Info

Nouvelle adresse Seriatim
http://www.seriatim.fr

samedi 16 mai 2015

« Irak : des erreurs à répétition ? L’exemple de la province d’al-Anbar par Sébastien Carlard » N°3125 9e année



« Les interventions occidentales dans le Moyen-Orient [1] semblent de plus en plus avoir pour objectif de réparer les situations nées d’interventions précédentes. En Irak, un véritable cycle semble s’être mis en place. Dans les années 1980, l’Occident soutient Saddam Hussein face à l’Iran révolutionnaire. En 1991, une coalition internationale menée par Washington doit le chasser du Koweït, envahi dans le but de renflouer les caisses de l’Etat irakien, vidées par l’effort de guerre. Puis l’embargo entend l’affaiblir et le forcer à abandonner les armes chimiques et biologiques alors que la répression qu’il mène contre les soulèvements chiites et kurdes fait des dizaines de milliers de morts. La guerre lancée en 2003 intervient dans un contexte particulier : celui du choc dans lequel se trouve l’Amérique à la suite du onze septembre 2001, et celui d’une administration néoconservatrice particulièrement interventionniste, affairiste et très liée au complexe militaro-industriel.

Il n’en demeure pas moins vrai que de nombreux Irakiens ont accueilli les Américains en libérateurs. Parmi les autres, plus circonspects, peu ont pleuré la chute de Saddam Hussein, même parmi les sunnites qui ont eux aussi été les victimes de son gouvernement. Dès lors, on peut se demander si l’erreur fondamentale de Washington, au delà du choix lui-même de l’intervention militaire, n’a pas été la façon dont celle-ci a été menée. Plus précisément, à quelles erreurs doit-on ce qui semble être une nécessité d’intervenir de nouveau en Irak, dans le but cette fois-ci de contenir l’expansion rapide de l’Etat islamique dans l’Ouest du pays ? Depuis juin 2014, les Etats-Unis dirigent la coalition internationale engagée à cet effet répondant à l’invitation du Premier ministre irakien. La France est associée à cette coalition à travers son opération Chammal, lancée en septembre 2014.
L’analyse de la situation de la province d’al-Anbar, de 2003 à aujourd’hui, est exemplaire des erreurs commises durant les interventions successives, dont les conséquences entraînent, dans un cercle vicieux, une nouvelle intervention.
[…]
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
SERIATIM 2015

Aucun commentaire: