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jeudi 23 août 2007

Puissance cherche QG en Afrique N°16 - 1ere année

Le Pentagone est en quête d'un candidat africain pour installer son commandement régional pour l'Afrique. Actuellement l’AFRICOM est en Europe. Pour aboutir, Washington compte sur l’édition 2007 de Flintlock (fusil à pierre) menée avec les contingents de 13 pays (Mali, Algérie, Tchad, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigeria, Sénégal, Tunisie, Burkina Faso, France, Pays-Bas et Royaume-Uni). Quel est le but ? Sécuriser le Sahel, ce long couloir entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne où des terroristes de tout bord tentent de s'incruster. La Mauritanie organise, déjà, des manœuvres militaires avec les Américains dans la région du Hodh Charghi, dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue et de la surveillance des frontières. Cette région de l’est mauritanien se situe dans la zone dite du triangle de la mort où sévissent des groupes armés parmi lesquels le GSPC, autoproclamé branche Al-Quaïda du Maghreb.
Washington pensait assez justement que le choix d’un QG ne poserait pas de handicap au vu des manœuvres militaires pour « planifier et exécuter les systèmes de commandement, de contrôle et des communications en soutien aux opérations humanitaires, de maintien de la paix et de secours aux désastres dans l'avenir ».
Le Maroc s’est porté candidat. Rabat a soulevé l’ire de ses voisins dont l’Algérie qui s’est fortement prononcée contre une base US sur son sol. L’Ethiopie, alliée complet américain, répond par la négative en qualité de pays accueillant sur son sol le siége de l’OUA.
Le Pentagone tient à trouver un lieu en concordance avec l’idée du nouvel axe appelé Grand nouvel Orient dont le départ se situe précisément sur la partie Atlantique de l’Afrique et l’arrivée en Afghanistan pour éviter de dire la frontière chinoise. Deux buts sont donc poursuivis : montrer à l’opinion internationale que la lutte contre la terreur (ici le terrorisme transsaharien) n’est pas un vain mot, attirer l’attention chinoise –nation la plus entreprenante en Afrique – sur une frontière à ne pas franchir. Le contrôle des sources énergétiques dont le pétrole formeront, hélas pour les populations, de potentiels champs de bataille. Un troisième but le maintien d’un certain désordre comme en Somalie où la terreur le dispute aux intérêts pétrolifères sans oublier le Darfour où les querelles ethnico-religieuses taisent le jeu de certaines grandes puissances mondiales.
La Libye étant sujette à caution, les USA misent sur le Mali et la Mauritanie pour s’établir. Le premier a l’avantage d’avoir rompu tout lien militaire avec la France, la seconde de jouir d’une situation géographique sensible pour accréditer le combat contre Al-Quaïda et entraîner une déstabilisation suffisante en direction du Maghreb. Nouakchott et Bamako ont une position idéale. Cette implication très forte de l’appareil militaire américain indique la préparation de bien des conflits d’une part, un moment historique pour l’Afrique, une fois encore entre les mains fébriles de forces qui ne voient dans ce continent qu’une assurance de subsistance pour leur population respective. Dans ce cadre, on s’étonne de la discrétion française sur ce point. Il y a pourtant des enjeux autant humains qu’économiques.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Trés intéressant