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lundi 13 août 2007

Avalanches monétaires de la BCE et de la FED N°8- 1ere année

Les banques centrales mondiales ont injecté jusqu’à ce jour plus de 300 milliards de dollars pour calmer les esprits, rassurer les investisseurs. La BCE est l’institution qui déverse la plus grande quantité monétaire,150 milliards au moins. La FED semble timide et la banque du Japon consent à répandre 5 milliards.
Pourquoi la BCE se précipite-t-elle pour vider son coffre ? Pourquoi les autres institutions, d’Asie par exemple en bougent-elles pas ?
La vertu d’une crise tient dans son identité unique. Doit-on prévaloir l’histoire sur le raisonnement économique dans cette situation ? Je crois que oui parce que les enseignements historiques sont autrement plus assis que les errances des économistes et des fameuses agences de notation officiellement aveuglées par cette course aux mécanismes du crédit.
Jean-Claude Trichet, avocat de l’euro fort et d’une pratique du taux ascendant ou stationnaire par crainte de l’inflation, agit-il en qualité d’européen ou bien en reconnaissance de la suprématie de Wall Street ? En réalité Bernanke et Trichet sont en première ligne de l’incendie qu’ils ont contribué à créer ou si l’on veut qu’ils ont tenu à ne pas réglementer. L’octroi de tout ce crédit combiné au carry trade s’est fait en dollar, en faveur des ménages américains, des seuls fonds de pension dont la montée en puissance aimanta les banques telle la BNP. Le fonctionnement pratiquement à la demande de la planche à dollars a illusionné la maxime selon laquelle la croissance et la consommation ne cessent jamais.
Les marchés peuvent retrouver le calme c’est-à-dire la confiance temporaire et avec une fragilité renforcée si les autorités légitimes ne prennent pas des mesures de surveillance, de contrôle, d’encadrement. A quoi cela sert-il de faire engloutir plus de 300 milliards voir 400 si l’on tolère le mal ? A rien. Ajoutons que l’entrée sur scène de telles quantités d’argent pourraient encourager l’inflation ? Et une inflation avec des octrois de crédit durcis ont des conséquences sur la consommation des ménages. La question de la confiance se pose.Les entreprises,elles-mêmes, auront plus de pénibilité à s’endetter pour investir, conquérir de nouveaux marchés tandis qu’elles feront face, demain, aux exigences des fonds d’investissement en manque de liquidité. Ces derniers voudront davantage de délocalisations, de plan sociaux ; alors que la croissance est là et l’énergie entrepreneuriale intacte. Là aussi s’avance la question de la confiance.
Le moteur de la croissance mondiale relève de plusieurs pays dont la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil. Les réserves en dollars sont gigantesques : Pékin détient mille milliards ! Ces puissances reçoivent chez elles tout le savoir-faire technologique de « l’ouest » ou « Atlantique », pèsent sur la nouvelle cartographie économique de la planète. Ces nations ont la monnaie monde, la technologie entre leurs mains; croit-on, un seul instant que les enseignements tirés de cette crise ne déboucheront pas vers des stratégies plus dynamiques, des tactiques plus habiles ?
Les interventions de la BCE et de la FED au secours d’un système capitaliste présenté comme libéral quoiqu’il exige les aides trébuchantes de ces dernières et in fine des Etats, marqueraient-elles le terme intéressant d’une partie du monde ?

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