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mercredi 22 mars 2017

« G20 : les portes claquent à Baden Baden par Hélène Nouaille » N°4349 11e année



« « Stupeur au G20 », résumait Saxo Banque lundi 20 mars. « Stupeur hier à Baden Baden au cours de la réunion du G20. En effet, les banquiers centraux et les ministres des finances se réunissaient en Allemagne ce weekend pour discuter du commerce mondial. Les Etats-Unis ont refusé de signer l’accord de lutte contre le protectionnisme comme effectué traditionnellement. Steven Mnuchin, Secrétaire américain au Trésor, a même déclaré que les Etats-Unis pourraient renégocier les accords de l’OMC. L’absence d’accord et les futures décisions de l’administration Trump pourraient ainsi avoir un impact non négligeable pour les pays exportateurs comme l’Allemagne ». 

Faut-il parler de stupeur ? Donald Trump affirme depuis des mois à l’encan qu’il ne veut plus des règles du commerce international ‘globaliste', destructrices d’emplois américains. Qu’il préfère les accords bilatéraux, qu’il veut « équilibrés », « équitables », jusqu’à contester les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont, dit-il la Chine est le principal bénéficiaire, à son détriment. Il l’avait de surcroît rappelé à Angela Merkel lors de sa toute première visite à la Maison Blanche à la veille de la réunion du G20 pour plaider la cause du libre-échange : la balance des échanges entre l’Allemagne et les Etats-Unis pèse en la faveur de Berlin de 68 milliards de dollars (voir l’infographie) et cela est « très, très injuste ». Le Secrétaire d’Etat au Trésor, ancien de chez Goldman Sachs, n’a pas apporté, selon Bloomberg (1), plus de précisions, mais il a tenu la ligne : « Mnuchin a fait une seule intervention – plutôt longue – durant le débat à Baden Baden, et il a lu une déclaration préparée à l’avance, selon une personne familière du sujet », qui a conservé anonymat. Mais il a tenu « dix-huit rencontres bilatérales en marge de la réunion ». Malgré les efforts allemands pour tenter de négocier quelques points avec les Etats-Unis – efforts contestés par les autres participants (Royaume-Uni, Italie, Brésil, France et Union européenne), il a bien fallu, dans la déclaration finale (2), abandonner la promesse traditionnelle de « résister à toutes les formes de protectionnisme » pour un formel engagement à une « coopération économique et financière ».

Il n’y a donc pas eu, comme le souhaitait le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, « une affirmation positive en faveur du libre-échange pour marquer que c’est bien là le cadre dans lequel doit s’organiser la vie de la planète » (AFP). Ce qui, dans la presse grand public française se traduit par un constat et une question : « ça pourrait être un gros coup de frein sur la mondialisation. Les Etats-Unis, première puissance mondiale, pèsent lourd (…). Est-ce que ça annonce la fin de la mondialisation et le retour aux barrières douanières partout dans le monde ? » (3).
La suite ci-dessous :


Jean Vinatier
Seriatim 2017

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