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dimanche 13 octobre 2019

« 1989-2019 vu de la « Mitteleuropa » Hongrie, Pologne, Tchécoslovaquie, République tchèque, Slovaquie par Sylvain Kahn » N°4659 13e année


« En 1989, les aspirations à la liberté et au pluralisme avaient poussé les sociétés des pays communistes d’Europe à braver les dictatures pour changer de régime politique et se libérer d’un joug soviétique en phase de retrait. En 2019, une majorité de citoyens de Hongrie et de Pologne, de Slovaquie et de République tchèque, pays devenus prospères bien qu’encore en phase de rattrapage, adhèrent à des politiques illibérales, tandis qu’une partie de ceux qui n’y adhèrent pas migrent ailleurs au sein de l’Union européenne devenue pour tous un espace de libre circulation et de travail, et qu’une autre partie votent pour les partis d’opposition pour promouvoir l’alternance dans des conditions démocratiques devenues depuis dix ans peu à peu contraintes.
EN 1989, la Hongrie fut à l’avant-garde de la chute du communisme en Europe. En 2019, la Hongrie y est la tête de pont de l’illibéralisme depuis le début de la décennie. De quoi cette évolution est-elle le nom ? Que recouvre-t-elle et quel sens lui donner ?
De la chute du communisme en Europe, la mémoire collective a retenu quelques images devenues emblématiques : le gouvernement Mazowiecki ; la chute du mur de Berlin ; la révolution de velours. Soit le premier gouvernement non communiste de l’Europe soviétique ; la réunification de Berlin, épicentre de la Guerre froide ; la victoire pacifique de la dissidence élargie à toute la société civile sur un État totalitaire. Trois images, trois pays : la Pologne, l’Allemagne, la Tchécoslovaquie.
La Pologne occupe dans l’imaginaire politique des Occidentaux une place bien particulière. Monarchie élective, elle s’était choisi un Valois pour roi ; Jean-Jacques Rousseau a rédigé pour elle un projet de Constitution étudié aujourd’hui encore ; c’est pour la défendre de l’agression allemande nazie que le Royaume-Uni et la France sont entrés en guerre en 1939 ; la naissance de Solidarité (Solidarnosc), premier syndicat libre du monde communiste, puis son interdiction par un coup d’État militaire ont suscité un immense mouvement de soutien.
La question allemande est au cœur de l’histoire européenne depuis le Congrès de Vienne. La chute du mur de Berlin est ressentie par tous comme la fin de la division du continent en deux espaces antagonistes et hermétiques, et comme la fin de la menace soviétique sur le monde libre. »
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2019

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