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mercredi 8 août 2007

Chasse-cousin à Bagdad N°4 - 1ere année

Le gouvernement de New Mesopotamia tangue sérieusement : 13 des 37 ministres menacent de partir. Le chef du gouvernement, Nuri Al Maliki, s’y oppose mais tout le monde hausse les épaules. Les sunnites font leurs valises, les chiites avec leur chef Mahdi al-Hafez s’impatientent bruyamment. Détail amusant le leader chiite est l’ancien ambassadeur aux Nations Unis de Saddam Hussein en 1980. Toute cette dispute se déroule dans l’enceinte de la fameuse zone verte où s’agglutine pêle-mêle ambassade US, dignitaires, domestiques, militaires et mercenaires. Pendant ce temps, l’ensemble de la Mésopotamie flambe, les civils tombent sous les tirs, sont les cibles des factions, des forces occupantes. Le nouvel invité dans ce drame, la Turquie, puissance agacée par les agitations kurdes, lancerait facilement une offensive si les Américains ne s’épuisaient pas à les calmer. Mais, l’eau du lac menace de passer par-dessus le barrage. La Perse, elle-même, en bute à ces mêmes kurdes, ne découragerait pas une nouvelle alliance avec Ankara comme sous le Chah Reza Pahlavi.
Le chassé-croisé sunnite/chiite à Bagdad ne risque pas de faiblir tant les personnalités de Maliki et du Président de New Mesopotamia sont de carton pâte !
Georges Bush déjà crispé au récit détaillé dit par son représentant à Kaboul, Karzai lequel ne peut plus masquer le désastre de la situation, verdit à l’écoute des calamiteux rapports en provenance de Bagdad. Le général Petraeus ,commandant en chef, passe plus de nuits à trouver des formules doucereuses pour décrire un navire échoué définitivement, qu’à mettre de l’ordre. La colère américaine grandit encore par les protestations des députés mésopotamiens opposés à la privatisation du pétrole en faveur des compagnies de l’oncle Sam.
Si l’empereur du Potomac sait le moment du retrait de son armée inévitable, il ne doit absolument pas s’empêcher une main-mise sur l’or noir de ce pays. Les députés bidons d’un Etat sans légitimité regimbant de cette manière, devra-t-il les mettre en forteresse ?
Tranquillement la Mésopotamie penche vers les chiites plutôt agrées par Téhéran quand les sunnites regardent vers Riad. Jamais la présence militaire américaine n’a atteint ce nombre : sur terre, sur mer. Au mouvement de chasse-cousin dans la capitale répond le chassé-croisé des régiments, des navires de guerre, des porte-avions. Quel est le sens sur cette terre ? Qui guide ce nouvel Orient ? La Mésopotamie est bien une plaque tectonique géopolitique, les vanités humaines y sont d’une manière ou d’une autre happées.
JV©2007

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