète du bon ton et de la tranquillité, délivré de tous les soucis matériels, il montra dans toute son œuvre, fort vaste, un goût pour la nature et la joie échappant ainsi à la névrose caractéristique de cette fin du XIXe siècle. André Breton n’écrivait-il pas avec chaleur que son vers était « le plus ensoleillé de l’époque, le plus fluide. »?
Ci-dessous « Ces heures-là » poème de jeunesse extrait de son recueil, Joies, édité en 1889.
« Ces heures-là nous furent bonnes,
Comme des sœurs apitoyées ;
Heures douces et monotones,
Pâles et de brumes noyées,
Avec leurs pâles voiles de nonnes.
Ne valaient-ils donc pas nos rires,
Ces sourires sans amertumes
Vers le lourd passé dont nous fûmes ?
Ah ! chère, il est des heures pires
Que ces heures aux voiles de brumes.
Elles passaient en souriant
-Comme des nonnes vont en priant-
De lueurs opalines baignées,
Les douces heures résignées.
Va, nos âmes sont encor sœurs
Des heures de l’automne grises,
Dont la pénombre dans nos cœurs
Estompait les vieilles méprises
Et nous ne voyions plus nos pleurs. »¹
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Source :
1-In Joies, poèmes Paris : Tresse et Stock, 1889, pp.85-86
Poète du bon ton et de la tranquillité, délivré de tous les soucis matériels, il montra dans toute son œuvre, fort vaste, un goût pour la nature et la joie échappant ainsi à la névrose caractéristique de cette fin du XIXe siècle. André Breton n’écrivait-il pas avec chaleur que son vers était « le plus ensoleillé de l’époque, le plus fluide. »?
Ci-dessous « Ces heures-là » poème de jeunesse extrait de son recueil, Joies, édité en 1889.
« Ces heures-là nous furent bonnes,
Comme des sœurs apitoyées ;
Heures douces et monotones,
Pâles et de brumes noyées,
Avec leurs pâles voiles de nonnes.
Ne valaient-ils donc pas nos rires,
Ces sourires sans amertumes
Vers le lourd passé dont nous fûmes ?
Ah ! chère, il est des heures pires
Que ces heures aux voiles de brumes.
Elles passaient en souriant
-Comme des nonnes vont en priant-
De lueurs opalines baignées,
Les douces heures résignées.
Va, nos âmes sont encor sœurs
Des heures de l’automne grises,
Dont la pénombre dans nos cœurs
Estompait les vieilles méprises
Et nous ne voyions plus nos pleurs. »¹
Jean Vinatier
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1-In Joies, poèmes Paris : Tresse et Stock, 1889, pp.85-86
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Poésies
Edito : Début de jacquerie ? N°429 - 2eme année
Des employés de la FNAC et de Conforama ont bloqué dans son taxi le fils de François Pinault. François-Henri a appelé l’Elysée ou le commissariat (le commandant Sarkozy ?) pour le dégager de cette embuscade.
Ce fait succède à tous les autres qui ont vu les salariés séquestrer leurs patrons et forcer l’un d’eux à manifester avec eux !
Petit à petit l’énervement grandit. Les journaux télévisés font ce qu’ils peuvent pour cacher, masquer, minorer tous les mécontentements. Rien n’y fait, les Français perdent patience.
Le Président de la République ne sachant plus quoi faire et se préoccupant surtout de protéger ses amis du Fouquet’s, n’a rien trouvé mieux que de faire semblant de les accabler ! Le chef de l’Etat apporte malencontreusement une raison supplémentaire à celles et ceux qui apprennent leurs licenciements d’agir plus fortement.
Au Royaume-Uni, c’est la maison d’un ancien patron de Royal Bank of Scotland qui a été dévalisé et dans la City, bien des banquiers renoncent à porter leurs costumes effrayés par des manifestants présents dans Londres au moment de la tenue du G20 qui promettent de les pendre !
Les banquiers, les financiers et des entrepreneurs à la tête de multinationales devenus à leur tour de simples gens de finance aux dépens, parfois, de leurs propres salariés, pensaient avoir tout prévu : recevoir les aides publiques et retourner au casino comme avant 2008 ! Las, désormais leurs noms sont cités : ils sont démasqués ! C’est, peut-être, un début de mouvement de fond.
Les partis politiques sont dans une grande discrétion : PS, NPA, PC, Parti de gauche, Modem, Debout la République….Les syndicats écartent soigneusement toute manifestation nationale et se flattent, piteusement, de défiler unis le 1er mai !
Chaque jour qui passe fustige les salaires et les traitements de tous ceux qui ont des fonctions de pouvoirs, des commissaires européens aux chefs d’entreprise en passant par les présidents d’institutions par exemple celle de l’Institut du Monde Arabe (IMA).
On voit tout ce qui est institutionnel freiner des quatre fers pour barrer la route à une révolte générale qui pourrait, si elle avait lieu, devenir une révolution tout simplement…sans leaders affichés !
Nicolas Sarkozy, à peine remis de l’incendie du réacteur de l’avion présidentiel, craint plus que tout de devoir réprimer, un mort mettrait le feu aux poudres ! Pèse-t-il sur la scène politique ? Il s’essouffle à court d’effets de manche. Il est presque désarticulé. Le vent tourne : gare aux châteaux……
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Ce fait succède à tous les autres qui ont vu les salariés séquestrer leurs patrons et forcer l’un d’eux à manifester avec eux !
Petit à petit l’énervement grandit. Les journaux télévisés font ce qu’ils peuvent pour cacher, masquer, minorer tous les mécontentements. Rien n’y fait, les Français perdent patience.
Le Président de la République ne sachant plus quoi faire et se préoccupant surtout de protéger ses amis du Fouquet’s, n’a rien trouvé mieux que de faire semblant de les accabler ! Le chef de l’Etat apporte malencontreusement une raison supplémentaire à celles et ceux qui apprennent leurs licenciements d’agir plus fortement.
Au Royaume-Uni, c’est la maison d’un ancien patron de Royal Bank of Scotland qui a été dévalisé et dans la City, bien des banquiers renoncent à porter leurs costumes effrayés par des manifestants présents dans Londres au moment de la tenue du G20 qui promettent de les pendre !
Les banquiers, les financiers et des entrepreneurs à la tête de multinationales devenus à leur tour de simples gens de finance aux dépens, parfois, de leurs propres salariés, pensaient avoir tout prévu : recevoir les aides publiques et retourner au casino comme avant 2008 ! Las, désormais leurs noms sont cités : ils sont démasqués ! C’est, peut-être, un début de mouvement de fond.
Les partis politiques sont dans une grande discrétion : PS, NPA, PC, Parti de gauche, Modem, Debout la République….Les syndicats écartent soigneusement toute manifestation nationale et se flattent, piteusement, de défiler unis le 1er mai !
Chaque jour qui passe fustige les salaires et les traitements de tous ceux qui ont des fonctions de pouvoirs, des commissaires européens aux chefs d’entreprise en passant par les présidents d’institutions par exemple celle de l’Institut du Monde Arabe (IMA).
On voit tout ce qui est institutionnel freiner des quatre fers pour barrer la route à une révolte générale qui pourrait, si elle avait lieu, devenir une révolution tout simplement…sans leaders affichés !
Nicolas Sarkozy, à peine remis de l’incendie du réacteur de l’avion présidentiel, craint plus que tout de devoir réprimer, un mort mettrait le feu aux poudres ! Pèse-t-il sur la scène politique ? Il s’essouffle à court d’effets de manche. Il est presque désarticulé. Le vent tourne : gare aux châteaux……
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Edito,
France politique intérieure
Aux internautes ! N°428 - 2eme année
Mardi 30, des imprévues du jour ont empêché l’édition de Seriatim. Rattrapage mercredi, c’est promis ! Merci pour votre patience.
Jean Vinatier
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lundi 30 mars 2009
G20 : les Etats-Unis à l’attaque N°427 - 2eme année
Jamais une réunion internationale n’aura retenu autant l’attention des médias depuis la fin de la seconde guerre mondiale ! La date du 2 avril est attendue avec une belle impatience par Londres, puissance organisatrice et pays particulièrement atteint de plein fouet par le déraillage total du système financier « Atlantique »
Qui sera présent ?
1-l’Europe par l’Union européenne, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni.
2-l’Afrique par l’Afrique du Sud,
3-l’Asie par l’Arabie Saoudite, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Turquie,
4-l’Océanie par l’Australie,
5-l’Amérique latine et centrale par l’Argentine, le Brésil, le Mexique,
6-l’Amérique du Nord, par les Etats-Unis et le Canada,
7-la Russie sera à elle seule, l’Eurasie.
Ce week-end, à Viña del Mar au Chili, huit chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis - Etats-Unis, Argentine, Chili, Uruguay, Espagne, Brésil, Royaume-Uni et Norvège-. Le journal La Croix a relevé les propos du vice-président américain :
« […..] la nouvelle administration de Barack Obama entendait jouer son rôle pour une telle redéfinition, "un processus qui va commencer au G-20", selon lui.
Pour autant, il a défendu la poursuite "agressive d'un agenda politique national de relance" américaine : les Etats-Unis représentant 25 % du PIB mondial, "si nous ne relançons pas la pompe, on aura tous des problèmes", a-t-il dit.
Il a aussi appelé ses pairs progressistes "à ne pas réagir de façon excessive" à la crise. "Ce n'est pas un choix entre marchés contre gouvernements. Mais il s'agit de protéger le marché des partisans du libre marché", a-t-il résumé.
M.Biden a aussi rappelé à ses homologues de centre-gauche, et à travers eux à la communauté internationale, que si l'administration Obama "pense global" et est à l'écoute, elle attend en retour davantage de solidarité, et d'initiatives.
"Vous n'aurez plus l'excuse de l'ancienne administration (Bush) pour l'inaction. La bonne nouvelle c'est qu'il y a un changement" aux Etats-Unis. "La mauvaise nouvelle pour vous tous, c'est qu'il y a un changement", a-t-il plaisanté. »¹
Le ton général est donné : les Etats-Unis passent par pertes et profits les milliers de milliards de dollars pour repasser à l’offensive et « penser global » ! Washington se battra comme jamais pour empêcher toute action concertée visant à réduire la position du billet vert en qualité de première monnaie de réserve et à restaurer le système financier. Mais la Maison Blanche doit compter avec les demandes très fortes de nouveaux acteurs en Asie et en Amérique latine. Joe Biden rappelle que le temps de décider unilatéralement est révolu mais cette nouvelle donne est-elle bien évaluée ?
Les Etats-Unis comptent, notamment, sur une forte politique de relance et de monétisation de leurs dettes ce qui les opposera, apparemment, frontalement à l’Union européenne et à l’Allemagne en particulier qui prône une discipline budgétaire. Or, la chancelière et le Président français se sont engagés « à consolider [leurs] finances publiques en appliquant le pacte de stabilité et de croissance […] au fur et à mesure que l’économie se redressera ». Mme Lagarde a rappelé qu’elle ne s’opposerait pas à des mesures non conventionnelles ou à l’élargissement des instruments utilisés par la BCE aux dépens de l’aide aux entreprises ? Peut-on, alors, parler d’une opposition européenne au programme états-uniens ?
Pour enfoncer le clou, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, a dit clairement dans un entretien à La Tribune du 28 mars : « Un dollar utilisé pour nettoyer le bilan des banques est aujourd’hui beaucoup plus efficace qu’un dollar investi dans la construction de nouveaux ponts »
Les Etats-Unis sont bel et bien dans une action offensive, énergique. Le Président Obama en plaçant au pied du mur les dirigeants de Chrysler et de GM maillons faibles du système donnent des gages à son opinion publique, et s’active comme jamais à assurer le lendemain des banques et instituts financiers. Le message est adressé en clair, notamment, aux chinois pour leur garantir la valeur de leurs 2000 milliards de dollars et par conséquent celle de leur monnaie.
L’impression générale est celle d’une fuite en avant dangereuse. Est-ce un hasard que depuis quelques temps les médias donnent la part belle à toutes les calamités qui pourraient se produire à court terme ? Jacques Attali enfourche le cheval en plaidant pour un gouvernement mondial ou sinon les guerres et 300 millions de morts !
Le G20 s’ouvrira dans une ambiance sombre dont il ne sortira que peu de choses hormis des communiqués bien rédigés. Les Etats-Unis loin de proposer un véritable multilatéralisme opposent leurs certitudes et mettent tout le monde dans le même panier : ou vous adhérez à notre programme ou tout ira mal !
En conclusion, relisons le poète persan Rûmî fondateur de l’ordre des Derviches-tourneurs :
« Le causateur et la cause sont l’un pour l’autre comme des miroirs ;
Nul ne voit le miroir s’il n’est devenu semblable au miroir. »²
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Sources:
1-http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090328213419.uohphja6.htm
2- in Odes mystiques, trad. Eva de Vitray-Meyrovitch & Mohammad Mokri, Paris, Klingsieck, 1973, p. 53.
Qui sera présent ?
1-l’Europe par l’Union européenne, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni.
2-l’Afrique par l’Afrique du Sud,
3-l’Asie par l’Arabie Saoudite, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Turquie,
4-l’Océanie par l’Australie,
5-l’Amérique latine et centrale par l’Argentine, le Brésil, le Mexique,
6-l’Amérique du Nord, par les Etats-Unis et le Canada,
7-la Russie sera à elle seule, l’Eurasie.
Ce week-end, à Viña del Mar au Chili, huit chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis - Etats-Unis, Argentine, Chili, Uruguay, Espagne, Brésil, Royaume-Uni et Norvège-. Le journal La Croix a relevé les propos du vice-président américain :
« […..] la nouvelle administration de Barack Obama entendait jouer son rôle pour une telle redéfinition, "un processus qui va commencer au G-20", selon lui.
Pour autant, il a défendu la poursuite "agressive d'un agenda politique national de relance" américaine : les Etats-Unis représentant 25 % du PIB mondial, "si nous ne relançons pas la pompe, on aura tous des problèmes", a-t-il dit.
Il a aussi appelé ses pairs progressistes "à ne pas réagir de façon excessive" à la crise. "Ce n'est pas un choix entre marchés contre gouvernements. Mais il s'agit de protéger le marché des partisans du libre marché", a-t-il résumé.
M.Biden a aussi rappelé à ses homologues de centre-gauche, et à travers eux à la communauté internationale, que si l'administration Obama "pense global" et est à l'écoute, elle attend en retour davantage de solidarité, et d'initiatives.
"Vous n'aurez plus l'excuse de l'ancienne administration (Bush) pour l'inaction. La bonne nouvelle c'est qu'il y a un changement" aux Etats-Unis. "La mauvaise nouvelle pour vous tous, c'est qu'il y a un changement", a-t-il plaisanté. »¹
Le ton général est donné : les Etats-Unis passent par pertes et profits les milliers de milliards de dollars pour repasser à l’offensive et « penser global » ! Washington se battra comme jamais pour empêcher toute action concertée visant à réduire la position du billet vert en qualité de première monnaie de réserve et à restaurer le système financier. Mais la Maison Blanche doit compter avec les demandes très fortes de nouveaux acteurs en Asie et en Amérique latine. Joe Biden rappelle que le temps de décider unilatéralement est révolu mais cette nouvelle donne est-elle bien évaluée ?
Les Etats-Unis comptent, notamment, sur une forte politique de relance et de monétisation de leurs dettes ce qui les opposera, apparemment, frontalement à l’Union européenne et à l’Allemagne en particulier qui prône une discipline budgétaire. Or, la chancelière et le Président français se sont engagés « à consolider [leurs] finances publiques en appliquant le pacte de stabilité et de croissance […] au fur et à mesure que l’économie se redressera ». Mme Lagarde a rappelé qu’elle ne s’opposerait pas à des mesures non conventionnelles ou à l’élargissement des instruments utilisés par la BCE aux dépens de l’aide aux entreprises ? Peut-on, alors, parler d’une opposition européenne au programme états-uniens ?
Pour enfoncer le clou, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, a dit clairement dans un entretien à La Tribune du 28 mars : « Un dollar utilisé pour nettoyer le bilan des banques est aujourd’hui beaucoup plus efficace qu’un dollar investi dans la construction de nouveaux ponts »
Les Etats-Unis sont bel et bien dans une action offensive, énergique. Le Président Obama en plaçant au pied du mur les dirigeants de Chrysler et de GM maillons faibles du système donnent des gages à son opinion publique, et s’active comme jamais à assurer le lendemain des banques et instituts financiers. Le message est adressé en clair, notamment, aux chinois pour leur garantir la valeur de leurs 2000 milliards de dollars et par conséquent celle de leur monnaie.
L’impression générale est celle d’une fuite en avant dangereuse. Est-ce un hasard que depuis quelques temps les médias donnent la part belle à toutes les calamités qui pourraient se produire à court terme ? Jacques Attali enfourche le cheval en plaidant pour un gouvernement mondial ou sinon les guerres et 300 millions de morts !
Le G20 s’ouvrira dans une ambiance sombre dont il ne sortira que peu de choses hormis des communiqués bien rédigés. Les Etats-Unis loin de proposer un véritable multilatéralisme opposent leurs certitudes et mettent tout le monde dans le même panier : ou vous adhérez à notre programme ou tout ira mal !
En conclusion, relisons le poète persan Rûmî fondateur de l’ordre des Derviches-tourneurs :
« Le causateur et la cause sont l’un pour l’autre comme des miroirs ;
Nul ne voit le miroir s’il n’est devenu semblable au miroir. »²
Jean Vinatier
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Sources:
1-http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090328213419.uohphja6.htm
2- in Odes mystiques, trad. Eva de Vitray-Meyrovitch & Mohammad Mokri, Paris, Klingsieck, 1973, p. 53.
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vendredi 27 mars 2009
France : Archives, nationales, diplomatiques N°426 - 2eme année
Hier les académiciens et le parti communiste manifestaient ensemble, pour protester contre le projet de la ministre de la Culture, Christine Albanel qui transformerait la direction des Archives nationales en un service au sein d’une « direction générale des patrimoines ». Ce service comprendrait aussi bien les musées que l’architecture, l’archéologie…etc.
Comme l’exprime fort justement, le responsable CGT, Waldimir Susanj : « Une direction dirige, un service sert : les mots ont un sens. »
L’idée de Mme Albanel n’est pas neuve, elle date d’une dizaine d’années. Depuis ce temps, les conservateurs et les personnels des archives se battent pour obtenir des crédits convenables et empêcher la disparition de la direction des Archives.
Le gouvernement Jospin, pour couper court à toutes ses protestations avait décidé de faire bâtir une cité des Archives à Pierrefitte en Seine Saint-Denis.
Le 25 juin 2007, le Président Sarkozy faisait lire le texte (qui étonnera certains) ci-dessous (extrait):
« En raison de la longueur de notre histoire, de l’ancienneté de notre Etat, il n’est peut-être pas au monde de collection plus riche, plus complète (malgré ses inévitables lacunes), que celle présentée par nos Archives nationales. Celles-ci constituent un trésor inestimable. Trésor pour les historiens, bien sûr : toute étude sérieuse –les universitaires le savent bien—commence par « un travail d’archives » : il s’agit d’éplucher sans relâche, pendant des jours, des années parfois, les documents innombrables et parfois difficiles à déchiffrer, que le passé nous a légués.
Trésor pour tous les Français. Car les archives ne sont seulement une affaire de spécialistes : dépositaires de la mémoire accumulée de notre pays, elles sont le reflet de toute notre histoire. A ce titre, elles constituent le creuset de l’identité nationale et, sans doute, le cadre de toute action politique future. Non que le passé ait à nous dicter l’avenir : l’avenir, c’est à nous, maintenant de le décider. Mais cependant le passé doit nous guider : sans le sentiment partagé d’un héritage commun, assumé avec fierté –mais aussi avec lucidité, dans un esprit de vérité-, nous ne pourrons répondre ensemble aux défis de demain
Si nous voulons nous forger une identité commune, il faut que ce passé dont nous sommes fiers, soit accessible à tous. Autrefois, nos Rois conservaient jalousement les clés des Archives du pays : elles étaient l’instrument de leur pouvoir. Elle sont aujourd’hui (et depuis la Révolution française) ouvertes au plus grand nombre. Mais l’affirmation de ce principe ne suffit pas ; il faut permettre à chacun – et en particulier aux nouveaux venus dans notre République- de s’approprier effectivement le patrimoine national. Non seulement il faut laisser les historiens travailler, en toute indépendance et dans les meilleures conditions matérielles ; mais il faut encore assurer la diffusion du savoir et favoriser le contact direct des Français avec leur passé- notamment par le biais de la consultation des archives. A ce travail d’éducation jamais achevé, le nouveau centre de Pierrefitte –sur-Seine prendra une part éminente. »¹
En dépit des discours officiels qui flattent nos oreilles, l’Etat n’est pas très à l’aise avec les archives. Ainsi en a-t-il été pour les archives diplomatiques ! Le ministère des Affaires Etrangères a été très difficile à convaincre pour doter ses archives qui comprennent les papiers d’Etat et les Traités d’un lieu plus approprié que le bâtiment du quai d’Orsay. Pendant des années et avec l’aval des ministres successifs, les projets les plus farfelus ont été proposés à la commission des archives diplomatiques : dépôt installé en pleine forêt entre Orléans et Blois loin de tout transport ou bien dans un fort abandonné par l’armée autour de Paris. Finalement, le Quai a consenti à bâtir à La Courneuve un « Pôle diplomatique » qui ouvrira ses portes pendant l’été 2009.²
Est-il si étonnant que l’Etat veuille fondre tous nos patrimoines dans une direction fourre-tout ? Les Archives nationales seraient-elles perdantes en n’étant plus qu’un service parmi tous les autres ? La relecture des textes lus des présidents Giscard d’Estaing, Chirac et Sarkozy en juin/juillet 2007 laisse une désagréable impression. D’un côté, on vante, à juste titre, la valeur des archives et de leur singularité historique ; de l’autre, on ne trouve rien à redire à leur ôter tout poids, toute autorité.
Les Archives nationales ne peuvent pas être qualifiées de service puisqu’il s’agit de notre mémoire historique. Il aurait fallu plutôt créer une direction générale des Archives lesquelles comprendraient outre celles dites nationales, toutes les autres.
Une direction générale des patrimoines est une notion floue, biaisée, dictée par le souci d’une gouvernance entrepreneuriale. En faisant, ce choix l’Etat indique bel et bien à quel niveau il place, en réalité, la mémoire archivée de la France. Les Etats-Unis se gardent bien de commettre la même faute, pour eux, les Archives sont en quelque sorte des « Tables de la Loi », un écrin sacré.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à : jv3@free.fr
Sources :
1-http://www.citedesarchives.canalblog.com/
2-http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/archives-patrimoine_3512/archives-diplomatiques_5142/pole-diplomatique-courneuve-une-visite-avant-premiere_52500.html
Comme l’exprime fort justement, le responsable CGT, Waldimir Susanj : « Une direction dirige, un service sert : les mots ont un sens. »
L’idée de Mme Albanel n’est pas neuve, elle date d’une dizaine d’années. Depuis ce temps, les conservateurs et les personnels des archives se battent pour obtenir des crédits convenables et empêcher la disparition de la direction des Archives.
Le gouvernement Jospin, pour couper court à toutes ses protestations avait décidé de faire bâtir une cité des Archives à Pierrefitte en Seine Saint-Denis.
Le 25 juin 2007, le Président Sarkozy faisait lire le texte (qui étonnera certains) ci-dessous (extrait):
« En raison de la longueur de notre histoire, de l’ancienneté de notre Etat, il n’est peut-être pas au monde de collection plus riche, plus complète (malgré ses inévitables lacunes), que celle présentée par nos Archives nationales. Celles-ci constituent un trésor inestimable. Trésor pour les historiens, bien sûr : toute étude sérieuse –les universitaires le savent bien—commence par « un travail d’archives » : il s’agit d’éplucher sans relâche, pendant des jours, des années parfois, les documents innombrables et parfois difficiles à déchiffrer, que le passé nous a légués.
Trésor pour tous les Français. Car les archives ne sont seulement une affaire de spécialistes : dépositaires de la mémoire accumulée de notre pays, elles sont le reflet de toute notre histoire. A ce titre, elles constituent le creuset de l’identité nationale et, sans doute, le cadre de toute action politique future. Non que le passé ait à nous dicter l’avenir : l’avenir, c’est à nous, maintenant de le décider. Mais cependant le passé doit nous guider : sans le sentiment partagé d’un héritage commun, assumé avec fierté –mais aussi avec lucidité, dans un esprit de vérité-, nous ne pourrons répondre ensemble aux défis de demain
Si nous voulons nous forger une identité commune, il faut que ce passé dont nous sommes fiers, soit accessible à tous. Autrefois, nos Rois conservaient jalousement les clés des Archives du pays : elles étaient l’instrument de leur pouvoir. Elle sont aujourd’hui (et depuis la Révolution française) ouvertes au plus grand nombre. Mais l’affirmation de ce principe ne suffit pas ; il faut permettre à chacun – et en particulier aux nouveaux venus dans notre République- de s’approprier effectivement le patrimoine national. Non seulement il faut laisser les historiens travailler, en toute indépendance et dans les meilleures conditions matérielles ; mais il faut encore assurer la diffusion du savoir et favoriser le contact direct des Français avec leur passé- notamment par le biais de la consultation des archives. A ce travail d’éducation jamais achevé, le nouveau centre de Pierrefitte –sur-Seine prendra une part éminente. »¹
En dépit des discours officiels qui flattent nos oreilles, l’Etat n’est pas très à l’aise avec les archives. Ainsi en a-t-il été pour les archives diplomatiques ! Le ministère des Affaires Etrangères a été très difficile à convaincre pour doter ses archives qui comprennent les papiers d’Etat et les Traités d’un lieu plus approprié que le bâtiment du quai d’Orsay. Pendant des années et avec l’aval des ministres successifs, les projets les plus farfelus ont été proposés à la commission des archives diplomatiques : dépôt installé en pleine forêt entre Orléans et Blois loin de tout transport ou bien dans un fort abandonné par l’armée autour de Paris. Finalement, le Quai a consenti à bâtir à La Courneuve un « Pôle diplomatique » qui ouvrira ses portes pendant l’été 2009.²
Est-il si étonnant que l’Etat veuille fondre tous nos patrimoines dans une direction fourre-tout ? Les Archives nationales seraient-elles perdantes en n’étant plus qu’un service parmi tous les autres ? La relecture des textes lus des présidents Giscard d’Estaing, Chirac et Sarkozy en juin/juillet 2007 laisse une désagréable impression. D’un côté, on vante, à juste titre, la valeur des archives et de leur singularité historique ; de l’autre, on ne trouve rien à redire à leur ôter tout poids, toute autorité.
Les Archives nationales ne peuvent pas être qualifiées de service puisqu’il s’agit de notre mémoire historique. Il aurait fallu plutôt créer une direction générale des Archives lesquelles comprendraient outre celles dites nationales, toutes les autres.
Une direction générale des patrimoines est une notion floue, biaisée, dictée par le souci d’une gouvernance entrepreneuriale. En faisant, ce choix l’Etat indique bel et bien à quel niveau il place, en réalité, la mémoire archivée de la France. Les Etats-Unis se gardent bien de commettre la même faute, pour eux, les Archives sont en quelque sorte des « Tables de la Loi », un écrin sacré.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Sources :
1-http://www.citedesarchives.canalblog.com/
2-http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/archives-patrimoine_3512/archives-diplomatiques_5142/pole-diplomatique-courneuve-une-visite-avant-premiere_52500.html
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jeudi 26 mars 2009
Passage en revue d’un monde déréglé N°425 - 2eme année
L’écrivain Amin Maalouf publie un essai de grand intérêt « Le dérèglement du monde » L’auteur avance l’hypothèse que toutes les civilisations actuelles sont épuisées en même temps au moment d’aborder un monde nouveau celui du post-capitalisme. Ne serions-nous dans cette phase d’impuissance ?
Ci-dessous l’entretien d’Amin Maalouf avec la rédaction du quotidien belge, Le Soir :
http://blogs.lesoir.be/chronologie/2009/03/19/%C2%AB-le-systeme-liberal-a-touche-le-mur-%C2%BB/
Michael T. Klare, universitaire américain au Hampshire College (Massachussets) se livre à un passage en revue d’une planète au bord de la catastrophe. La revue Question critiques a fait la traduction de son analyse et de ses observations publiées dans Asiatimes le 26 février 2009 :
http://questionscritiques.free.fr/economie/krach_economique_emeutes_guerre_030309.htm
.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Sources :
Amin Maalouf , Le dérèglement du monde, Paris, Grasset, 2009.
http://blogs.lesoir.be/chronologie/2009/03/19/%C2%AB-le-systeme-liberal-a-touche-le-mur-%C2%BB/
« A planet at the brink » http://atimes.com/atimes/Global_Economy/KB26Dj02.html
Ci-dessous l’entretien d’Amin Maalouf avec la rédaction du quotidien belge, Le Soir :
http://blogs.lesoir.be/chronologie/2009/03/19/%C2%AB-le-systeme-liberal-a-touche-le-mur-%C2%BB/
Michael T. Klare, universitaire américain au Hampshire College (Massachussets) se livre à un passage en revue d’une planète au bord de la catastrophe. La revue Question critiques a fait la traduction de son analyse et de ses observations publiées dans Asiatimes le 26 février 2009 :
http://questionscritiques.free.fr/economie/krach_economique_emeutes_guerre_030309.htm
.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Sources :
Amin Maalouf , Le dérèglement du monde, Paris, Grasset, 2009.
http://blogs.lesoir.be/chronologie/2009/03/19/%C2%AB-le-systeme-liberal-a-touche-le-mur-%C2%BB/
« A planet at the brink » http://atimes.com/atimes/Global_Economy/KB26Dj02.html
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Géopolitique
mercredi 25 mars 2009
« Sacrifier la vie privée pour lutter contre le terrorisme ? » N°424 - 2eme année
Ci-dessous la reproduction d’une traduction d’une longue dépêche de l’agence Reuters. Sa lecture est éclairante : à terme, au nom de la lutte contre le « terrorisme », la distinction entre ceux soupçonnés d’être des terroristes et les citoyens ordinaires n’existera plus : nous serons toutes et tous dans la même galère. Ces lignes rapportées montrent la voie dangereuse qui aboutirait à la faillite générale de nos sociétés qualifiées de développées ! Les dirigeants de la Corée du Nord et ceux de Chine doivent bien sourire, « l’ensemble Atlantique » s’emprisonne lui-même !
A quoi servira une nouvelle technologie si nous ne sommes plus libres ? Peut-être faudra-t-il se réfugier dans la profondeur des forêts pour garder un minimum d’indépendance et sans doute, celles et ceux qui y seront, deviendront aux yeux des dirigeants du pénitencier planétaire, des « terroristes »!
Dernière chose : quand Mme Alliot-Marie parle de réduire le nombre de fichiers de police, il faut comprendre qu’il ne s’agit pas de les supprimer mais de les regrouper.
« LONDRES (Reuters) - Selon l'ancien patron de la sécurité britannique, la lutte préventive contre le terrorisme risque de s'étendre à toute la vie privée des citoyens.
"Percer les secrets d'autrui impliquera de bafouer les règles de la morale quotidienne", prévient David Omand dans une étude faite pour l'Institut de recherche en politique publique.
"Les techniques modernes d'exploitation et de traitement de données impliquent en effet l'interrogatoire d'innocents comme de suspects pour identifier les réseaux d'intérêt en vue de l'approfondissement d'une enquête", juge celui qui fut pour le gouvernement britannique coordinateur pour la sécurité et le renseignement entre 2002 et 2005.
"Si l'on a l'avantage de disposer de renseignements à titre préventif, on peut alors avoir recours à la rapière plutôt qu'à la matraque", résume David Omand dans un entretien à Reuters.
Les autorités judiciaires et policières peuvent avoir déjà accès aux dossiers personnels lors d'une enquête criminelle. La nouveauté réside dans la proposition, faite par des experts comme David Omand, d'examiner des données uniquement pour identifier des pistes en vue d'enquêtes ultérieures.
Pour certains analystes, le rapport fait par David Omand est révélateur du type de réformes voulues par les services de renseignement, de police ou de justice dans les années qui viennent.
Ce genre de pratiques pourrait faire des émules à l'étranger, où la Grande-Bretagne est considérée comme pionnière dans les méthodes de lutte contre le terrorisme, et notamment dans la surveillance des citoyens.
UNE SOCIÉTÉ SOUS SURVEILLANCE?
Selon David Omand, la rue ne constitue plus le champ d'action privilégié des espions, truffée qu'elle est en Grande-Bretagne de quelque 4,2 millions de caméras vidéo.
Le danger réside désormais, d'après lui, dans les systèmes informatiques collecteurs de données personnelles, qui sont devenus des éléments essentiels de la vie en société, comme les réservations de billets d'avion, les informations concernant les finances, le téléphone, le statut fiscal ou la santé.
"Je ne suis pas d'accord avec ceux qui dénoncent une 'société sous surveillance', car pour moi ces méthodes sont nécessaires dans la lutte contre le terrorisme, à condition qu'elle soient bien encadrées réglementairement", dit-il.
"Et je pense, compte tenu de la menace que continue de représenter le terrorisme, avoir l'opinion publique britannique avec moi", affirme David Omand, qui dirigea l'agence gouvernementale chargé d'intercepter les communications électroniques.
La Grande-Bretagne est de plus en plus en réseau et de plus en plus dépendante de l'informatique. L'Etat a donc un besoin pressant de disposer d'un tel pouvoir, estime-t-il.
David Omand juge préférable de sacrifier une partie de la vie privée du citoyen plutôt que de rendre l'appareil législatif encore plus répressif pour condamner davantage.
"C'est un choix difficile", concède-t-il, "mais cela vaut mieux que de prendre ses aises avec la loi ou de déroger aux principes fondamentaux des droits de l'homme.
Il suggère que toute surveillance soit soumise à autorisation préalable, avec ensuite un contrôle strict des résultats afin de préserver "la confiance du public dans le caractère essentiellement raisonnable" des opérations de sécurité.
Il appartiendrait au parlement de fixer ces limites, mais de nombreuses analystes craignent que les élus n'accordent de larges pouvoirs aux forces de sécurité.
Les Britanniques, qui n'ont dans leur histoire récente aucune expérience d'une invasion ou d'une occupation, sont en général prêts à accorder leur confiance à l'Etat.
Le rapport Omand a suscité un certain nombre de critiques, dont celle de Ken MacDonald, ancien procureur.
"Abolir la différence entre les suspects et ceux qui ne sont soupçonnés de rien place entièrement ceux-ci dans la même catégorie que ceux-là aux yeux de l'Etat. Et cela porte sans contestation possible la marque de l'autoritarisme".
Version française Pascal Liétout »
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Source :
1-http://actualite.portail.free.fr//monde/25-03-2009/sacrifier-la-vie-privee-pour-lutter-contre-le-terrorisme/
A quoi servira une nouvelle technologie si nous ne sommes plus libres ? Peut-être faudra-t-il se réfugier dans la profondeur des forêts pour garder un minimum d’indépendance et sans doute, celles et ceux qui y seront, deviendront aux yeux des dirigeants du pénitencier planétaire, des « terroristes »!
Dernière chose : quand Mme Alliot-Marie parle de réduire le nombre de fichiers de police, il faut comprendre qu’il ne s’agit pas de les supprimer mais de les regrouper.
« LONDRES (Reuters) - Selon l'ancien patron de la sécurité britannique, la lutte préventive contre le terrorisme risque de s'étendre à toute la vie privée des citoyens.
"Percer les secrets d'autrui impliquera de bafouer les règles de la morale quotidienne", prévient David Omand dans une étude faite pour l'Institut de recherche en politique publique.
"Les techniques modernes d'exploitation et de traitement de données impliquent en effet l'interrogatoire d'innocents comme de suspects pour identifier les réseaux d'intérêt en vue de l'approfondissement d'une enquête", juge celui qui fut pour le gouvernement britannique coordinateur pour la sécurité et le renseignement entre 2002 et 2005.
"Si l'on a l'avantage de disposer de renseignements à titre préventif, on peut alors avoir recours à la rapière plutôt qu'à la matraque", résume David Omand dans un entretien à Reuters.
Les autorités judiciaires et policières peuvent avoir déjà accès aux dossiers personnels lors d'une enquête criminelle. La nouveauté réside dans la proposition, faite par des experts comme David Omand, d'examiner des données uniquement pour identifier des pistes en vue d'enquêtes ultérieures.
Pour certains analystes, le rapport fait par David Omand est révélateur du type de réformes voulues par les services de renseignement, de police ou de justice dans les années qui viennent.
Ce genre de pratiques pourrait faire des émules à l'étranger, où la Grande-Bretagne est considérée comme pionnière dans les méthodes de lutte contre le terrorisme, et notamment dans la surveillance des citoyens.
UNE SOCIÉTÉ SOUS SURVEILLANCE?
Selon David Omand, la rue ne constitue plus le champ d'action privilégié des espions, truffée qu'elle est en Grande-Bretagne de quelque 4,2 millions de caméras vidéo.
Le danger réside désormais, d'après lui, dans les systèmes informatiques collecteurs de données personnelles, qui sont devenus des éléments essentiels de la vie en société, comme les réservations de billets d'avion, les informations concernant les finances, le téléphone, le statut fiscal ou la santé.
"Je ne suis pas d'accord avec ceux qui dénoncent une 'société sous surveillance', car pour moi ces méthodes sont nécessaires dans la lutte contre le terrorisme, à condition qu'elle soient bien encadrées réglementairement", dit-il.
"Et je pense, compte tenu de la menace que continue de représenter le terrorisme, avoir l'opinion publique britannique avec moi", affirme David Omand, qui dirigea l'agence gouvernementale chargé d'intercepter les communications électroniques.
La Grande-Bretagne est de plus en plus en réseau et de plus en plus dépendante de l'informatique. L'Etat a donc un besoin pressant de disposer d'un tel pouvoir, estime-t-il.
David Omand juge préférable de sacrifier une partie de la vie privée du citoyen plutôt que de rendre l'appareil législatif encore plus répressif pour condamner davantage.
"C'est un choix difficile", concède-t-il, "mais cela vaut mieux que de prendre ses aises avec la loi ou de déroger aux principes fondamentaux des droits de l'homme.
Il suggère que toute surveillance soit soumise à autorisation préalable, avec ensuite un contrôle strict des résultats afin de préserver "la confiance du public dans le caractère essentiellement raisonnable" des opérations de sécurité.
Il appartiendrait au parlement de fixer ces limites, mais de nombreuses analystes craignent que les élus n'accordent de larges pouvoirs aux forces de sécurité.
Les Britanniques, qui n'ont dans leur histoire récente aucune expérience d'une invasion ou d'une occupation, sont en général prêts à accorder leur confiance à l'Etat.
Le rapport Omand a suscité un certain nombre de critiques, dont celle de Ken MacDonald, ancien procureur.
"Abolir la différence entre les suspects et ceux qui ne sont soupçonnés de rien place entièrement ceux-ci dans la même catégorie que ceux-là aux yeux de l'Etat. Et cela porte sans contestation possible la marque de l'autoritarisme".
Version française Pascal Liétout »
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Source :
1-http://actualite.portail.free.fr//monde/25-03-2009/sacrifier-la-vie-privee-pour-lutter-contre-le-terrorisme/
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mardi 24 mars 2009
Du dollar à la monnaie monde : une longue marche…. N°423 - 2eme année
« Geithner et Bernanke ont [...] rejeté toute idée de voir le dollar remplacé par une unité de compte internationale, comme le suggèrent des pays tels que la Chine et la Russie.
"Excluez-vous catégoriquement que les Etats-Unis renoncent au dollar pour adopter une devise mondiale comme cela a été suggéré ce matin par la Chine et également par la Russie, M. le Secrétaire", a demandé à Geithner la députée républicaine du Minnesota Michele Bachmann.
"Tout à fait", a répondu Geithner. "Moi de même", a dit Bernanke, lorsque Bachmann lui a posé la même question. »¹
La position identique du secrétaire d’Etat au Trésor et du patron de la FED se veut une réponse ferme aux différents discours chinois depuis l’automne 2008 au sujet de la fin du dollar comme monnaie de réserve internationale.
Le 2 avril G20, sauf coup de théâtre, ne devrait pas mettre à l’ordre du jour la question du dollar même si tout le monde y songeait. Adieu monnaie mondiale ?
A l’heure actuelle aucune puissance n’est en mesure de prendre le relais américain en cas de son affaiblissement durable. C’est bien là le problème. Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, sont des géants économiques et politiques en devenir et non des forces en mesure d’assumer ou seuls ou collectivement le rang occupé aujourd’hui par les Etats-Unis. On observera que ces quatre pays ne proposent nullement de travailler en commun pour avoir, par exemple, une monnaie commune ou un marché uni.²
L’Union européenne aurait pu avoir ce rôle, cette ambition mais elle n’a aucune puissance : financière, politique, militaire. Elle est un espace économique ni plus, ni moins. C’est regrettable parce qu’elle dispose de tout sur son continent. Elle est un géant mou et pusillanime dirigé par des élites sans mandats face à leurs populations méfiantes.
Le dollar jalousé, envié, redouté, symbole d’une nation messianique reste-t-il une arme entre les seules mains américaines ?
Les réflexions des dirigeants du parti communiste à propos du billet vert chinois entrent davantage dans les longues négociations bilatérales que dans la volonté très nette d’amorcer le débat sur ce point : La Chine et les Etats-Unis se tiennent par la barbichette. D’ailleurs, si nous devions avoir demain une monnaie de réserve non rattachée à un pays, la valeur du dollar baisserait…entraînant dans sa chute les fortunes chinoises détenues dans cette monnaie. Et cela n’est pas dans l’intérêt des autorités pékinoises. Alors, serions-nous devant un faux débat ? Pas du tout. Les Chinois tout comme les Indiens sont des gens avisés, calmes qui estiment avoir le temps de leur côté. Qui s’offusque, maintenant que le système financier anglo-saxon ou Atlantique s’est effondré, d’une remise en cause du dollar ? Personne. Le fait que seuls les dirigeants américains écartent toute idée d’une nouvelle devise internationale sans la publication d’un communiqué de soutient de Paris, de Londres, de Berlin ou même de Bruxelles, est plus que symbolique.
La Maison Blanche, affairée à sauver ses banques et son économie, a les yeux rivés sur le déluge des milliers de dollars comme l’unique moyen pour « fixer » la crise pendant ou quelques semaines ou quelques mois. Mais, nous sommes en présence de quatre crises mondiales : 1) de la surproduction, 2) de la sous-consommation, 3) de l’économie, 4) climatique, 5) d’un système financier. Quatre crises qui vont durer pendant quelques années. Nous sommes dans le « secouement » du monde. Il faudra marcher longuement avant que l’actuelle architecture monétaire passe d’une main à d’autres mains. Nous sommes dans une phase transitoire ou d'impuissance éminemment fragile et dangereuse puisque c’est l’ensemble de la planète qui opérera sa révolution.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à : jv3@free.fr
Source :
1-http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=e358d214912a465784e6dc569784f73b
Note :
2- La péninsule arabique devrait avoir une monnaie commune dés 2010 ou 2011.
In Seriatim :
http://www.seriatimonline.com/2008/01/rcession-ou-pas-un-nouveau-monde.html
http://www.seriatimonline.com/2008/03/le-fmi-un-vieux-fonds.html
"Excluez-vous catégoriquement que les Etats-Unis renoncent au dollar pour adopter une devise mondiale comme cela a été suggéré ce matin par la Chine et également par la Russie, M. le Secrétaire", a demandé à Geithner la députée républicaine du Minnesota Michele Bachmann.
"Tout à fait", a répondu Geithner. "Moi de même", a dit Bernanke, lorsque Bachmann lui a posé la même question. »¹
La position identique du secrétaire d’Etat au Trésor et du patron de la FED se veut une réponse ferme aux différents discours chinois depuis l’automne 2008 au sujet de la fin du dollar comme monnaie de réserve internationale.
Le 2 avril G20, sauf coup de théâtre, ne devrait pas mettre à l’ordre du jour la question du dollar même si tout le monde y songeait. Adieu monnaie mondiale ?
A l’heure actuelle aucune puissance n’est en mesure de prendre le relais américain en cas de son affaiblissement durable. C’est bien là le problème. Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, sont des géants économiques et politiques en devenir et non des forces en mesure d’assumer ou seuls ou collectivement le rang occupé aujourd’hui par les Etats-Unis. On observera que ces quatre pays ne proposent nullement de travailler en commun pour avoir, par exemple, une monnaie commune ou un marché uni.²
L’Union européenne aurait pu avoir ce rôle, cette ambition mais elle n’a aucune puissance : financière, politique, militaire. Elle est un espace économique ni plus, ni moins. C’est regrettable parce qu’elle dispose de tout sur son continent. Elle est un géant mou et pusillanime dirigé par des élites sans mandats face à leurs populations méfiantes.
Le dollar jalousé, envié, redouté, symbole d’une nation messianique reste-t-il une arme entre les seules mains américaines ?
Les réflexions des dirigeants du parti communiste à propos du billet vert chinois entrent davantage dans les longues négociations bilatérales que dans la volonté très nette d’amorcer le débat sur ce point : La Chine et les Etats-Unis se tiennent par la barbichette. D’ailleurs, si nous devions avoir demain une monnaie de réserve non rattachée à un pays, la valeur du dollar baisserait…entraînant dans sa chute les fortunes chinoises détenues dans cette monnaie. Et cela n’est pas dans l’intérêt des autorités pékinoises. Alors, serions-nous devant un faux débat ? Pas du tout. Les Chinois tout comme les Indiens sont des gens avisés, calmes qui estiment avoir le temps de leur côté. Qui s’offusque, maintenant que le système financier anglo-saxon ou Atlantique s’est effondré, d’une remise en cause du dollar ? Personne. Le fait que seuls les dirigeants américains écartent toute idée d’une nouvelle devise internationale sans la publication d’un communiqué de soutient de Paris, de Londres, de Berlin ou même de Bruxelles, est plus que symbolique.
La Maison Blanche, affairée à sauver ses banques et son économie, a les yeux rivés sur le déluge des milliers de dollars comme l’unique moyen pour « fixer » la crise pendant ou quelques semaines ou quelques mois. Mais, nous sommes en présence de quatre crises mondiales : 1) de la surproduction, 2) de la sous-consommation, 3) de l’économie, 4) climatique, 5) d’un système financier. Quatre crises qui vont durer pendant quelques années. Nous sommes dans le « secouement » du monde. Il faudra marcher longuement avant que l’actuelle architecture monétaire passe d’une main à d’autres mains. Nous sommes dans une phase transitoire ou d'impuissance éminemment fragile et dangereuse puisque c’est l’ensemble de la planète qui opérera sa révolution.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
Commentaires : Si vous n’avez pas de compte Gmail, et pour éviter le noreply-comment veuillez envoyer vos commentaires à : jv3@free.fr
Source :
1-http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=e358d214912a465784e6dc569784f73b
Note :
2- La péninsule arabique devrait avoir une monnaie commune dés 2010 ou 2011.
In Seriatim :
http://www.seriatimonline.com/2008/01/rcession-ou-pas-un-nouveau-monde.html
http://www.seriatimonline.com/2008/03/le-fmi-un-vieux-fonds.html
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dimanche 22 mars 2009
Freeman : « Je suis moi-même, personne d’autre » N°422 - 2eme année
Le Wall Street Journal¹ a publié dans son édition du 10 mars la lettre de l’ancien ambassadeur Charles W. Freeman (1943) dans laquelle il expose longuement ce qui l’a conduit à renoncer à la fonction de directeur du National Intelligence Council.
“I am my own man, no one else's” (je suis moi-même, personne d’autre) est, certainement la phrase la plus forte que ce diplomate américain pouvait écrire contre tous les détracteurs dont l’AIPAC, un puissant lobby pro-israélien qui s’arroge le droit d’influer sur des nominations sensibles américaines.
Charles W. Freeman, ancien ambassadeur en Arabie Saoudite (nommé par Georges Bush père en 1989) serait suspecté de partialité sinon d’une franche hostilité envers la politique étrangère israélienne. Vrai ou pas, le problème ne se situe pas là. Pour la première fois, nous avons vu agir au grand jour un lobby qui n’a pas hésité à afficher tous les relais qu’il a, non seulement dans les médias mais surtout parmi les sénateurs et les députés, républicains et démocrates confondus. Des blogueurs américains et d’anciens ambassadeurs ont soutenu la candidature de Charles Freeman, diplomate polyglotte (mandarin, espagnol, français, arabe littéraire) et ils se sont employés à donner via Internet le maximum de résonance : c’est réussi !
Rien n’est pire pour un pays que d’être soumis aux choix de tel ou tel lobby qui défend toujours des intérêts particuliers. Le Président Obama n’a pas osé passer outre, faiblesse ou d’aveu d’impuissance ?
La lettre de Freeman, est précieuse : elle est riche en réflexions. L’article publié par Rachid Grim dans le quotidien algérien, El Watan n’est pas à négliger².
Ci-dessous la traduction en français :
« A ceux qui m’ont soutenu et encouragé pendant la polémique de ces deux dernières semaines, vous avez ma gratitude et mon respect.
Vous avez vu maintenant la déclaration du directeur du Renseignement national, Dennis Blair, disant que je suis revenu sur ma précédente acceptation de son invitation à la présidence du Conseil du Renseignement national.
J’en ai conclu que le déluge de déformations calomnieuses de mes antécédents ne cesserait pas avec ma prise de fonction. Au lieu de cela, les efforts déployés pour me salir et détruire ma crédibilité continueraient.
Je ne crois pas que le Conseil du Renseignement national (NIC) puisse fonctionner de manière efficace si son président fait constamment l’objet d’attaques venant de personnes peu scrupuleuses avec un fervent attachement aux opinions d’une faction politique dans un pays étranger. J’ai accepté de présider le NIC pour le renforcer et le protéger contre toute politisation, et non pas pour le soumettre aux efforts déployés par un groupe d’intérêt spécial désirant imposer son contrôle à travers une longue campagne politique.
Comme ceux qui me connaissent le savent bien, j’ai beaucoup aimé la vie depuis que je me suis retiré du gouvernement. Rien n’est plus éloigné de ma pensée que le retour au service public. Lorsque l’amiral Blair m’a demandé de présider le NIC, j’ai répondu que je comprenais qu’il « me demandait de donner ma liberté d’expression, mes loisirs, la plus grande partie de mes revenus, de me soumettre à la coloscopie mentale d’un polygraphe, et de reprendre un travail quotidien avec de longues heures de travail et une ration quotidienne de mauvais traitements politiques »J’ai ajouté que je me demandais « s’il n’y avait pas une sorte d’inconvénient à cette offre » J’étais conscient du fait que personne n’est indispensable, je ne suis pas une exception.
Il m’a fallu des semaines de réflexion avant de conclure qu’étant donnée la situation difficile sans précédent dans laquelle se trouve actuellement notre pays à l’étranger et au niveau interne, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter l’appel au retour dans le service public. J’ai alors démissionné de tous les postes que j’avais et de toutes les activités dans lesquelles j’étais engagé. J’attends maintenant avec impatience de revenir à la vie privée, libre de toutes mes obligations antérieures.
Je ne suis pas assez prétentieux pour croire que cette polémique me concernait directement et non des questions de politique publique. Ces questions n’ont pas grand-chose à voir avec le NIC et ne sont pas au cœur de ce que j’espérais faire pour contribuer à la qualité de l’analyse mise à la disposition du président Obama et de son administration.
Pourtant, je suis attristé par ce qu’ont révélé au sujet de l’état de notre société civile la polémique et les critiques publiques au vitriol de ceux qui se sont consacrés à l’entretenir. Il est évident que nous, les États-uniens, ne pouvons plus avoir une sérieuse discussion publique ou un jugement indépendant sur les questions de grande importance pour notre pays, tout comme nos alliés et amis.
Les diffamations me concernant et leurs pistes d’emails facilement « traçables » montrent de façon certaine qu’il y a un lobby puissant déterminé à empêcher que soit diffusé toute opinion autre que la sienne, et encore moins de laisser les États-uniens comprendre les tendances et les événements au Proche-Orient.
La stratégie du lobby israélien touche le fond du déshonneur et de l’indécence et comprend la diffamation, les citations sélectives inexactes, la déformation volontaire d’un dossier, la fabrication de mensonges, et un total mépris de la vérité. L’objectif de ce lobby est le contrôle du processus politique par l’exercice d’un droit de veto sur la nomination des personnes qui contestent le bien-fondé de son point de vue, la substitution d’une justesse politique de l’analyse, et l’exclusion de toutes les options pour la prise de décisions par les Américains et notre gouvernement autres que celles qu’il favorise.
C’est particulièrement ironique d’être accusé d’égards déplacés pour des opinions au sujet de sociétés et de gouvernements étrangers par un groupe ayant aussi clairement l’intention de faire appliquer une adhésion à la politique d’un gouvernement étranger — dans ce cas, le gouvernement d’Israël.
Je pense que l’incapacité de l’opinion publique états-unienne à débattre, ou du gouvernement à examiner toute option de politique US au Proche-Orient opposée à la faction au pouvoir en Israël a permis à cette faction d’adopter et de maintenir des politiques qui à terme menacent l’existence de l’État d’Israël. Il est interdit à qui que ce soit aux États-Unis de le dire. Ce n’est pas seulement une tragédie pour les Israéliens et leurs voisins au Proche-Orient, mais cela nuit de plus en plus à la sécurité nationale des États-Unis.
L’agitation scandaleuse qui a fait suite à la fuite concernant ma nomination imminente sera considérée par beaucoup comme soulevant de graves questions quant au fait de savoir si l’administration Obama sera en mesure de prendre ses propres décisions sur le Proche-Orient et les questions liées. Je regrette que ma volonté de servir dans la nouvelle administration ait fini par jeter le doute sur sa capacité à examiner, sans parler de décider, quelles politiques pourraient le mieux servir les intérêts des États-Unis au lieu de ceux d’un lobby ayant l’intention de faire respecter la volonté et des intérêts d’un gouvernement étranger.
Devant le tribunal de l’opinion publique, contrairement à une cour de justice, on est coupable jusqu’à preuve du contraire. Les allocutions d’où des citations ont été tirées hors de leur contexte sont disponibles pour tous ceux qui sont intéressés par la lecture de la vérité. L’injustice des accusations portées contre moi est évidente pour ceux qui ont l’esprit ouvert. Ceux qui ont cherché à attaquer ma personne ne sont pas intéressés par les réfutations que je ou quelqu’un d’autre pourrait faire.
Néanmoins, pour le dossier : je n’ai jamais cherché à être payé ou accepté le paiement d’un gouvernement étranger, que ce soit l’Arabie Saoudite ou la Chine, contre tout service, je n’ai jamais parlé au nom d’un gouvernement étranger, de ses intérêts ou de ses politiques. Je n’ai jamais fait pression sur n’importe quelle agence de notre gouvernement pour une raison quelconque, étrangère ou nationale.
Je suis moi-même, personne d’autre, et à mon retour dans la vie privée, je servirai une fois de plus – et à mon grand plaisir – personne d’autre que moi. Je vais continuer à m’exprimer comme je le voudrai sur des sujets qui me préoccupent, moi ainsi que d’autres Américains.
Je garde mon respect et ma confiance dans le président Obama et Directeur du Renseignement national Blair. Notre pays doit maintenant faire face à de terribles défis à l’étranger comme au niveau national. Comme tous les États-uniens patriotes, je continue de prier pour que notre président puisse nous aider à les surmonter.
Charles W. Freeman »³
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Sources :
1- http://online.wsj.com/article/SB123672847973688515.html
2-Rachid Grim : http://www.elwatan.com/La-paix-a-t-elle-encore-une-chance
Blog de l’auteur : http://www.dzblog.net/rachidgrim2007/
3- http://www.voltairenet.org/article159392.html
“I am my own man, no one else's” (je suis moi-même, personne d’autre) est, certainement la phrase la plus forte que ce diplomate américain pouvait écrire contre tous les détracteurs dont l’AIPAC, un puissant lobby pro-israélien qui s’arroge le droit d’influer sur des nominations sensibles américaines.
Charles W. Freeman, ancien ambassadeur en Arabie Saoudite (nommé par Georges Bush père en 1989) serait suspecté de partialité sinon d’une franche hostilité envers la politique étrangère israélienne. Vrai ou pas, le problème ne se situe pas là. Pour la première fois, nous avons vu agir au grand jour un lobby qui n’a pas hésité à afficher tous les relais qu’il a, non seulement dans les médias mais surtout parmi les sénateurs et les députés, républicains et démocrates confondus. Des blogueurs américains et d’anciens ambassadeurs ont soutenu la candidature de Charles Freeman, diplomate polyglotte (mandarin, espagnol, français, arabe littéraire) et ils se sont employés à donner via Internet le maximum de résonance : c’est réussi !
Rien n’est pire pour un pays que d’être soumis aux choix de tel ou tel lobby qui défend toujours des intérêts particuliers. Le Président Obama n’a pas osé passer outre, faiblesse ou d’aveu d’impuissance ?
La lettre de Freeman, est précieuse : elle est riche en réflexions. L’article publié par Rachid Grim dans le quotidien algérien, El Watan n’est pas à négliger².
Ci-dessous la traduction en français :
« A ceux qui m’ont soutenu et encouragé pendant la polémique de ces deux dernières semaines, vous avez ma gratitude et mon respect.
Vous avez vu maintenant la déclaration du directeur du Renseignement national, Dennis Blair, disant que je suis revenu sur ma précédente acceptation de son invitation à la présidence du Conseil du Renseignement national.
J’en ai conclu que le déluge de déformations calomnieuses de mes antécédents ne cesserait pas avec ma prise de fonction. Au lieu de cela, les efforts déployés pour me salir et détruire ma crédibilité continueraient.
Je ne crois pas que le Conseil du Renseignement national (NIC) puisse fonctionner de manière efficace si son président fait constamment l’objet d’attaques venant de personnes peu scrupuleuses avec un fervent attachement aux opinions d’une faction politique dans un pays étranger. J’ai accepté de présider le NIC pour le renforcer et le protéger contre toute politisation, et non pas pour le soumettre aux efforts déployés par un groupe d’intérêt spécial désirant imposer son contrôle à travers une longue campagne politique.
Comme ceux qui me connaissent le savent bien, j’ai beaucoup aimé la vie depuis que je me suis retiré du gouvernement. Rien n’est plus éloigné de ma pensée que le retour au service public. Lorsque l’amiral Blair m’a demandé de présider le NIC, j’ai répondu que je comprenais qu’il « me demandait de donner ma liberté d’expression, mes loisirs, la plus grande partie de mes revenus, de me soumettre à la coloscopie mentale d’un polygraphe, et de reprendre un travail quotidien avec de longues heures de travail et une ration quotidienne de mauvais traitements politiques »J’ai ajouté que je me demandais « s’il n’y avait pas une sorte d’inconvénient à cette offre » J’étais conscient du fait que personne n’est indispensable, je ne suis pas une exception.
Il m’a fallu des semaines de réflexion avant de conclure qu’étant donnée la situation difficile sans précédent dans laquelle se trouve actuellement notre pays à l’étranger et au niveau interne, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter l’appel au retour dans le service public. J’ai alors démissionné de tous les postes que j’avais et de toutes les activités dans lesquelles j’étais engagé. J’attends maintenant avec impatience de revenir à la vie privée, libre de toutes mes obligations antérieures.
Je ne suis pas assez prétentieux pour croire que cette polémique me concernait directement et non des questions de politique publique. Ces questions n’ont pas grand-chose à voir avec le NIC et ne sont pas au cœur de ce que j’espérais faire pour contribuer à la qualité de l’analyse mise à la disposition du président Obama et de son administration.
Pourtant, je suis attristé par ce qu’ont révélé au sujet de l’état de notre société civile la polémique et les critiques publiques au vitriol de ceux qui se sont consacrés à l’entretenir. Il est évident que nous, les États-uniens, ne pouvons plus avoir une sérieuse discussion publique ou un jugement indépendant sur les questions de grande importance pour notre pays, tout comme nos alliés et amis.
Les diffamations me concernant et leurs pistes d’emails facilement « traçables » montrent de façon certaine qu’il y a un lobby puissant déterminé à empêcher que soit diffusé toute opinion autre que la sienne, et encore moins de laisser les États-uniens comprendre les tendances et les événements au Proche-Orient.
La stratégie du lobby israélien touche le fond du déshonneur et de l’indécence et comprend la diffamation, les citations sélectives inexactes, la déformation volontaire d’un dossier, la fabrication de mensonges, et un total mépris de la vérité. L’objectif de ce lobby est le contrôle du processus politique par l’exercice d’un droit de veto sur la nomination des personnes qui contestent le bien-fondé de son point de vue, la substitution d’une justesse politique de l’analyse, et l’exclusion de toutes les options pour la prise de décisions par les Américains et notre gouvernement autres que celles qu’il favorise.
C’est particulièrement ironique d’être accusé d’égards déplacés pour des opinions au sujet de sociétés et de gouvernements étrangers par un groupe ayant aussi clairement l’intention de faire appliquer une adhésion à la politique d’un gouvernement étranger — dans ce cas, le gouvernement d’Israël.
Je pense que l’incapacité de l’opinion publique états-unienne à débattre, ou du gouvernement à examiner toute option de politique US au Proche-Orient opposée à la faction au pouvoir en Israël a permis à cette faction d’adopter et de maintenir des politiques qui à terme menacent l’existence de l’État d’Israël. Il est interdit à qui que ce soit aux États-Unis de le dire. Ce n’est pas seulement une tragédie pour les Israéliens et leurs voisins au Proche-Orient, mais cela nuit de plus en plus à la sécurité nationale des États-Unis.
L’agitation scandaleuse qui a fait suite à la fuite concernant ma nomination imminente sera considérée par beaucoup comme soulevant de graves questions quant au fait de savoir si l’administration Obama sera en mesure de prendre ses propres décisions sur le Proche-Orient et les questions liées. Je regrette que ma volonté de servir dans la nouvelle administration ait fini par jeter le doute sur sa capacité à examiner, sans parler de décider, quelles politiques pourraient le mieux servir les intérêts des États-Unis au lieu de ceux d’un lobby ayant l’intention de faire respecter la volonté et des intérêts d’un gouvernement étranger.
Devant le tribunal de l’opinion publique, contrairement à une cour de justice, on est coupable jusqu’à preuve du contraire. Les allocutions d’où des citations ont été tirées hors de leur contexte sont disponibles pour tous ceux qui sont intéressés par la lecture de la vérité. L’injustice des accusations portées contre moi est évidente pour ceux qui ont l’esprit ouvert. Ceux qui ont cherché à attaquer ma personne ne sont pas intéressés par les réfutations que je ou quelqu’un d’autre pourrait faire.
Néanmoins, pour le dossier : je n’ai jamais cherché à être payé ou accepté le paiement d’un gouvernement étranger, que ce soit l’Arabie Saoudite ou la Chine, contre tout service, je n’ai jamais parlé au nom d’un gouvernement étranger, de ses intérêts ou de ses politiques. Je n’ai jamais fait pression sur n’importe quelle agence de notre gouvernement pour une raison quelconque, étrangère ou nationale.
Je suis moi-même, personne d’autre, et à mon retour dans la vie privée, je servirai une fois de plus – et à mon grand plaisir – personne d’autre que moi. Je vais continuer à m’exprimer comme je le voudrai sur des sujets qui me préoccupent, moi ainsi que d’autres Américains.
Je garde mon respect et ma confiance dans le président Obama et Directeur du Renseignement national Blair. Notre pays doit maintenant faire face à de terribles défis à l’étranger comme au niveau national. Comme tous les États-uniens patriotes, je continue de prier pour que notre président puisse nous aider à les surmonter.
Charles W. Freeman »³
Jean Vinatier
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Sources :
1- http://online.wsj.com/article/SB123672847973688515.html
2-Rachid Grim : http://www.elwatan.com/La-paix-a-t-elle-encore-une-chance
Blog de l’auteur : http://www.dzblog.net/rachidgrim2007/
3- http://www.voltairenet.org/article159392.html
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vendredi 20 mars 2009
Boèce : « Si l’Abondance….. » N°421- 2eme année
Ce philosophe romain, Boèce ( Anicius Manlius Torquatus Severinus Boetius) a produit une œuvre qui constitue un relais majeur entre l’Antiquité et le Moyen Âge.
Né dans une famille patricienne en 480, il servit les rois ostrogoths dont Théodoric le Grand (455/456 – 536 APJC). Il en devint le principal conseiller jusqu’à ce qu’une cabale entraîne sa chute, son jugement puis sa condamnation à mort en 524. C’est dans ces derniers moments de sa vie que Boèce rédigea Consolation de la philosophie entre deux séances de torture et avant son exécution.
Cet ouvrage est magnifique par ses songes et sa sagesse dans ses réflexions. Il est, dit son préfacier Marc Fumaroli, « le témoignage de la grandeur à laquelle un homme peut s’élever par la pensée, face à la tyrannie et à la mort »
Ci-dessous un des poèmes qui intervient toujours entre deux réflexions :
« Si l’Abondance de sa corne pleine, déversait
A l’infini autant de richesses
Que le Pont charrie de grains de sable
Quand l’agitent les vents déchaînés,
Ou que le ciel voit briller d’astres
Engendrés par les nuits étoilées,
Le genre humain ne cesserait pas pour autant
De se lamenter sur ses malheurs.
Même si les vœux obtiennent la bienveillance
D’un Dieu prodigue de son or,
Et qu’il comble d’honneurs ceux qui les recher-
chent,
Ce qu’ils reçoivent leur semble n’être rien :
Dévorant tout ce qu’elle obtient, leur rapacité sau-
vage
Ouvre encore plus grande leur gueule.
Quelles rênes pourraient contenir leur passion
Effrénée dans les limites infranchissables
Quand, croulant littéralement sous les présents,
Leur soif de posséder fait rage ?
Il ne vit jamais en riche, celui tremblant et gémis-
sant
Qui se croit dans le besoin. ¹»
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Source :
1-Boèce : Consolation de la philosophie, Préface de Marc Fumaroli, Paris, Rivages poche, 2006, pp.76-77.
Né dans une famille patricienne en 480, il servit les rois ostrogoths dont Théodoric le Grand (455/456 – 536 APJC). Il en devint le principal conseiller jusqu’à ce qu’une cabale entraîne sa chute, son jugement puis sa condamnation à mort en 524. C’est dans ces derniers moments de sa vie que Boèce rédigea Consolation de la philosophie entre deux séances de torture et avant son exécution.
Cet ouvrage est magnifique par ses songes et sa sagesse dans ses réflexions. Il est, dit son préfacier Marc Fumaroli, « le témoignage de la grandeur à laquelle un homme peut s’élever par la pensée, face à la tyrannie et à la mort »
Ci-dessous un des poèmes qui intervient toujours entre deux réflexions :
« Si l’Abondance de sa corne pleine, déversait
A l’infini autant de richesses
Que le Pont charrie de grains de sable
Quand l’agitent les vents déchaînés,
Ou que le ciel voit briller d’astres
Engendrés par les nuits étoilées,
Le genre humain ne cesserait pas pour autant
De se lamenter sur ses malheurs.
Même si les vœux obtiennent la bienveillance
D’un Dieu prodigue de son or,
Et qu’il comble d’honneurs ceux qui les recher-
chent,
Ce qu’ils reçoivent leur semble n’être rien :
Dévorant tout ce qu’elle obtient, leur rapacité sau-
vage
Ouvre encore plus grande leur gueule.
Quelles rênes pourraient contenir leur passion
Effrénée dans les limites infranchissables
Quand, croulant littéralement sous les présents,
Leur soif de posséder fait rage ?
Il ne vit jamais en riche, celui tremblant et gémis-
sant
Qui se croit dans le besoin. ¹»
Jean Vinatier
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Source :
1-Boèce : Consolation de la philosophie, Préface de Marc Fumaroli, Paris, Rivages poche, 2006, pp.76-77.
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Textes historiques/poésies
jeudi 19 mars 2009
L’Université sonne le tocsin N°420 - 2eme année
http://www.mediapart.fr/journal/france/190309/sauvons-l-universite-s-alarme-de-la-crise-actuelle-mais-aussi-des-faillites-de
Jean Vinatier
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Université
Géopolitique : quelques réflexions sur les enjeux stratégiques N°419 - 2eme année
« La question fondamentale n’est pas de se demander s’il faut être ou ne pas être dans l’Alliance atlantique. Celle-ci a été conçue à une époque révolue ! »
1-Bernard Lavarini : « Face aux nouvelles menaces, l'Europe doit se doter d'un bouclier nucléaire »in Le Monde 19 mars 2009 :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/18/face-aux-nouvelles-menaces-l-europe-doit-se-doter-d-un-bouclier-nucleaire-par-bernard-lavarini_1169543_3232.html#xtor=RSS-3232
2-Hubert Védrine préface le livre de Bernard Lavarini, La grande muraille nucléaire du IIIe millénaire, Editions L’Harmattan, 2005 :
http://www.hubertvedrine.net/index.php?id_article=113
3-Alain Joxe :
« L’Otan à la conquête du monde » ? in CIRPES, 2007
http://www.cirpes.net/article162.html?var_recherche=OTAN
« La crise impériale » janvier 2009 :
http://www.seriatimonline.com/2009/01/alain-joxe-la-crise-impriale-et-la.html
4- Général Lucien Poirier in Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques : reprise d’une interview accordée au Monde en 2006 :
"Je crois en la vertu rationalisante de l'atome"
http://www.fmes-france.net/article.php3?id_article=460
5-Interview de l’ambassadeur François de Rose, 2006 :
http://www.irenees.net/fr/fiches/entretien/fiche-entretien-43.html
Jean Vinatier
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1-Bernard Lavarini : « Face aux nouvelles menaces, l'Europe doit se doter d'un bouclier nucléaire »in Le Monde 19 mars 2009 :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/18/face-aux-nouvelles-menaces-l-europe-doit-se-doter-d-un-bouclier-nucleaire-par-bernard-lavarini_1169543_3232.html#xtor=RSS-3232
2-Hubert Védrine préface le livre de Bernard Lavarini, La grande muraille nucléaire du IIIe millénaire, Editions L’Harmattan, 2005 :
http://www.hubertvedrine.net/index.php?id_article=113
3-Alain Joxe :
« L’Otan à la conquête du monde » ? in CIRPES, 2007
http://www.cirpes.net/article162.html?var_recherche=OTAN
« La crise impériale » janvier 2009 :
http://www.seriatimonline.com/2009/01/alain-joxe-la-crise-impriale-et-la.html
4- Général Lucien Poirier in Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques : reprise d’une interview accordée au Monde en 2006 :
"Je crois en la vertu rationalisante de l'atome"
http://www.fmes-france.net/article.php3?id_article=460
5-Interview de l’ambassadeur François de Rose, 2006 :
http://www.irenees.net/fr/fiches/entretien/fiche-entretien-43.html
Jean Vinatier
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Géopolitique
mercredi 18 mars 2009
Madagascar/France : Attention Sarkozyravalomanana N°418 - 2eme année
La démission du Président malgache, Marc Ravalomanana ne devrait pas laisser indifférent Nicolas Sarkozy, persuadé d’être le meilleur chef d’entreprise et l’anti-roi fainéant de toute notre histoire pluriséculaire.
Nous sommes à la veille de la seconde grande manifestation sociale depuis le début de l’année 2009. Le pouvoir se crispe, se met droit dans ses bottes et n’écoute plus du tout les Français. Si l’opposition garde toute sa faiblesse et qu’elle est relativement inaudible pour une majorité de Français, il ne faut pas négliger le réveil d’une partie de la droite profondément hostile à Nicolas Sarkozy. Les interventions d’Alain Juppé ne sont pas à prendre à la légère tout comme les nouveaux déplacements de l’ancien président Jacques Chirac.
A l’instar du Président, le gouvernement Fillon a peur : en engageant sa responsabilité plutôt que de demander un vote pour ou contre le retour complet de la France dans l’OTAN, le duo Elysée-Matignon a paré au plus pressé en faisant le choix de la négation de la démocratie.
L’UMP ne peut plus cacher les clivages et les fissures internes : les divergences ont éclaté au grand jour lors des demandes sur l’assouplissement du bouclier fiscal.
La contestation sociale grandit dans un désordre apparent. Mais, ici et là les protestations éclatent sans crier gare tant dans les entreprises que dans les universités : journée des chaises, occupation de Sciences Po, manifestations spontanées. Ce sont autant de petits bruits qui pourraient, si la crise s’aggravait, engendrer une explosion qui balaierait tout et, peut-être, ouvrirait-elle la voie, à des hommes d’une autre stature dont Alain Juppé, Hubert Védrine ? Tout le monde a les yeux rivés sur les partis de la gauche- du PS au NPA en passant par Lutte ouvrière - et du Modem de François Bayrou mais ne faudrait-il pas également, regarder sur la droite au sens large dans sa version gaullienne ?
Les Français admettent sans trop de peine que Nicolas Sarkozy est un homme décevant qui réduit la France au rang d’entreprise personnelle. Beaucoup de citoyens de droite comme de gauche sont révulsés par son dédain qu’il masque par des fanfaronnades, des foucades et des mimiques.
Un Président qui ment (voyage d’agrément au Mexique), qui utilise la naïveté du président de la commission de déontologie pour passer outre à la légalité afin d’installer son bon Pérol cela passe très mal : le chef de l’Etat n’est pas crédible !
La France est nerveuse, agitée, inquiète et désordonnée. Il fallait entendre, hier, sur Europe 1, Hubert Védrine à propos de la question otanienne : il a été cinglant et terrible.
Quelque chose est en train de naître : des femmes et des hommes qui partagent une conscience historique française commune et le sens de l’Etat pourraient se retrouver toutes générations confondues pour établir une nouvelle pensée politique et, notamment, refonder l’équité sociale.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Nous sommes à la veille de la seconde grande manifestation sociale depuis le début de l’année 2009. Le pouvoir se crispe, se met droit dans ses bottes et n’écoute plus du tout les Français. Si l’opposition garde toute sa faiblesse et qu’elle est relativement inaudible pour une majorité de Français, il ne faut pas négliger le réveil d’une partie de la droite profondément hostile à Nicolas Sarkozy. Les interventions d’Alain Juppé ne sont pas à prendre à la légère tout comme les nouveaux déplacements de l’ancien président Jacques Chirac.
A l’instar du Président, le gouvernement Fillon a peur : en engageant sa responsabilité plutôt que de demander un vote pour ou contre le retour complet de la France dans l’OTAN, le duo Elysée-Matignon a paré au plus pressé en faisant le choix de la négation de la démocratie.
L’UMP ne peut plus cacher les clivages et les fissures internes : les divergences ont éclaté au grand jour lors des demandes sur l’assouplissement du bouclier fiscal.
La contestation sociale grandit dans un désordre apparent. Mais, ici et là les protestations éclatent sans crier gare tant dans les entreprises que dans les universités : journée des chaises, occupation de Sciences Po, manifestations spontanées. Ce sont autant de petits bruits qui pourraient, si la crise s’aggravait, engendrer une explosion qui balaierait tout et, peut-être, ouvrirait-elle la voie, à des hommes d’une autre stature dont Alain Juppé, Hubert Védrine ? Tout le monde a les yeux rivés sur les partis de la gauche- du PS au NPA en passant par Lutte ouvrière - et du Modem de François Bayrou mais ne faudrait-il pas également, regarder sur la droite au sens large dans sa version gaullienne ?
Les Français admettent sans trop de peine que Nicolas Sarkozy est un homme décevant qui réduit la France au rang d’entreprise personnelle. Beaucoup de citoyens de droite comme de gauche sont révulsés par son dédain qu’il masque par des fanfaronnades, des foucades et des mimiques.
Un Président qui ment (voyage d’agrément au Mexique), qui utilise la naïveté du président de la commission de déontologie pour passer outre à la légalité afin d’installer son bon Pérol cela passe très mal : le chef de l’Etat n’est pas crédible !
La France est nerveuse, agitée, inquiète et désordonnée. Il fallait entendre, hier, sur Europe 1, Hubert Védrine à propos de la question otanienne : il a été cinglant et terrible.
Quelque chose est en train de naître : des femmes et des hommes qui partagent une conscience historique française commune et le sens de l’Etat pourraient se retrouver toutes générations confondues pour établir une nouvelle pensée politique et, notamment, refonder l’équité sociale.
Jean Vinatier
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France politique intérieure
mardi 17 mars 2009
Pierre Emmanuel : "Ecce ancilla" N°417 - 2eme année
Pierre Emmanuel alias Noël Matthieu (1916-1984) fut un poète chrétien fortement inspiré par sa lecture de la Bible et des grandes figures de la légende. Jean Onimus disait qu’il ne pouvait se passer « d’Orphée, d’Eve, de Jacob, des Sodomites, de Babel… »
C’est Pierre Jean Jouve (1887-1976) qui le guida dans ses débuts poétiques (Le tombeau d’Orphée)
Homme de lettres, enseignant, journaliste (Temps chrétien), il entra en résistance dont il fut le poète. Elu à l’Académie française en 1968 au fauteuil du maréchal Juin, Pierre Emmnanuel mit en place un Conseil de développement culturel. Il publiera, en 1971, Pour une politique de la culture qui inspirera le futur ministère de Jack Lang.
Son œuvre, notamment, poétique l’amène à retracer de façon symbolique l’épopée tragique du genre humain ( Babel en 1951, Jacob en 1970) à l’instar d’un Victor Hugo ou d’un Aggripa d’Aubigné.
Ecce Ancilla (Voici la servante) est extrait de son recueil, Tu :
« Ecce Ancilla¹
L’âme du monde empreint ce visage rieur
La sagesse éternelle éclaire un front sans ride
L’expérience de l’insondable douleur
Est dans ces yeux tel un point d’or dans le ciel vide
Cette virginité qui fait de chaque instant
Pour la somme des temps l’instant de l’Origine
Recueille un Orient immensément latent
De l’Un sans ombre au Tout que le nombre illumine
Le Oui de la servante au seuil de la maison
Répond au Toi qui entre toutes la désigne
Et syllabe scellant un parfait abandon
Inscrit l’orbe sans bords dans son œuf qui l’assigne
L’enfant qui nous naîtra de ce ventre auroral
Est de toujours l’Instaurateur de toute chose
Je cosmique dont le commencement royal
Est accompli dans le silence de la rose. »
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Note :
1-Pierre Emmanuel, Tu, Paris, Edition du Seuil, 1978
C’est Pierre Jean Jouve (1887-1976) qui le guida dans ses débuts poétiques (Le tombeau d’Orphée)
Homme de lettres, enseignant, journaliste (Temps chrétien), il entra en résistance dont il fut le poète. Elu à l’Académie française en 1968 au fauteuil du maréchal Juin, Pierre Emmnanuel mit en place un Conseil de développement culturel. Il publiera, en 1971, Pour une politique de la culture qui inspirera le futur ministère de Jack Lang.
Son œuvre, notamment, poétique l’amène à retracer de façon symbolique l’épopée tragique du genre humain ( Babel en 1951, Jacob en 1970) à l’instar d’un Victor Hugo ou d’un Aggripa d’Aubigné.
Ecce Ancilla (Voici la servante) est extrait de son recueil, Tu :
« Ecce Ancilla¹
L’âme du monde empreint ce visage rieur
La sagesse éternelle éclaire un front sans ride
L’expérience de l’insondable douleur
Est dans ces yeux tel un point d’or dans le ciel vide
Cette virginité qui fait de chaque instant
Pour la somme des temps l’instant de l’Origine
Recueille un Orient immensément latent
De l’Un sans ombre au Tout que le nombre illumine
Le Oui de la servante au seuil de la maison
Répond au Toi qui entre toutes la désigne
Et syllabe scellant un parfait abandon
Inscrit l’orbe sans bords dans son œuf qui l’assigne
L’enfant qui nous naîtra de ce ventre auroral
Est de toujours l’Instaurateur de toute chose
Je cosmique dont le commencement royal
Est accompli dans le silence de la rose. »
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Note :
1-Pierre Emmanuel, Tu, Paris, Edition du Seuil, 1978
Libellés :
Poésies
lundi 16 mars 2009
Edito : AIG et les banques se marrent : les contribuables sont des vaches laitières ! N°416 - 2eme année
Belle bombe lancée par l’assureur américain AIG qui a dévoilé l’utilisation faite des 93 milliards de dollars reçus du Congrès ; les banques, notamment françaises emportent le gros lot : la Société Générale (11,9 milliards), la BNP (4,9 milliards), Caylon -Crédit Agricole (2,3 milliards)
Autre bombe larguée par l’assureur numéro 1 mondial, le versement de 450 millions de dollars de bonus aux dirigeants de sa structure basée à Londres : ceux-là mêmes à l’origine de la quasi-faillite de leur entreprise !
Le contribuable américain déjà saigné aux quatre veines, ne manquera pas de réagir. Les républicains profiteront de l’occasion pour monter au créneau oubliant, que le plan de sauvetage date de la fin du mandat de Georges Bush.
Le secrétaire d’Etat au Trésor et les conseillers de la Maison Blanche lèveront les bras au ciel et diront leurs mécontentements contre de tels faits, nul ne les croira !
Que va-t-il se passer ? Rien. La bourse applaudit : le cours d’AIG flambe de 18%.
Les banques françaises étaient donc sur un volcan…si AIG n’avait pas retourné lesdits milliards. Le plan d’aide apporté par l’Etat (contre remboursement) aux banques aurait-il suffi à les sauver ? Bref, c’est Anne Roumanoff qui a raison de dire « On ne nous dit pas tout » !
Le marché est, si l’on ose dire, assuré que le risque systémique est écarté…oui mais pour combien de temps ? Une autre bombe ou bulle arrive à maturité, celle des cartes de crédit (à ne pas confondre avec nos cartes de paiement : Visa, Mastercard…etc) où les banquiers auront une responsabilité totale. Combien de centaines de milliards de dollars supplémentaires faudra-t-il ?
Marc Fiorentino (une excellente vigie) dans sa « Chronique du contrarian » publiée dans La Tribune notait, quelques semaines plus tôt, que les banques et les fonds d’investissement recommençaient discrètement à spéculer comme avant la crise dite des « subprimes » ! Tout continue, rien ne change, les pratiques les plus néfastes ne sont pas corrigées et la planche à billets tourne à plein régime !
On occupe l’opinion publique par une campagne autour de l’assouplissement du secret bancaire dans différents états européens et de la dénonciation des paradis fiscaux existants dans l’espace Atlantique. Où est le gag ? On omet de s’intéresser aux nouveaux paradis fiscaux et pays du secret bancaire qui naissent et prospèrent ….en Asie, Singapour par exemple.
Aujourd’hui, c’est jour de danse boursière, le contribuable a encore fourni lait…..
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Note :
Marc Fiorentino : Un trader ne meurt jamais, Paris, Robert Laffont, 2009
Autre bombe larguée par l’assureur numéro 1 mondial, le versement de 450 millions de dollars de bonus aux dirigeants de sa structure basée à Londres : ceux-là mêmes à l’origine de la quasi-faillite de leur entreprise !
Le contribuable américain déjà saigné aux quatre veines, ne manquera pas de réagir. Les républicains profiteront de l’occasion pour monter au créneau oubliant, que le plan de sauvetage date de la fin du mandat de Georges Bush.
Le secrétaire d’Etat au Trésor et les conseillers de la Maison Blanche lèveront les bras au ciel et diront leurs mécontentements contre de tels faits, nul ne les croira !
Que va-t-il se passer ? Rien. La bourse applaudit : le cours d’AIG flambe de 18%.
Les banques françaises étaient donc sur un volcan…si AIG n’avait pas retourné lesdits milliards. Le plan d’aide apporté par l’Etat (contre remboursement) aux banques aurait-il suffi à les sauver ? Bref, c’est Anne Roumanoff qui a raison de dire « On ne nous dit pas tout » !
Le marché est, si l’on ose dire, assuré que le risque systémique est écarté…oui mais pour combien de temps ? Une autre bombe ou bulle arrive à maturité, celle des cartes de crédit (à ne pas confondre avec nos cartes de paiement : Visa, Mastercard…etc) où les banquiers auront une responsabilité totale. Combien de centaines de milliards de dollars supplémentaires faudra-t-il ?
Marc Fiorentino (une excellente vigie) dans sa « Chronique du contrarian » publiée dans La Tribune notait, quelques semaines plus tôt, que les banques et les fonds d’investissement recommençaient discrètement à spéculer comme avant la crise dite des « subprimes » ! Tout continue, rien ne change, les pratiques les plus néfastes ne sont pas corrigées et la planche à billets tourne à plein régime !
On occupe l’opinion publique par une campagne autour de l’assouplissement du secret bancaire dans différents états européens et de la dénonciation des paradis fiscaux existants dans l’espace Atlantique. Où est le gag ? On omet de s’intéresser aux nouveaux paradis fiscaux et pays du secret bancaire qui naissent et prospèrent ….en Asie, Singapour par exemple.
Aujourd’hui, c’est jour de danse boursière, le contribuable a encore fourni lait…..
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Note :
Marc Fiorentino : Un trader ne meurt jamais, Paris, Robert Laffont, 2009
vendredi 13 mars 2009
Etats-Unis : « Le jour d’après » : dislocation, guerre civile, fin du dollar…etc N°415 - 2eme année
Dans le film « Le jour d’après », les Etats-Unis subissaient une catastrophe climatique. Le vice-président (le Président étant mort) demandait au Mexique d’ouvrir sa frontière pour permettre aux Américains de s’y réfugier !
Depuis le mois de novembre 2008, le professeur Igor Panarine (ex-KGB), recteur de l’Académie diplomatique au sein du ministère russe des Affaires Etrangères se fait le météorologiste géopolitique avec un œil rivé sur les Etats-Unis.
Que nous promet-il ? Nous avons le choix entre une guerre civile, un éclatement des Etats-Unis, la disparition du dollar remplacé par l’Amero (des blogs américains évoquaient ce bouleversement monétaire dés l’automne dernier) Et quand ? Pas dans dix ans ou cinq ans, à l’automne 2010 !
De son côté, Dimitri Orlov, un russe naturalisé américain, décrit les cinq étapes de l’effondrement complet du système économique et financier à l’échelle planétaire ce qui inclut donc les Etats-Unis.
Pensez-vous un seul instant que ces auteurs sont diabolisés ou moqués ? Pas du tout, les agences de presse et certains médias relaient leurs propos. Les autorités américaines ne réagissent qu’avec une extrême pondération. Les deux hommes n’ont rien de folkloriques, ils sont sérieux ! Nicolas Sarkozy les consultera-t-il ? Peut-être pas, il ne se trompe jamais comme le rapporte un Alain Juppé estomaqué !
L’incertitude du monde a toujours favorisé les prévisions les plus catastrophiques et les interrogations les plus diverses. Aujourd’hui, ne ressent-on pas à travers le monde, la tentation de l'éclatement des grands ensembles constitués ?
Nous commençons à entrevoir le début des bouleversements en chaîne qu’induisent la mondialisation et le rôle du dollar, une monnaie nationale entre les mains de la FED (société privée) à laquelle les principales puissances depuis 1945 et surtout 1971(fin de la convertibilité du dollar en or) ont reconnu son crédit total.
Le Président Obama hérite d’une situation calamiteuse sur tous les plans. Partout la nouvelle équipe gouvernementale cherche à redresser la situation intérieure et travaille à susciter de nouveaux partenariats (Russie, Chine, Inde…etc) pour garder son rang de principale puissance. Mais voilà, « Les Etats-Unis ne sont plus la locomotive du commerce mondial. Problème: il n'y a pas de remplaçant », affirment les analystes d'Aurel ETC Pollak. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao a dit son impatience à recevoir des réponses concrètes pour garantir les « sommes importantes » prêtées par son pays !
Les Echos écrivaient ce matin, que les Américains, eux-mêmes, doutaient de l’efficacité de leur propre plan de relance ! Le G20 s’annonce particulièrement agité et sans doute décevant par les rivalités ou désordres qui apparaîtront ! Les européens critiquent, déjà, le plan américain alors que la France s’abaisse à rentrer en « Otanie ». Cherchez la logique, d’un côté dissonances sur le plan économique, de l’autre allégeance militaire !
Cet affaissement américain accélèrerait dans un premier temps le désordre du monde, augurant d’une période instable et troublée avant que n’émergent des puissances continentales capables de redonner un équilibre à la planète terre.
Pour l’heure, les Etats-Unis sont menacés tout le long de la frontière avec le Mexique (Rio Grande) par une guérilla menée par les cartels de la drogue (Voir le film Traffic). Le Pentagone pense qu’il faudrait mobiliser entre 200 000 et 300 000 soldats (garde nationale et US Army) pour lutter contre ces seigneurs de la guerre qui disposeraient de quelques 130 000 hommes. L’état de Californie, en quasi-cessation de paiement, ajoute une faiblesse supplémentaire dont les cartels mexicains useront sans sourciller. Le gouverneur Arnold Schwarzenegger redeviendra-t-il Terminator ou bien patron d’un narco-état ? Hollywood déménagera-t-elle à Bollywood ?
Sur le plan social, la Maison Blanche recule véritablement sur une mesure phare du candidat Obama, la réforme du système de santé. La confiance s’effondre par pans entiers. Assistera-t-on à une révolte ? C’est possible. Les ventes d’armes ont explosé depuis l’élection présidentielle ainsi que le nombre de groupes extrémistes. Les républicains se mettent en ordre de bataille sans oublier certains démocrates proches des néo-conservateurs.
Le climat général est mauvais. Mais les scenarii dramatiques ne sont pas réservés aux seuls Etats-Unis, ils nous concernent tous, ils nous affecteront tous à des degrés divers. Une implosion américaine engendrerait à court terme celle de l’Union européenne.
Les analyses prévisionnelles de Dimitry Orlov et d’Igor Panarine, au lieu de nous traumatiser doivent, au contraire, nous conduire à être chacun d’entre nous des architectes-citoyens du monde qui s’annonce !
Depuis le mois de novembre 2008, le professeur Igor Panarine (ex-KGB), recteur de l’Académie diplomatique au sein du ministère russe des Affaires Etrangères se fait le météorologiste géopolitique avec un œil rivé sur les Etats-Unis.
Que nous promet-il ? Nous avons le choix entre une guerre civile, un éclatement des Etats-Unis, la disparition du dollar remplacé par l’Amero (des blogs américains évoquaient ce bouleversement monétaire dés l’automne dernier) Et quand ? Pas dans dix ans ou cinq ans, à l’automne 2010 !
De son côté, Dimitri Orlov, un russe naturalisé américain, décrit les cinq étapes de l’effondrement complet du système économique et financier à l’échelle planétaire ce qui inclut donc les Etats-Unis.
Pensez-vous un seul instant que ces auteurs sont diabolisés ou moqués ? Pas du tout, les agences de presse et certains médias relaient leurs propos. Les autorités américaines ne réagissent qu’avec une extrême pondération. Les deux hommes n’ont rien de folkloriques, ils sont sérieux ! Nicolas Sarkozy les consultera-t-il ? Peut-être pas, il ne se trompe jamais comme le rapporte un Alain Juppé estomaqué !
L’incertitude du monde a toujours favorisé les prévisions les plus catastrophiques et les interrogations les plus diverses. Aujourd’hui, ne ressent-on pas à travers le monde, la tentation de l'éclatement des grands ensembles constitués ?
Nous commençons à entrevoir le début des bouleversements en chaîne qu’induisent la mondialisation et le rôle du dollar, une monnaie nationale entre les mains de la FED (société privée) à laquelle les principales puissances depuis 1945 et surtout 1971(fin de la convertibilité du dollar en or) ont reconnu son crédit total.
Le Président Obama hérite d’une situation calamiteuse sur tous les plans. Partout la nouvelle équipe gouvernementale cherche à redresser la situation intérieure et travaille à susciter de nouveaux partenariats (Russie, Chine, Inde…etc) pour garder son rang de principale puissance. Mais voilà, « Les Etats-Unis ne sont plus la locomotive du commerce mondial. Problème: il n'y a pas de remplaçant », affirment les analystes d'Aurel ETC Pollak. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao a dit son impatience à recevoir des réponses concrètes pour garantir les « sommes importantes » prêtées par son pays !
Les Echos écrivaient ce matin, que les Américains, eux-mêmes, doutaient de l’efficacité de leur propre plan de relance ! Le G20 s’annonce particulièrement agité et sans doute décevant par les rivalités ou désordres qui apparaîtront ! Les européens critiquent, déjà, le plan américain alors que la France s’abaisse à rentrer en « Otanie ». Cherchez la logique, d’un côté dissonances sur le plan économique, de l’autre allégeance militaire !
Cet affaissement américain accélèrerait dans un premier temps le désordre du monde, augurant d’une période instable et troublée avant que n’émergent des puissances continentales capables de redonner un équilibre à la planète terre.
Pour l’heure, les Etats-Unis sont menacés tout le long de la frontière avec le Mexique (Rio Grande) par une guérilla menée par les cartels de la drogue (Voir le film Traffic). Le Pentagone pense qu’il faudrait mobiliser entre 200 000 et 300 000 soldats (garde nationale et US Army) pour lutter contre ces seigneurs de la guerre qui disposeraient de quelques 130 000 hommes. L’état de Californie, en quasi-cessation de paiement, ajoute une faiblesse supplémentaire dont les cartels mexicains useront sans sourciller. Le gouverneur Arnold Schwarzenegger redeviendra-t-il Terminator ou bien patron d’un narco-état ? Hollywood déménagera-t-elle à Bollywood ?
Sur le plan social, la Maison Blanche recule véritablement sur une mesure phare du candidat Obama, la réforme du système de santé. La confiance s’effondre par pans entiers. Assistera-t-on à une révolte ? C’est possible. Les ventes d’armes ont explosé depuis l’élection présidentielle ainsi que le nombre de groupes extrémistes. Les républicains se mettent en ordre de bataille sans oublier certains démocrates proches des néo-conservateurs.
Le climat général est mauvais. Mais les scenarii dramatiques ne sont pas réservés aux seuls Etats-Unis, ils nous concernent tous, ils nous affecteront tous à des degrés divers. Une implosion américaine engendrerait à court terme celle de l’Union européenne.
Les analyses prévisionnelles de Dimitry Orlov et d’Igor Panarine, au lieu de nous traumatiser doivent, au contraire, nous conduire à être chacun d’entre nous des architectes-citoyens du monde qui s’annonce !
(Seriatim reviendra sur les événements qui interviennent autour du Rio Grande)
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Films :
Le jour d’après de Roland Emmerich (2004)
Traffic de Steven Soderbergh (2000) : A recommander !!
Notes :
Voir les trois articles de Philippe Grasset dans Dedefensa.org :
1-http://www.dedefensa.org/article-les_tambours_de_la_bataille_13_03_2009.html
2-http://www.dedefensa.org/article-la_fin_de_l_american_dream_et_l_imagination_un_peu_courte_05_03_2009.html
3- http://www.dedefensa.org/article-_et_l_option_de_l_eclatement_26_11_2008.html
Lire également :
Marie Jégo Lettre de Russie : « Les Etats-Unis n’en ont plus pour longtemps » in Le Monde, 13/03/09
Site en Français de Dimitry Orlov :
http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/les_cinq_stades_de_l_effondrement.html
In Seriatim : G20, Europe
1 : G20
http://www.seriatimonline.com/2008/11/g20-dbut-du-monde-multipolaire.html
http://www.seriatimonline.com/2008/10/g20-caravansrail-washington-le-15.html
http://www.seriatimonline.com/2008/09/ordre-montaire-une-page-se-tourne.html
2-Europe/OTAN/Géopolitique
http://www.seriatimonline.com/2008/12/les-europens-dans-et-hors-lotan-et.html
http://www.seriatimonline.com/2008/05/lunion-europenne-entre-le-potomac-et-le.html
http://www.seriatimonline.com/2008/05/france-dfense-europenne-et-leurope.html
http://www.seriatimonline.com/2008/07/medvedev-parle-aux-paneuropens.html
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Films :
Le jour d’après de Roland Emmerich (2004)
Traffic de Steven Soderbergh (2000) : A recommander !!
Notes :
Voir les trois articles de Philippe Grasset dans Dedefensa.org :
1-http://www.dedefensa.org/article-les_tambours_de_la_bataille_13_03_2009.html
2-http://www.dedefensa.org/article-la_fin_de_l_american_dream_et_l_imagination_un_peu_courte_05_03_2009.html
3- http://www.dedefensa.org/article-_et_l_option_de_l_eclatement_26_11_2008.html
Lire également :
Marie Jégo Lettre de Russie : « Les Etats-Unis n’en ont plus pour longtemps » in Le Monde, 13/03/09
Site en Français de Dimitry Orlov :
http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/les_cinq_stades_de_l_effondrement.html
In Seriatim : G20, Europe
1 : G20
http://www.seriatimonline.com/2008/11/g20-dbut-du-monde-multipolaire.html
http://www.seriatimonline.com/2008/10/g20-caravansrail-washington-le-15.html
http://www.seriatimonline.com/2008/09/ordre-montaire-une-page-se-tourne.html
2-Europe/OTAN/Géopolitique
http://www.seriatimonline.com/2008/12/les-europens-dans-et-hors-lotan-et.html
http://www.seriatimonline.com/2008/05/lunion-europenne-entre-le-potomac-et-le.html
http://www.seriatimonline.com/2008/05/france-dfense-europenne-et-leurope.html
http://www.seriatimonline.com/2008/07/medvedev-parle-aux-paneuropens.html
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jeudi 12 mars 2009
France : tyrannie en vue….. N°414 - 2eme année
Le conseiller d’Etat, Olivier Fouquet président de la commission de déontologie, a dit lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, que lui et tous les « déontologues » avaient failli démissionner au lendemain de l’affaire Pérol ! Le verbe « faillir » est le mot clef. On bouillonne, on fulmine mais on ferme sa gueule et on repart la queue basse ! Bienvenue chez les eunuques !
Chaque catégorie professionnelle ainsi qu’une foule de Français auraient toutes les raisons du monde pour descendre et occuper les rues, mais nul ne l’ose : le Rubicon intimide alors que sur la rive opposée, Nicolas Sarkozy claque des dents et il a si peur qu’il ne peut se déplacer sans une véritable armée policière, ses prétoriens.
Pourquoi les Français n’osent-ils pas ? Les Guadeloupéens et les Martiniquais n’ont à aucun moment songé à présenter un front uni depuis le début de leurs revendications. Pas davantage, il ne viendrait à l’idée des Antillais de soutenir les Réunionnais et vice-versa. Idem pour les Français de métropole. Tout est divisé !
Il est vraiment étonnant de noter combien les citoyens sont prisonniers de leur petite personne à peine capables de manifester entourés de syndicats plus préoccupés de veiller au maintien de l’ordre qu’à monter en puissance face à l’actuel président de la République. Les manifestations le 29 janvier dernier ont été importantes mais sans le souffle fédérateur : comment seront celles du 19 mars ? Les partis politiques de l’opposition sont dans un état pitoyable et ne sont pas audibles pour les Français. Qui comprend le NPA ex-LCR , la stratégie du PS, les circonvolutions du Modem ? Personne !
Qu’est-ce qui fait que le Président ose tout ? Il a une revanche à prendre sur son passé et une certaine haine des autres. Le chef de l’Etat n’a aucun projet pensé pour l’avenir de la France à l’inverse, il a plein d’initiatives pour tout ce qui le place au-devant de la scène. En deux ans, il a concentré entre ses mains un pouvoir inouï, il a agi avec intelligence et cynisme contre l’élite administrative– qu’il n’aime pas - en la soumettant brutalement. Il procède de même avec tous les autres corps qui ont le malheur de n’être pas sur sa longueur d’onde.
Le gouvernement démocratique suppose une démarche collégiale à défaut d’être collective. Aujourd’hui, nous sommes face à un élu qui démolit la fonction présidentielle en la désacralisant et en la détournant à son seul profit. Il fait mine de concéder, de réformer dans le sens d’une démocratie renouvelée mais il n’en n’est rien.
Prenons, parmi tant d’autres faits, le cas du député Pierre Lellouche nommé représentant spécial pour la France en Afghanistan et au Pakistan : ne devient-il pas membre du gouvernement pendant cette mission ? Ne devrait-il pas laisser son siège de député à son suppléant ? Silence de l’Assemblée.
Le retour de la France dans l’OTAN est encore plus exemplaire : le gouvernement promet d’engager sa responsabilité le 17 mars et dés le 11 mars, le Président de la République, par un discours devant les officiers réunis dans l’enceinte de l’Ecole militaire, enterre le débat. Où est la démocratie ?
L’incapacité des citoyens à s’unir au-delà des seuls corporatismes est un fait qui s’ajoute à celui des partis abscons dans les assemblées. Le vide intellectuel est encore plus grave : il n’y a plus de relais pensé, réfléchi et continu à l’intérieur de la cité. Nous avons seulement des savants techniciens. Les élites universitaires ne prétendent plus au rayonnement : où sont leurs philosophies ? C’est dommage : les universités depuis celle de Constantinople (849 APJC) ont été pendant des siècles des foyers redoutés au lieu et place des écoles des philosophes grecs.
Le climat général est délétère parce que nous sentons l’avènement d’une tyrannie qui prendrait les masques de la démocratie.
Les Français l’anticipent dans le brouillard le plus complet et Nicolas Sarkozy, lui-même, pourrait s’en effrayer dans un [rare] moment de lucidité.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Sources :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/12/affaire-perol-la-commission-de-deontologie-a-ete-tout-pres-de-demissionner-collectivement_1166953_823448.html
Chaque catégorie professionnelle ainsi qu’une foule de Français auraient toutes les raisons du monde pour descendre et occuper les rues, mais nul ne l’ose : le Rubicon intimide alors que sur la rive opposée, Nicolas Sarkozy claque des dents et il a si peur qu’il ne peut se déplacer sans une véritable armée policière, ses prétoriens.
Pourquoi les Français n’osent-ils pas ? Les Guadeloupéens et les Martiniquais n’ont à aucun moment songé à présenter un front uni depuis le début de leurs revendications. Pas davantage, il ne viendrait à l’idée des Antillais de soutenir les Réunionnais et vice-versa. Idem pour les Français de métropole. Tout est divisé !
Il est vraiment étonnant de noter combien les citoyens sont prisonniers de leur petite personne à peine capables de manifester entourés de syndicats plus préoccupés de veiller au maintien de l’ordre qu’à monter en puissance face à l’actuel président de la République. Les manifestations le 29 janvier dernier ont été importantes mais sans le souffle fédérateur : comment seront celles du 19 mars ? Les partis politiques de l’opposition sont dans un état pitoyable et ne sont pas audibles pour les Français. Qui comprend le NPA ex-LCR , la stratégie du PS, les circonvolutions du Modem ? Personne !
Qu’est-ce qui fait que le Président ose tout ? Il a une revanche à prendre sur son passé et une certaine haine des autres. Le chef de l’Etat n’a aucun projet pensé pour l’avenir de la France à l’inverse, il a plein d’initiatives pour tout ce qui le place au-devant de la scène. En deux ans, il a concentré entre ses mains un pouvoir inouï, il a agi avec intelligence et cynisme contre l’élite administrative– qu’il n’aime pas - en la soumettant brutalement. Il procède de même avec tous les autres corps qui ont le malheur de n’être pas sur sa longueur d’onde.
Le gouvernement démocratique suppose une démarche collégiale à défaut d’être collective. Aujourd’hui, nous sommes face à un élu qui démolit la fonction présidentielle en la désacralisant et en la détournant à son seul profit. Il fait mine de concéder, de réformer dans le sens d’une démocratie renouvelée mais il n’en n’est rien.
Prenons, parmi tant d’autres faits, le cas du député Pierre Lellouche nommé représentant spécial pour la France en Afghanistan et au Pakistan : ne devient-il pas membre du gouvernement pendant cette mission ? Ne devrait-il pas laisser son siège de député à son suppléant ? Silence de l’Assemblée.
Le retour de la France dans l’OTAN est encore plus exemplaire : le gouvernement promet d’engager sa responsabilité le 17 mars et dés le 11 mars, le Président de la République, par un discours devant les officiers réunis dans l’enceinte de l’Ecole militaire, enterre le débat. Où est la démocratie ?
L’incapacité des citoyens à s’unir au-delà des seuls corporatismes est un fait qui s’ajoute à celui des partis abscons dans les assemblées. Le vide intellectuel est encore plus grave : il n’y a plus de relais pensé, réfléchi et continu à l’intérieur de la cité. Nous avons seulement des savants techniciens. Les élites universitaires ne prétendent plus au rayonnement : où sont leurs philosophies ? C’est dommage : les universités depuis celle de Constantinople (849 APJC) ont été pendant des siècles des foyers redoutés au lieu et place des écoles des philosophes grecs.
Le climat général est délétère parce que nous sentons l’avènement d’une tyrannie qui prendrait les masques de la démocratie.
Les Français l’anticipent dans le brouillard le plus complet et Nicolas Sarkozy, lui-même, pourrait s’en effrayer dans un [rare] moment de lucidité.
Jean Vinatier
©SERIATIM 2009
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Sources :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/12/affaire-perol-la-commission-de-deontologie-a-ete-tout-pres-de-demissionner-collectivement_1166953_823448.html
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mercredi 11 mars 2009
Prochain Seriatim jeudi 12 N°413 - 2eme année
Mon dos se débloque...je peux donc écrire à nouveau!!!!
Jean Vinatier
Jean Vinatier
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