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vendredi 17 août 2007

Bal à trois: Bagdad Téhéran Kaboul N°11 - 1ere année

Le vice-président américain catalogue les Gardiens de la Révolution (Perse) comme terroristes. Cette annonce fait applaudir dans le Kentucky à l’opposé de l’indifférence entière dans le nouvel Orient que les chiites et les sunnites formatent. Bagdad, entre les mains des chiites, se rapproche de la Perse via la construction d’un oléoduc tandis que le Président de la République islamique à Kaboul initie une relation avec Amine Karzai.
La Mésopotamie descend vers les enfers : les derniers attentats ont fait des centaines de victimes. Le gouvernement s’applique la méthode coué pour se convaincre de sa solidité. En face, les USA , après avoir conclu des contrats d’armement pour 20 milliards avec Riad , accordent, ce jour, 30 milliards d’aide militaire à Israël. En dehors de repartir les instruments de la terreur, la politique américaine avoue sans précaution tout ce qui fait son expression politique en Orient. La Syrie, elle-même, ne trouve pas la Perse si déplaisante. Et Ankara et Téhéran ne se gênent pas pour frapper les Kurdes ici et là.
Dans ce paysage passablement ensanglanté où le désordre le dispute à la gabegie, l’action diplomatique perse a une once de logique qui répond, de fait, à celle sunnite entreprise depuis l’Arabie saoudite. Si l’axe sunnite ne comprend que des Arabes, celui des chiites englobe aussi les Perses. Le fondamental religieux aurait-il donc le pas ? Cette action validerait-elle l’idée d’une guerre des religions ? En dépit de tout ce qui semblerait accréditer cette opinion, il n’y a aucune guerre de religion mais par le biais de la répartition géographique des chiites et des sunnites, c’est un équilibre qui s’ébauche. La division en trois de la Mésopotamie remet sur le plan historique le rôle assigné au Tigre et à l’Euphrate, une frontière entre le monde arabe et la civilisation perse. Les Ottomans le comprirent bien tout en réussissant à installer des dynasties dont l’une rapporta en 1739 le trône du paon, symbole de la majesté du Grand Moghol. Téhéran convient par réalisme de disposer un plan diplomatique qui la place au centre de ce nouvel Orient. L’accord avec Bagdad est un exemple, la visite en Afghanistan un second avec derrière l’enjeu territorial du Pakistan lequel ne sait plus s’il est indien ou pakistanais. L’Inde, l’Afghanistan, la Perse le mangeraient bien.
Ainsi, suppose-t-on une mise en œuvre importante d’une redisposition de cette partie d’Asie par les acteurs qui s’estiment majeurs. Cette Asie réorganisée sera plus impénétrable qu’auparavant et plus encore étrange à nos yeux. Autre point nullement écarté par la Perse, approcher via sa politique l’Inde et la Chine, deux forces montantes. Pour conclure, nous sommes face à une lente et irrémédiable retour dans l’Histoire.
Le bal à trois annonce des festivités qui ne cesseront pas de nous ébaubir.
Dernier détail, quelle ironie que de voir les fantoches placés par les Américains donner la main à une nation diabolisée par leur protecteur commun!

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