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dimanche 2 mars 2014

Derrière l’Ukraine : Eurasie américaine ou pas ? N°1652 7e année

Quand on lit les communiqués des différentes chancelleries pro euro-américaines, on ne cesse pas de s’étonner de l’imprudence de leurs positions.
Les mouvements contestataires sont nés en Ukraine dès l’annonce par le Président Ianoukovitch de ne pas signer les accords de rapprochement commerciaux avec l’Union européenne : ils ont abouti de la manière que n’on sait, par un putsch. N’en déplaise à certains, mais l’actuelle équipe au pouvoir n’a, pour l’heure aucune légitimité autre que celle née de la « rue » alors que le Président Ianoukovitch a été légalement élu. Qu’aurait-on dit si les Français étaient descendus dans la rue pour dénoncer le traité de Lisbonne qui biffait leur « non » massif au référendum de 2005 ?
La Russie est-elle belliqueuse ? Pour appuyer cette interrogation, certains auteurs rappellent l’affaire de la Géorgie en oubliant de mentionner un tout petit détail : c’est le gouvernement géorgien qui déclara la guerre à celui de Russie. Le gouvernement Tchécoslovaque, convoquant l’ambassadeur de la Fédération de Russie, a souligné qu’il avait encore en mémoire l’intervention de 1968. Là encore, la comparaison n’est pas supportable. A la différence du mouvement tchécoslovaque écrasé dans le sang et l’indifférence américaine, le gouvernement russe d’aujourd’hui se contente de rappeler qu’il protège d’une part, naturellement les Russes et les russophones et certains cosaques vivant dans la République autonome de Crimée, et dans l’est industriel de l’Ukraine et, d’autre part, qu’il estime vital pour son bon gouvernement que la situation intérieure ukrainienne reposa sur la légitimité et la légalité des dirigeants. Outre cette observation, on ne peut non plus écarter d’un revers de la main toute l’importance historique et mémorielle de Kiev dans le passé russe.
La Russie n’est pas belliqueuse et elle l’est infiniment moins que les Américains (la liste serait trop longue entre aventures militaires catastrophiques pour les peuples, les assassinats par drones interposés et coups d’Etat sans oublier l’espionnage à l’échelle industrielle) et certains européens dont la France qui parait de plus en plus et au fur et à mesure qu’elle rétrécit le budget de la Défense, partante pour en découdre de l’Afrique à la Syrie en passant qui sait par la Suisse et l’Ukraine. Il ne sera pas saugrenu de s’interroger sur ce souci de François Hollande à « guerroyer ».
Nul n’a parlé jusqu’à présent de remettre en cause l’intégrité des frontières ukrainiennes mais si Bruxelles ne rappelle si fortement c’est d’abord parce que centre névralgique de l’Union européenne songe, d’abord et avant tout, non sans inquiétude, au référendum écossais et ensuite, qui sait, à celui de Catalogne.
Dans cette montée des tensions de part et d’autre, il n’est inutile de rappeler que derrière l’intégrité des frontières ukrainiennes » se joue la crédibilité du plan eurasien de la Russie et de ses partenaires à échelle variable dont, par exemple, la Chine, l’Iran et l’Inde sans omettre une Turquie de plus en plus entre la girouette et la toupie. Le Président Obama s’est fixé plusieurs objectifs d’abord signer le premier traité de libre-échange de la zone Pacifique, puis, dans un second temps celui de la zone atlantique. Le troisième temps étant celui, en toute logique,  de la zone Eurasie qu’il voudrait sienne, d’où l’importance de l’Ukraine dans son giron. L’enjeu véritable est là avec les conséquences que l’on  imagine et la remontée en puissance de deux nations impériales, le Japon et l’Allemagne dont l’alliance avec les Etats-Unis si elle est réelle n’en cache pas moins des espérances toutes égoïstes et qui pourraient  décontenancer les stratèges du Pentagone. D’un côté, le Japon et une partie de l’Asie du Sud et  de l’autre l’Allemagne et son hinterland renouvelé, élargi à l’Europe du Nord et du Centre.
Sans préjuger des événements à venir, l’intérêt que l’on disait négligeable pour les élections européennes de la fin mai 2014, prennent d’un coup une importance vitale. C’est un tournant qui pourrait se faire avec violence. Question subsidiaire : les habitants de l’Union veulent-ils des Ukrainiens et vice-versa ?
 
Jean Vinatier
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