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mercredi 13 février 2008

USA, les élections singulières, II N°139 - 1ere année

Rien n’est encore joué ! Le nombre des candidats dans les deux camps diminue logiquement et la campagne gagne en intensité. Du côté démocrate, la compétition Clinton/Obama ne ralentit pas ; du côté républicain, la lutte McCain/Huckabee promet aussi quelques surprises.
Il est exact que nous nous trouvons devant l’habituelle procédure du parti unique avec ses deux branches, l’omniprésence de l’argent, ses candidats différents et adversaires par leurs ambitions mais proches par leurs programmes, lesquels restent dans les normes autorisées, du système en cours. Mais au-delà ?
Ne se déroule-t-il pas quelque chose d’inhabituel dans le cours de cette campagne présidentielle ? Le système ne se trouve-t-il pas confronté à des situations imprévues où il ne contrôle plus tout à fait l’ensemble des choses ? En un mot, le système américain peut-il imploser comme implosa, par exemple, l’URSS ?
L’accélération de la division politique de la société américaine consécutive à une présidence Bush qui a radicalisé cette société dans tous les sens, n’est-elle pas en train de s’inscrire dans le processus électoral ? Jusqu’à présent le consensus était la norme. Chaque jour qui passe n’accentue-t-il pas la probabilité que le (la) Président(e) qui sortira de cette bagarre sera un(e) élu(e) à la légitimité faible, et qui portera ce poids dès sa prestation de serment ?
Et l’événement formidable ne tiendrait-il pas, justement, dans ceci que le nouveau chef de l’Etat loin de rompre avec son prédécesseur le continuerait avec toutes les conséquences aggravantes ? Le système politique au lieu de retrouver son assise, son équilibre se déferait davantage . On voit bien dans cette campagne, qui n’est pas encore à mi-chemin, la montée, en quelque sorte, vers les extrêmes. A l’intérieur des deux partis, les discours de rassemblement se font ou se dirigent vers une radicalisation. Les candidats s’y contraignent par une surenchère sous la pression des électeurs.
Les joutes entre Hillary et Barak Obama sont assez symptomatiques. Elles le sont aussi du côté républicain entre McCain et Huckabee. Nous ne sommes plus dans le combat politique ordinaire et classique. L’idéologie –si l’on peut employer ce terme- néo-conservatrice, a pénétré en profondeur toute la société politique. Et ce néo-conservatisme tirant, en partie, sa substance « historique » du parti agrairien, nostalgique du Sud, il fait remonter avec une force puissante toutes les singularités américaines dans lesquelles les religions pratiquées retrouvent une soudaine vigueur. A cette observation, on ajoute, immédiatement, que l’importante question posée par Huntington , Who are we ? s’agrége dans tous les détails des discours de cette campagne. Les hispaniques, les indiens, les asiatiques mais aussi les noirs, les blancs sont dans une évolution qui les conduisent vers une révolte contre les fondamentaux du système politique institué en 1776.
Les huit années de la présidence Bush auront-elles été une tentative désespérée pour maintenir le système en place ou bien seulement l’accélération inévitable de sa déconstruction ? Voilà ce que l’on se risque à observer , aujourd’hui, depuis la France toute aussi interrogative.

©Jean Vinatier 2008
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Liens:

http://seriatim1.blogspot.com/2008/01/usa-les-lections-singulires.html

Roland Hureaux, un portrait autour de Barak Obama :
http://www.marianne2.fr/Obama,-un-blanc-deguise-en-noir_a83684.html?PHPSESSID=69e6065de199642a2524958c6134999d

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