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lundi 19 janvier 2009

Gaza : Interlude? N°383 - 2eme année

Est-ce l’effet Obama au Proche Orient ? Tour à tour, Israël puis le Hamas ont accepté de déclarer unilatéralement le cessez-le-feu. Tzipi Livni s’est envolée pour Washington avant de se rendre au Caire : les bombardements terribles dans la bande de Gaza ont cessé !
Ce week-end, les pays européens ont été conviés à se réunir à Charm El-Cheik, non pas pour consolider la fragile paix mais pour mettre la main au porte-monnaie et prendre acte de la fin des combats. Le Président français était bien discret, très éloigné de sa satisfaction de sa première venue à Charm El-cheikh où il arracha les oreillettes du président égyptien pour l’embrasser promptement ! Sa déception venait, peut-être, du fait que Ehud Olmert ne l’avait guère écouté ?
Maintenant que les épaisses fumées se dissipent et que les Gazaouis sortent dans les rues, c’est petit à petit que l’ampleur du drame humain prendra toute sa dimension. Si Israël s’estime victorieuse, l’après conflit ne lui sera guère favorable. Les ONG ne manqueront pas de montrer tout le désastre humanitaire.
Et la paix, me direz-vous ? Mais qu’est-ce que la paix au Proche Orient ? Au-delà des hourras prononcés tant par Tsahal que par le Hamas, l’avenir israélo-palestinien ne s’annonce, ni plus heureux, ni moins malheureux, il demeurera conflictuel. Mais alors pourquoi autant de bombes, de roquettes ? Que gagne le gouvernement de Tel-Aviv ? Ehud Olmert, Premier ministre poussé à la démission pour corruption, espère que son parti l’emportera aux élections de février contre le Likoud. En face, Mahmud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne en fin de mandat, vient de dire son projet d’union avec le Hamas alors que la popularité de cette formation politique est au zénith tant à Gaza qu’en Cisjordanie. Qu’adviendra-t-il si le Hamas succède au Fatah d’Abbas ? Tsahal dégainera-t-elle encore ?
Israël a catalysé
contre elle plus de détestation que jamais, c’est dire que rien ne change, hélas ! Les rivalités inter-palestiniennes restent aussi vives et prêtent le flanc aux habiletés de Tel-Aviv et des chefs politiques Arabes, Turcs et Iraniens sans oublier les Américains. Au milieu, nous avons deux peuples, Palestinien et Israélien qui s’entredéchirent et qui subissent les ambitions de leurs dirigeants.
Suffirait-il que le Président Obama menace de couper les vivres à Israël pour que les derniers verrous sautent ? Suffirait-il que les puissances orientales s’unissent pour que l’existence d’Israël soit une bonne fois pour toute acceptée ? Le hic est que nous avons une approche binaire, typiquement occidentale, qui ne fonctionne jamais en Orient. Les Arabes le disent bien, « nous sommes d’accord pour n’être pas d’accord » et la négociation renouvelée reste leur moteur principal. Tel Aviv le comprend bien mieux que les Européens et estime avoir le temps en sa faveur pour encercler tous les villages palestiniens de Cisjordanie. Mais, l’Etat israélien commet une faute majeure en plaçant d’abord la guerre comme l’arme première en reléguant la discussion dans un coin de la scène. En cela, il défie l’Orient et il devrait se souvenir des fautes commises par les Etats croisés au Moyen Âge ! On ne reste en Orient qu’après avoir reçu la confiance des Orientaux. Le jour où un Premier ministre israélien sera admis dans la tente d’un bédouin alors un pas aura été accompli.
Si une pression devait être faite auprès des Israéliens par les Américains et derrière eux les Européens, serait celle de les obliger d’abord à la discussion avant toute option militaire. La révolution ou le changement se situe là et nulle par ailleurs. L’Orient a le temps pour lui, les millénaires sont avec eux, Israël ne l’a pas.
Rappelons, enfin, que le point névralgique du monde n’est plus en Palestine mais sur une ligne Sud-Sud du Japon aux Etats-Unis via le Cap Horn. Le Président Barack Obama le sait parfaitement. Il entend débuter une nouvelle histoire américaine où la Méditerranée occuperait de facto une place moindre.

Jean Vinatier

©SERIATIM 2009

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1 commentaire:

Serge LEFORT a dit…

Je pense de plus en plus que la seule solution viable est celle d’un État binational, mais ce seront les Israéliens et les Palestiniens qui choisiront leur destin…