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dimanche 8 mars 2020

Paris : de la capitale impériale à la petite ville d’Hidalgo N°4839 14e année


L’égalité de temps de la durée des travaux haussmanniens (17 ans) et de la mandature socialiste (18 ans) où Anne Hidalgo fut d’abord 1ère adjointe puis maire permet des comparaisons.
Aussi à la veille du premier tour des municipales à Paris, n’est-il pas inutile de revoir le bon documentaire réalisé autour des gigantesques travaux pensés par Napoléon III, exécutés par le baron Haussmann entre 1853 et 1870.
Solidité d’une œuvre qui, aujourd’hui encore, émerveille les visiteurs du monde entier. Solidité d’une œuvre voulue par un monarque à la tête d’un Etat assuré et d’une nation confiante dans son avenir. Solidité d’une œuvre qui d’un coup d’un seul replaçait la France au centre des puissances de tous ordres. Solidité qui réveilla, également,  tout un Paris populaire, ouvrier et patriote comme nous le vîmes au moment de la Commune (mars-mai 1871) qui refusa les combinaisons entre les Versaillais et les Prussiens, dit non à la capitulation et voulut un autre projet politique dont on exagéra le côté « socialiste » pour mieux l’anéantir dans le sang. Il suffit de regarder les photos prises à la fin de le Semaine sanglante pour en être saisi d’effroi. Aujourd’hui encore la République n’ose pas regarder en face ce qu’elle fit alors contre les Parisiens….Cette même IIIe République née à la suite d’une défaite qui s’abandonna entre des mains débiles en juillet  1940….Il est des fins qui vous ramènent cruellement à votre baptistère d’origine….
Au début du XXIe siècle qu’est Paris ? Après dix-huit années d’une longue mandature socialiste bordée de verts et de quelques arbrisseaux communistes, que voit-on ? Le festif en banderole, la flatterie envers les communautés, les flagorneries envers les minorités, surtout LGBT, le faux accueil aux migrants, la déplorable gestion des logements sociaux, les accointances douteuses et répétées avec, notamment, Bernard Arnault, UNIBAIL, deux solides enlaidisseurs (rideau de douche rue de Rivoli, les Halles, la Tour triangle), le refus de consulter les parisiens sur les futurs faramineux Jeux Olympiques de 2024, le soin constant d’abîmer Paris (réaménagement/démolition des places), les voies sur berges où rats et urine s’y disputent, les travaux déments qui n’attendent que le 23 mars pour recommencer à toute berzingue, la guerre déclarée aux automobilistes, victimes expiatoires d’une communication vile envers des bobos verts qui raffolent de l’avion, lequel ne pollue pas, l’augmentation en mode accéléré du prix du m2 dans la ville, le refus de protéger les parisiens contre les bruits nocturnes, l’aplaventrisme devant les exigences des cafetiers, des restaurateurs et autres entrepreneurs festifs (courses et runnings multiples toujours autour de la Tour Eiffel emmurée et de ce pauvre Champs de Mars sacrifié), la saleté, les incivilités, le tourisme de masse qui en arrive à l’absurdité de proposer, par exemple, à des Chinois d’aller dans un café typiquement parisien où ils se retrouvent face à des Chinois….la liste serait longue mais brisons-là !
Depuis 18 ans mais surtout à compter de 2007, la municipalité et l’Elysée ont presque continuellement marché la main dans la main pour déconstruire ce que leurs prédécesseurs du XIXe siècle avaient imaginé pour pérenniser Paris dans  l’Histoire de la France.
A lire les programmes des différents candidats au siège de maire, ce qui est proposé, majoritairement, est plus digne d’une commune de 1000 âmes que d’une ville de plus de 2 millions d’habitants : tout se réduit au quartier, au pâté d’immeubles, à des rues, à des parcours. Oui, une campagne municipale donne la part belle au quotidien, aux maux des uns et des autres, aux querelles de voisinages. Evidemment tout habitant d’une commune doit pouvoir y trouver tout ce qui lui permettra d’y vivre tranquillement. Mais s’agissant de Paris, une campagne toute municipale quelle est ne peut gommer le fait que Paris est à part, car officiellement capitale d’une nation théoriquement souveraine.
En 2020 Paris est un décor qui s’affiche beau mais à l’instar de Notre-Dame de Paris, brûlée de l’intérieur, sa flèche abattue. D’ailleurs n’est-il pas hautement symbolique que l’île de la Cité, où Elysée et Paris travaillent de concert, ne se transforme bientôt en un vaste Disneyland, uniquement dédié aux troupeaux touristiques, aux inévitables ZARA, Vuitton, Starbucks….aux vrais/faux café/restaurants/brasseries parisiens. Le cœur de Paris, l’âme de notre capitale réduite à un espace mercantile autant dire que Paris cessera de battre ! Mondialiste ou pas cette politique constante de dégradation de notre cité historique par l’Etat et la municipalité, ne surprend certes pas mais plus indigne encore s’y ajoutent, la progression de la misère, de la difficulté de vie, des modesties des moyens d’existence. On peut très bien ne rien voir si l’on file sur sa trottinette, sur son vélo, sur ses rollers, sur son skate-board, dans son Uber mais dès que l’on redevient piéton, les regards des uns et des autres ne trompent plus et au-delà des souffrances sociales qui apparaissent dans tous les quartiers regardons et ce n’est pas anodin les fins des librairies, érudites, d’opinions, de curiosités, qui vont de pairs avec la relégation des humanités au profit de la production des compétences : la misère intellectuelle dans laquelle nous sommes, encouragée par « nos élites » vise à nous meurtrir, à nous offrir sans défense à leurs philippiques, à leurs avidités.
Paris est Histoire, les bobos avachis, ces fainéants festifs, qui font les maires n’auront qu’un temps de même que leurs faux arbres, que leurs fausses pelouses, que leur totalitarisme vert, de même aussi que leurs goûts idiots pour les anglicismes et de leur mépris pour les provinces, les Gilets jaunes.
Paris et la France ne sont pas séparables, on tente de nous persuader du contraire, gageons que cela se fracassera sous peu.





Jean Vinatier
Seriatim 2020

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