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samedi 18 mars 2017

Situation intérieure et Provinces-unies N°4345 11e année



Le Garde des Sceaux affirmait cette semaine que les conditions étaient réunies pour que cesse l’état d’urgence et laissait au futur gouvernement le soin d’en fixer la date. En deux jours : lettre piégée au siège parisien du FMI, fusillade dans un lycée de Grasse, et, ce matin, tentative d’attentat suicide à Orly. M.Urvoas est un Bouvard et Pécuchet à lui tout seul !
Ce samedi Emmanuel Macron alignait les points convenus dans son discours dit régalien sur le chapitre de la Défense dont on ne retiendra que son idée saugrenue, la réactivation du service militaire (appelé ici national) pour un mois.
Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon prônait outre la Vie République, une « insurrection citoyenne » sans doute pour faire pendant à Marine Le Pen qui appelle le peuple à l’Elysée, entre les deux, le « En marche » du chouchou des milliardaires, de François Hollande et d’Angela Merkel qui éructe pour que partout se répande sa bonne parole.
On le constate, les leçons tirées des élections législatives néerlandaises sont très loin dans l’esprit des candidats. Ce vote a vu, certes la non remontée en puissance du parti de Geert Wilders mais d’abord « la déroute de la coalition sortante, une des plus orthodoxes de l'histoire néerlandaise sur le plan budgétaire et qui a mené une politique d'austérité qui a coûté très cher à la société néerlandaise. »1 et, ensuite, l’entrée au parlement de députés communautaristes. Cette élection néerlandaise est faussée par un résultat qui masque tous les désarrois et les tiraillements d’une nation. Comme en Autriche, le candidat « du bon côté » ne l’emporte qu’après avoir siphonné  celui de son adversaire extrême avec, en plus, pour M.Rutte  son art d’utiliser le conflit avec les tentatives de déplacement du ministre turc de concert avec l’Allemagne, se donnant l’apparence d’une fermeté envers l’étranger qui suffit à rasséréner le néerlandais. On est dans le bricolage et la précipitation, le populisme poursuivant sa longue marche au sein d’une Union européenne atterrée par le Brexit et Donald Trump. Plus que jamais les digues sont en passe d’être submergées et c’est dans ce moment que la quasi-totalité des candidats à l’élection présidentielle jette aux Français qui une insurrection, qui une révolution sans prendre garde qu’au bout d’un moment toute une nation pourrait les prendre aux mots ce qui les balaierait.
L’élection législative néerlandaise loin d’apporter le répit à des partis exsangues donne l’illusion d’une confiance retrouvée avec leurs électeurs. En France, les partis Les Républicains et socialiste, sont en passe d’être avalés  non pas tant par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon que par Emmanuel Macron qui promène sa dague sur l’échiquier politique afin qu’émerge, enfin, un vrai parti bruxellois qui cadenassera les Français les faisant passer du rang de citoyen à celui peu flatteur d’uberisé.

Jean Vinatier
Seriatim 2017

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