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vendredi 24 avril 2020

Municipales 2020 ou la République sans la démocratie N°4891 14e année


La scénarisation du déconfinement  concernera aussi l’agenda politique. Des dates nombreuses circulent pour indiquer un second tour des municipales 2020, fin juin, à la mi-septembre…etc.

Dans cette période de confinement, les Français ont d’autres soucis en tête qu’un scrutin municipal quand l’exécutif, le Parlement, les chefs de partis n’oublient rien de leurs combinaisons et calculs.
LREM fait porter la responsabilité du maintien du premier tour aux élus de droite dont le Président du Sénat, Gérard Larcher. Cela ne change rien au fait que la décision finale revenait au Président de la République.
Le 12 mars 2020  Emmanuel Macron maintenait le premier tour des élections municipales alors que la France comptait ses premières victimes du coronavirus et recommandait à la partie fragile du corps électoral de rester à la maison. Depuis des élus, des citoyens qui tinrent les bureaux de vote sont décédés.
Le 16 mars, Emmanuel Macron annonçait le report du second tour à une date ultérieure parce que la France était « en guerre » contre un virus. Depuis, entre confinement et gabegie et une péroraison quotidienne avec des versions multiples le « en même temps » atteint des sommets, montre toute sa nocivité et notamment contre la démocratie.
Les élus de l’opposition prétendent que lors de la réunion d’avant le premier tour des municipales, le gouvernement ne leur aurait pas demandé directement s’ils étaient pour ou contre la tenue du scrutin. Dont acte. Mais qu’ont-ils fait depuis ? Où sont leurs déclarations ? Où sont les initiatives pour dénoncer ce premier tour faussé ? Rien. Des incantations. Chacun essaie de se donner bonne conscience tout en comptant ses élus, pour certains âprement gagnés et qu’ils craignent de perdre en cas d’annulation.
L’élection du conseiller municipal qui devient pour certains un maire, est à la racine de la démocratie. Nul élu n’est plus voisin, plus proche du citoyen et vice-versa. Aujourd’hui ce lien ou cette proximité est dénaturé. D’abord par le maintien du premier tour, ensuite par la distance avec le second tour qui n’aura plus aucun rapport avec la campagne municipale d’avant le 15 mars.
Le silence de la classe politique est patent. François Baroin à la tête de l’Association des maires, plaiderait pour un deuxième tour à la mi-septembre. Une date pas anodine car au retour des « vacances », les Français auront d’autres tracas que d’aller placer un bulletin  de vote : abstention record ! Ainsi en deux tours l’un biaisé par le Chef de l’Etat, l’autre par des édiles, la classe politique réussira-t-elle à démolir le scrutin électoral le plus important et donc le plus précieux en France.
Le gouvernement, assuré de la bienveillance du Conseil constitutionnel, a déjà pris des dispositions dans le cadre de la loi d’urgence sanitaire pour qu’on ne puisse l’attaquer par les votes de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Aujourd’hui, l’exécutif essaie de construire un gouvernement d’unité nationale où déjà pointent les nez d’élus Républicains, socialistes, centristes et bientôt écologistes. Verra-t-il le jour ? Pour l’heure mystère. Mais comment des élus peuvent-ils songer à rallier un exécutif qui a tellement failli lors de cette pandémie et qui réduit le scrutin municipal à une palinodie? J’appelle cela une collaboration ou complicité dangereuse ?
Que faut-il faire ?
Actuellement pas loin de 3000 recours individuels sont devant les juges administratifs. Ce nombre considérable a une faiblesse celle du jugement individuel qui, en toute logique, ne sera pas le même pour tous les recours. Le gouvernement faisant la comptabilité des décisions rendues en tirera la conclusion que globalement tout se serait bien déroulé et ainsi arrivera le second tour plus injuste que le premier.
Au recours individuel doit être substitué le recours collectif (class action) pour créer un rapport de force. Un juge n’approchera pas avec le même état d’esprit un recours collectif comptant des centaines ou milliers de signatures qu’un recours individuel. Sa décision positive ou négative aura un impact sans commune mesure et impliquera l’opinion publique, la presse étrangère.
Ce sont les citoyens qui doivent par leurs actions peser sur leurs élus, les partis politiques. Les réseaux sociaux sont une arme à disposition. Les citoyens ont toute latitude pour exercer un pouvoir démocratique légitime.
Les citoyens doivent aussi impliquer les juristes : avocats, professeurs de droit constitutionnel. Ils sont des relais de droit importants et qui par la célébrité de quelques-uns peuvent, aussi, impliquer les opinions publiques, les médias.
A ce jour il faut :
-demander à tous les élus du premier tour de remettre en jeu leur mandat
-d’entreprendre sans relâche les élus, les partis, les avocats et juristes
-de responsabiliser les têtes de partis qui ou se taisent ou caquètent pour la posture
-de pétitionner
De créer, ainsi un rapport de force. Quoi de meilleur que le scrutin municipal pour poser les bases  politiques neuves ?

La démocratie vit parce qu’on la nourrit de notre combat citoyen, la démocratie meurt aussi de notre désintérêt, de nos divisions, de notre décadence.
Une démocratie est entière ou pas
Qu'est-ce qu'une République sans la démocratie?

Pour signer la pétition :

Jean Vinatier
Seriatim 2020

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