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vendredi 17 mai 2019

Macron/Europe : De Jupiter à Gribouille N°4572 13e année


Napoléon Bonaparte passa, en quelques années, de « l’Europe c’est moi » aux combats aux barrières de Paris en 1814. Emmanuel Macron se situe dans cette accélération du rétrécissement du champ de bataille : des grands projets et autres tracés, il ne reste que des poussières. Même le plus fervent de ses soutiens ne trouverait pas un élément solide en 2019 hormis des postures, des communications, des discours longs et sinueux. Échouant à fédérer des partis « progressistes » contre la « lèpre », il n’hésite plus aujourd’hui à serrer la main de Matteo Salvini au Clos-Lucé dans un manoir transformé en Disnay Vinci (Léonardo de) et éclipse, son propre choix, Nathalie Loiseau sur les affiches de campagne.
Le successeur de François Hollande, Emmanuel Macron, s’engagerait donc dans la campagne électorale pour les européennes  quittant la fonction présidentielle, celle d’être au service de tous les Français pour n’épouser qu’un parti ? Est-ce logique ? De la part d’un homme qui ne se meut que porté par une communication incessante et touffue, follement capable de pérorer pendant des heures et des heures comme il le fit lors des « Grands débats » de comédie pour contrer l’impact des Gilets jaunes, son choix ne surprend pas mais il apparait comme un aveu d’échec.
Les déclarations du Premier ministre, Édouard Philippe, qui assure que le gouvernement ne changera pas de cap après le 26 mai indiqueraient que l’exécutif  entérinerait sa défaite. C’était pourtant la grande bataille d’Emmanuel Macron, celle qui ne pouvait pas être perdue ! En deux années de mandat, le Président aura épuisé les bonnes volontés, son comportement, ses propos assassins, sa morgue le plaçant dans une impopularité jamais atteinte par un Chef de l’État. Les opulents conjurés qui financèrent sa mise sur orbite pour contrer le double effet Brexit/Trump doivent bien constater que le vent n’est plus favorable au mondialisme et que la mondialisation ne se passera pas de sitôt des frontières. Pour eux dans la formidable reconfiguration géopolitique mondiale en cours, Emmanuel Macron n’est plus un atout mais un handicap.
 Le mauvais climat social illustré par le samedi des Gilets jaunes, piqûre hebdomadaire de rappel, même si leur nombre se réduit, handicape l’exécutif et pourrait favoriser un vote sanction pour des raisons parfois opposées : des pans entiers de l’électorat de François Fillon mais aussi les voix en provenance de la France insoumise, le laissent à penser.
Sur le plan européen Emmanuel Macron bute contre la montée en puissance populiste/souverainiste et la dégradation de ses relations avec la chancelière allemande. On ne compte plus les sujets qui fâchent : Brexit, parlement à Strasbourg, ventes d’armes à l’Arabie Saoudite,  porte-avion supposé commun, au moment même où la France se flatte de partager son siège au Conseil de Sécurité à l’ONU avec Berlin : quelle lisibilité politique présidentielle ? Aucune. Quelle marge de manœuvre vis-à-vis de l’Allemagne ? Plus grand-chose depuis que le Chef de l’Etat s’est fait gloire de devancer par les discours les désirs germaniques….
A quelques jours du vote pour les élections européennes (23 et 26 mai), Emmanuel Macron campe dans un réduit où sa seule arme serait de reproduire le choix du second tour de la présidentielle. On est aux antipodes des débuts du quinquennat  et de ses tracés ambitieux. A bien des égards, Jupiter est aujourd’hui Gribouille.


Jean Vinatier
Seriatim 2019

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