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mardi 18 novembre 2014

Poutine le paria ? N°2043 8e année

La une de Libération, « Poutine le paria » ne manquerait pas de faire sourire si elle n’illustrait pas, une fois de plus, une presse parisienne complétement avachie devant l’empereur du Potomac. Nous avons une presse « collabo » mais, sans doute moins franche que celle  qui s’épanouissait, durant l’Occupation. Celle de nos jours affecte de ne pas considérer le soft power américain tout en gardant bien de tout irrespect et le suit, en fait, servilement en tout.
N’en déplaise à untel ou untel, Vladimir Poutine n’est pas un paria : d’abord il plaît aux koalas et un homme qui sait soulever avec délicatesse ces peluches australiennes mérite des égards ; ensuite on oublie sciemment la place que le Président russe occupait  sur la photo lors du sommet de l’APEC ; enfin, tout homme honnête sachant regarder une carte et n’ignorant pas l’actualité géopolitique, celle des BRICS, constaterait bel et bien que la Russie est tout sauf isolée. D’ailleurs quelle nation peut-elle être isolée dans la mondialisation ? La Corée du Nord, elle-même, ne l’est pas….
La détestation envers Vladimir Poutine n’obéît pas depuis le début à une réflexion politique souveraine de tel ou tel Etat européen mais à une injonction délivrée par une nation étrangère qui se croit prédestinée à être le monde : d’ailleurs le jour où elle y parviendrait sait-elle quelle tuerait sa singularité et serait happée par sa propre suprématie ? Les philippiques lancées à Vladimir Poutine sont, par l’absence totale d’approche intelligente, des flèches blessantes envers la nation russe laquelle se soude au fur et à mesure que nous nous devons de la culpabiliser.
En fait, la hargne européenne envers la Russie qui ne plie pas devant l’Auguste, a pour origine une peur terrible : celle d’avoir à assumer sa propre face devant un miroir qui renverrait une image odieuse de nous-mêmes. Sans porter aux nues le Président russe et sans haïr non plus celui des Etats-Unis, il est affligeant de voir à quel état de réduction nous sommes tombés. Pendant trois jours nous fûmes assommés par l’affaire Nabila et la course-poursuite en Seine-et-Marne derrière un tigre qui était, en réalité, un chat ou même, affirme-t-on, un singe : hallucination médiatique qui nous explose en pleine face mais, apparemment, le mystère dévoilé, tout reprend sa route……
Poutine est détesté non pas parce qu’il fait des lois malheureuses contre la publicité de l’homosexualité ou qu’il surveille les ONG étrangères mais parce qu’il veille à prémunir sa nation de toute dépendance. Et c’est cette souveraineté dite qui nous heurte nous qui, depuis longtemps, avons remis en des mains extérieures tous les symboles de notre Histoire. Nous nous insupportons de voir Astérix, nous qui nous nous flattons d’être, enfin, américanisés….Nos élites ne comprennent pas pourquoi telle nation refuserait de s’en remettre à autrui pour son bien-être, sa formule bienpensante toute lisse. Gouvernés par les enfants  ou descendants de Pétain, l’idée même d’une vision autonome géopolitique et géostratégique révulse alors même que les Européens devraient, au contraire, se saisir de cette opportune modernisation du  monde via, par exemple, les BRICS. Et la démocratie me dira-t-on ? L’Occident, au sens large, est passé maître d’avaler le monde en vendant ses breloques pour des diamants. La démocratie avancée n’est guère éloignée de l’idée coloniale des XIXe et  XXe siècle. La démocratie est, désormais, un appât vidé de toute philosophie et liberté : voyez dans quel état de surveillance nous sommes placés ? Si je ne voudrais pas vivre sous le régime chinois, je n’en ignore pas le mal infini que l’Europe fit à cet empire en le contraignant à consommer de l’opium en échange du thé ! Si bien évidemment, je formule l’espérance que tous les pays auront dans l’avenir un régime représentatif et des libertés fondamentales communes à la planète entière, je sais, aussi, qu’imposer par la force pernicieuse, insidieuse, un régime se retourne fatalement contre leurs auteurs.
Vladimir Poutine n’est pas un paria, mais, nous le sommes de nous-mêmes : nous nous maudissons de ce que nous ne sommes plus. Qu’attendre de peuples européens qui conviennent d’une sorte de suicide par dose homéopathique ? Le diable que nous admettons de voir chez Vladimir Poutine, nous guide alors même  que nous nous éprenons d’une envie irrésistible de bouger, de nous agiter, de nous affoler les uns des autres. Qui est paria ?

 
Jean Vinatier
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