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dimanche 27 mai 2018

Italie : Bruxelles se substitue au peuple souverain N°4502 12e année


Le Président Matterella a refusé d’agréer le nom de Paolo Salvona pour le poste de ministre de l’Economie parce qu’il serait hostile à l’euro !
Paolo Salvona est un prétexte qui empêche la formation d’un gouvernement doublement populiste déclenchant l’ire de La Ligue et de M5 étoiles. Salvini veut un nouveau vote quand Di Maio évoque une possible déposition du Chef de l’Etat. La question est de savoir si oui ou non le Chef de l’Etat a outrepassé ses pouvoirs. D’après la lecture que vient d’en faire Jacques Sapir, la réponse serait oui :
« Le Président italien s’appuie sur son rôle de garant des traités internationaux pour refuser de contresigner la nomination de M. Savona[3]. Mais, en a-t-il le droit ? Il est bien précisé, dans l’article 92 de la Constitution, qu’il nomme les Ministres sur proposition du Premier-ministre[4]. Le Président Mattarella fut un grand juriste. Il fut à l’origine du changement du mode de scrutin adopté en 1993, un mode de scrutin qui fut aboli par une nouvelle loi de 2005[5]. Pourtant il devrait se souvenir de ce qu’écrivait Costantino Mortati, l’un des rédacteurs de la Constitution italienne : « La proposition des ministres faite par le Premier ministre désigné doit être considérée comme strictement contraignante pour le chef de l’Etat »[6]. Le refus de contresigner une nomination ne pourrait se justifier que dans le cas de condamnations criminelles ou de conflits d’intérêt par trop évident. Il est donc clair, concernant M. Savona, que ce n’est pas cela que le Président Mattarella a en tête. Il faut alors se souvenir des déclarations de Jean-Claude Juncker lors de l’élection grecque de janvier 2015[7]. Il faut encore se souvenir de cette citation de Monsieur Jean-Claude Juncker: « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Cette révélatrice déclaration date de l’élection grecque du 25 janvier 2015. »1



Cette crise italienne déjà vue par l’ensemble de la presse de la péninsule comme sans précédent à au moins le mérite d’afficher nettement qu’un gouvernement national issu d’une élection ne peut avoir en son sein : ni un anti-allemand, ni un anti-Bruxelles, ni un anti-euro.
L’acte du Président Matterella est un masque qui tombe publiquement : l’homme qui est censé représenter l’Italie est d’abord au service d’une entité, ici, Bruxelles et sa doxa. C’est une déclaration de guerre que nul ne pourra ignorer. Il est trop tôt pour connaître ce que feront les deux partis vainqueurs mais il est vraisemblable qu’une nouvelle élection se déroulera en septembre prochain avec le risque de voir les populistes grandirent leurs suffrages. Bruxelles mise, sans doute, sur le retour de Silvio Berlusconi, blanchi par la justice (ô hasard !)  et son Forza Italia déjà défait auquel s’ajouterait un autre vaincu, Renzi…..Cela laisse songeur !



Note :

Jean Vinatier
Seriatim 2018

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