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dimanche 16 juin 2019

« Hidalgo bétonneuse bio et tellement maire-Macron » N°4604 13e année


Paris n’est plus une ville mais un chantier aurait pu dire un parisien sous Napoléon III. Mais à la différence du baron Haussmann qui dégagea la capitale de ses méandres ancestraux non sans dégâts inutiles, Anne Hidalgo se défoule, avec l’accord des Verts qui ne disent mot, dans les rues parisiennes. Un chantier chasse l’autre et dès que le piéton, le cycliste, l’automobiliste, le bus, aperçoit un dégagement, la joie est de courte durée, les palissades Hidalgo réapparaissent pour enrager, à nouveau, le piéton, le cycliste, l’automobiliste, le bus.
Pas une rue n’échappe à la folie perceuse de la mairie de Paris et dans le même temps, l’Hôtel de Ville ne cesse pas de proposer parcs et forets. Bienvenue dans la jungle !
Vincent Lindon, quelque temps plus tôt, disait ironiquement qu’Anne Hidalgo devait chercher un trésor pour s’acharner autant dans les rues de la capitale. Fureur de Cruella qui aussitôt sort des chiffres, des graphiques : la mairie n’y est pour rien, ce sont les autres (ENGIE, RATP…etc.) omettant de rappeler que les chantiers ne s’ouvrent qu’après la procédure de l’appel d’offre publié par la mairie de Paris. La mandature d’Anne Hidalgo ne peut se déclarer innocente des bruits et des gravas incessants et interminables qui agressent les parisiens et les visiteurs. Pourquoi cette frénésie ? Réaliser le maximum d’interventions jusqu’aux prémices de la campagne municipale pariant sur la mémoire de moineau de l’électeur ? Faire travailler un maximum d’ouvriers, déclarés et clandestins : qui parle Français sur ces chantiers ? Préparer la ville aux funestes Jeux Olympiques de 2024 par un mouvement d’accélération ? Ou bien, n’est-ce qu’une gabegie, qu’une  incapacité à maitriser un calendrier raisonnable ? Le déficit budgétaire grimpe sans personne ne s’en alarme.
Mais la mairie de Paris ne se contente pas de percer, elle bétonne (bio?) dès qu’un espace, parfois vert, est libre pour construire des logements sociaux dont les attributions seront verrouillées, cadenassées. Et elle bâtit dans la laideur (voir les HLM de la porte d’Auteuil d’un noir sinistre) pour défigurer des décennies entières Paris par l’érection des tours à toutes les portes. Cette appétence pour l’édification éclaire sa politique municipale contradictoire : d’un côté, Anne Hidalgo ouvre la ville à tous les migrants de la terre sans la moindre réflexion ni stratégie, seulement pour communiquer avant de geindre devant les caméras et rendre responsable de sa méthode le gouvernement et de l’autre côté,  elle enferme la ville par des tours nouvelles, cette clôture bientôt renforcée par la transformation du périphérique qui passera d’une aire routière à celle ludique. Anne Hidalgo va plus loin, elle rêve de créer des jungles tout le long de l’ancienne petite ceinture. Demain  fauves et safaris ?
Anne Hidalgo socialiste à la tête d’une coalition hétéroclite (communiste, vert et centriste) élue en 2014 grâce aux bévues des Républicains de NKM, est la tête de gondole d’un parti aux scores effondrés depuis 2017 au profit de la République En Marche. L’examen des résultats lors des Européennes du 26 mai a introduit un nouvel acteur, le Vert lequel se sent pousser des ailes au point de revendiquer la capitale en 2020. Anne Hidalgo ne pourra l’emporter en se battant sur deux fronts, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche à moins que  les concurrents n’implosent. Guillaume Tabbard dans Le Figaro écrit que la maire se réjouirait de la droitisation du parti présidentiel. Cette remarque impliquerait l’existence d’une gauche et d’une droite alors même qu’émergent de tous les côtés des forces politiques transversales y compris chez les populistes, souverainistes. La révolte non terminée des Gilets Jaunes est également dans ce mouvement via la symbolique du rond-point.
Paris la mondialiste peut-elle être encore à gauche ou à droite ? De fait non. Anne Hidalgo personnifie jusqu’à la caricature la socialiste autiste. Pourtant, elle épouse les canons des progressistes par son adhésion au monde « sans frontières », aux migrants bienvenus, aux lois sociétales, aux délires des Verts qu’elle cherche à dépasser…., un dédain pour le patrimoine et la langue française, en chassant les classes populaires et moyennes de la capitale :  S’émeut-elle d’un Paris, ville des maitres et des valets ? Non. Quid de la gauche ? De même son appel au tourisme de masse, véritable catastrophe pour la France et sa capitale : il suffit de voir les projets en cours pour l’île de la Cité qui réduiront  les spéculations de la plaine Monceau sous le Second Empire à une farce.
Anne Hidalgo bétonneuse et tellement maire-Macron. Certains croyaient bien que le successeur de François Hollande la désignerait pour les municipales de 2020…..Dans ce tableau lamentable de Paris qui n’a plus de ville-lumière que celle du chantier et des tripots branchés pour bobos à trotinnettes, il manquait quelque chose, l’opposition. Mais oui, Les Républicains et les centristes (enfin certains) des opposants pour l’heure occupés à rallier franchement (Bournazel allant chez Agir) ou travestis le probable candidat d’Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux, l’homme d’Unibail, société puissante et actrice considérable du ratage des nouvelles Halles et de l’horrible Tour Triangle. Ces protagonistes échappés d’un mauvais film se prosternent tous devant le vrai détenteur de Paris et soutien de poids d’Anne Hidalgo: Bernard Arnault lequel apprécie la souple échine de l’édile dans ses projets et ajoute sa pierre au mauvais goût : la Samaritaine agrémentée d’une façade en verre ondulée qui fait terriblement plastique….
La campagne municipale à priori totalement inintéressante, tous les candidats étant de la même écurie, résumera, certainement l’état de déconstruction et d’abandon dans lequel les gouvernants nous vautrent….
Adieu la faute à Voltaire et Gavroche voici l’ère de la faute à la maire-Macron….

Jean Vinatier
Seriatim 2019

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