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vendredi 11 septembre 2009

Brice de Beauf –N°523- 3e année

Le buzz ne faiblit pas depuis que le public a pris connaissance des propos du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, lors de l’université d’été de l’UMP avec un jeune militant prénommé Amine (Voir la vidéo)
Le
« Casse-toi pauvre con » de Nicolas Sarkozy a donné l’allure et le style du quinquennat : ce que nous voyons aujourd’hui peut-il surprendre ? Le régime sarkozien se complaît dans la vulgarité et le mauvais genre avec un zeste de mépris. Quand on voit ce qui se déroule de l’autre côté des Alpes avec Silvio Berlusconi, on ne peut qu’être écœuré par de tels personnages, quoique élus, afficher autant de morgue, de dédain pour la civilité. Plus de règles, plus de langage mesuré de la part des plus hauts personnages de l’Etat, c’est la voie ouverte à la beaufitude ! Le pouvoir, lui, corsète les libertés des français ! Deux poids, deux mesures.
Si un Chef de l’Etat a le devoir de rester maître en toute occasion et ne pas prêter le flanc au mauvais goût, un ministre le doit également et, naturellement un préfet (Girot de Langlade) ainsi de suite… C’est le palais qui devrait donner le bon exemple, pas la rue !
Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur et auparavant celui de l’Identité nationale ne peut s’abriter derrière le côté festif d’une réunion politique décontractée pour balayer la cabale. Jean-Marie Le Pen a-t-il fait mieux dans le genre ? Il est vrai que ses militants ont adhéré à l’UMP… Les malhabiles explications du parti présidentiel alourdissent le climat ambiant sans que les protestations du jeune Amine ne pèsent d’un quelconque effet.
Le parti socialiste et les associations anti-racistes exigent la démission du ministre alors que le premier est confronté à une crise interne toute aussi grave que les dires reprochés à Brice Hortefeux : l’intervention n’a donc aucun poids. Au contraire, elle précipite, par un effet boomerang, l’agacement des Français.
Comment peut-on tolérer qu’un ministre dérape tandis qu’un citoyen répondant du tac au tac à un policier se voit opposer presque immédiatement l’insulte à agent de la force publique ? Où est donc l’égalité ?
La preuve est faite que le citoyen lambda n’a droit à aucune tolérance à l’inverse de nos dirigeants, exemptés de tout.

Certains journalistes –mais est-ce surprenant- prennent des gants pour atténuer les critiques à l’endroit du ministre de l’Intérieur en incriminant Internet tel Philippe Cohen dans Marianne alors que d’autres, ceux de Public Sénat, obligent leur direction à faire passer l’intégralité de la vidéo!
Accorde-t-on trop d’importance à ces quelques prhases ministérielles ? Est-ce vraiment
Internet qui est coupable ? Naturellement pas. Imaginons un seul instant l’absence de cette facilité de communication, nous n’aurions rien su.
Qu’est-ce qu’un pouvoir qui n’hésite pas à la mise en scène lors des déplacements de ministres comme Luc Châtel dans un supermarché ou mieux le Président chez Faurecia ? Pourquoi voudrait-on un langage retenu?
Terminons par le plus triste : maintenant, que se passera-t-il ? Eh bien strictement rien !

Video :
http://www.20minutes.fr/article/346855/Politique-Hortefeux-Public-Senat-sort-ses-images-du-placard.php


Jean Vinatier

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jeudi 10 septembre 2009

Au-delà d’un PS en coma profond –N°522- 3e année

Pas d’été pour le PS ! A peine finie l’université d’été de La Rochelle, Antoine André et Karim Rissouli commettent un livre soulignant les fraudes intervenues lors de l’élection de la secrétaire générale du PS qui plombe Martine Aubry !¹ Hier un avion a largué des tracts hostiles à Ségolène Royal et à l’actuelle secrétaire générale, au-dessus de Poitiers. Voilà un parti où l’ennui ne risque pas de gagner les Français devenus des spectateurs !
Evidemment, les différents leaders s’étripent à une ardeur toujours renouvelée pour la plus grande joie de leurs adversaires. Le PS aborde donc les régionales avec de lourds handicaps. Les barons ne semblent pas disposer à s’unir et l’un d’entre eux, quoique exclu, Georges Frêche, se pose dans sa région du Languedoc-Roussillon en potentat. L’Elysée savoure chaque instant qui passe en concoctant une carte des circonscriptions électorales : le palais ambitionne la conquête de l’Ile-de-France, de PACA en comptant plus sur la capacité de nuisance des Verts que sur une véritable percée de l’UMP.
Que peut donc faire la rue de Solferino face aux coups reçus ? Si le résultat faussé des dernières élections est avéré comment la secrétaire générale pourrait-elle poursuivre son mandat ? Pour l’heure, les militants partagés entre le choc et le dégoût, optent pour la tactique de l’autruche.
Ni les deux dames, ni les éléphants et les éléphanteaux ne peuvent par eux-mêmes prétendre opérer la révolution de leur parti. Le drame qui guette le PS n’est pas tant sa disparition que son immobilité politique avec en arriére-plan un grand nombre de militants. Bref, le PS est une armée commandée par une multitude de prétendants sans la moindre idéologie.
Le MoDem, le PC, Parti de gauche, le NPA, Lutte ouvrière concourent à s’approprier une gauche devenue plus mythique qu’active : tout son outil idéologique est hors course !
En face, la droite et l’extrême-droite réunies sous la férule d’un seul homme, Nicolas Sarkozy, a toutes les apparences de la solidité alors qu’elles sont dans une auberge espagnole. Cette droite a-t-elle une idéologie ? Pas davantage mais c’est par choix.
Les Verts par leur jeu et l’habileté de Daniel Cohn-Bendit enterrent définitivement toute vie politique avec l’apparence d’un parti ordinaire.
La France arrive à un tournant, celui où la cité n’est plus régie par des idées qui regroupent et qui opposent mais par la seule communication toute puissante auprés de l’opinion publique. Mais l’opinion publique est-elle un corps politique ?
Les faits relatifs au PS doivent être replacés dans un champ plus vaste, celui de la nation. Or, l’effondrement de la vie démocratique dont les citoyens sont la base c’est-à-dire le peuple souverain, est un fait tragique. C’est cette lente et redoutable dépossession citoyenne à laquelle nous assistons.


Jean Vinatier

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Note :

1- Hold-uPS, arnaques et trahisons, Eds du Moment, Paris, 2009

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/08/les-verts-algues-toxiques-n511-3e-annee.html

http://www.seriatimonline.com/2009/07/requiem-pour-le-ps-n500-2eme-annee.html

http://www.seriatimonline.com/2008/11/au-ps-lalliance-des-dames.html

http://www.seriatimonline.com/2008/11/france-dbut-du-rveil-citoyen.html

http://www.seriatimonline.com/2008/11/ps-passion-sgolne.html

http://www.seriatimonline.com/2009/06/sarkozy-le-ministere-de-la-saint-jean.html

http://www.seriatimonline.com/2009/02/npa-nulle-part-autour.html


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mercredi 9 septembre 2009

Brésil : Samba pour Le Rafale-N°521-3e année

Au terme d’un bref déplacement de Nicolas Sarkozy, le Président Lula da Silva a confirmé la poursuite des négociations qui devraient, en mai-juin 2010, aboutir à la vente des avions militaires Dassault, les Rafale ; la France acceptant un transfert progressif de sa technologie et s’engageant à acquérir des avions de transport brésiliens.
Le souvenir de l’épisode marocain empêche toute précipitation y compris dans les rangs de la majorité. Les ouvriers de Dassault –et nous - veulent voir le contrat bel et bien signé avant de se réjouir.
L’important ne se situe pas seulement sur cette confirmation mais davantage sur les conséquences qu’auront ou pas cet accord plus stratégique que commercial et militaire.
Le Brésil sait très bien le signal envoyé à Washington et aux autres nations sud-américaines : Osez ! Brasilia se place dans sa logique de puissance continentale et de renforcement de liens commerciaux et stratégiques avec les autres nations-continents ( Inde, Chine, Russie…etc) : quelle autre meilleure preuve que celle de pouvoir choisir son armement en toute indépendance ?
Une lutte terrible va débuter du côté américain, Sud et Nord : le Pentagone et Boeing préparant, avec un temps de retard, une contre-offensive.
Du côté franco-américain, c’est plus compliqué. La Maison Blanche reçoit une flèche dont elle se passerait bien en ce moment où rien ne fonctionne ! Les Républicains avec une partie des démocrates sans omettre le CMI, les lobbies monteront au créneau pour contraindre le Président Obama à épauler Boeing, à taper du poing sur la table.
La Maison Blanche verra dans le Président français un personnage incontrôlable capable tout à la fois d’entrer dans l’OTAN, son organisation militaire domestique, et de prétendre rafler dans une zone sensible relevant quasiment de sa sécurité nationale, un accord stratégique ! Eh, oui, Messieurs, Nicolas Sarkozy, tout admiratif qu’il est des Etats-Unis (beaucoup moins de Barack Obama) n’hésite pas un instant à pénétrer dans ce que votre puissance estime être son pré carré !
Mais d’un autre côté, l’Elysée ne serait-il pas le maillon faible tant la communication est l’alpha et l’oméga ? Si les Michu applaudissent d’entrée le culot présidentiel, avons-nous une pensée stratégique quand le seul effet d’annonce supplée à toute autre réflexion ? On voit déjà se dessiner les grandes lignes des discours sarkoziens avec
la lettre européenne à trois mains du 3 septembre puis, maintenant, les Rafale : « la France parle haut et fort, elle n’est pas seule et ainsi de suite » ! La France a-t-elle une politique d’ensemble envers l’Amérique du Sud ? Ni plus, ni moins que l’Union européenne. Le Rafale est un coup et c’est tout : Sarkozy réussit là où Chirac et Villepin se sont plantés ! Sarko= Super Rafale….
Pour l’heure, on note que la simple annonce d’un futur accord stratégique bouleverse les pièces sur l’échiquier : c’est dire la fragilité, la sensibilité du monde!
Mais terminons par ceci de peu ordinaire, le fait même que nous nous affranchissions sans le préméditer du périmètre de sécurité des Etats-Unis, rend la France ipso facto moins atone que les autres nations !



Jean Vinatier

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mardi 8 septembre 2009

Jean Guitton : « …Communique à ce que tu as dans les mains »- N°520- 3e année

Philosophe, peintre, chrétien fervent ami du pape Paul VI, Jean Guitton (1901-1999) a laissé une œuvre abondante. Parmi ses écrits, Le travail intellectuel, publié en 1951 puis réédité en 1986. Ce court ouvrage de conseils à ceux qui étudient et lisent pourrait être suranné mais ici et là, on y glane des idées, des pistes. Jean Guitton tâche d’épauler les étudiants et ceux qui ne le sont plus, qui ne l’ont jamais été à savoir être à l’aise avec leur intellect.
N’oublions pas que Jean Guitton a été, depuis son camp de prisonnier, sensible à la notion de« révolution nationale » quand d’autres l’étaient à Uriage. Il publia
Fondements de la communauté française et Journal de captivité, 1942-1943.
Le texte ci-dessous est le dernier chapitre de l’ouvrage, « Extraits d’une lettre à un jeune homme de ce temps. »


« Avant que tu ne refermes ce petit livre, laisse-moi, jeune homme de ce temps, quels que soient ta race, ton pays et ta foi, ajouter quelques pensées encore…
[….]
La perfection n’est pas loin de toi. Que de temps l’on peut perdre à chercher le meilleur livre, la meilleure méthode, le meilleur ami ! A un élève qui lui demandait quel était le meilleur manuel, un vieux maître répondait : " Mon ami, c’est celui que vous avez. " Et l’on pourrait ajouter que le meilleur moment, c’est celui-ci ; le meilleur entourage, celui qui est là ; la meilleure pensée, celle qui te visite.
Ne cherche donc pas le meilleur. Mais communique à ce que tu as dans les mains, à ce que tu fais présentement, par l’application de ton esprit, cette dignité d’être le meilleur.
Ne remets pas à demain ce que tu peux faire en ce momen-çi ; mais, dans le même temps, ne cesse de renvoyer à demain cet innombrable qui ne peut rentrer dans la capacité si étroite du présent. Cela revient à dire : " Occupe par une toute petite chose la pointe du temps qui passe et rejette dans l’infini ton désir."
Accepte tes limites de toutes parts. La limite donne la forme, qui est une condition de la plénitude.

Et sans doute, il va falloir que tu passes par le laminoir de l’Ecole et, si tu es né en France, par les concours. Prête-toi à ce jeu nécessaire, mais en te conservant toi-même pour toi-même.
Ce qui importe, c’est que tu demeures au-dessus de ton travail et que tu fasses servir ce travail à te bien construire. Pour cela, je crois qu’il n’y a qu’un conseil à te donner, toujours incompris ou travesti, et qui le sera jusqu’à la fin : " Cherche le vrai. Ne dis pas ce que tu crois savoir, te taisant sur le reste. Exprime-toi avec sincérité et rejette les mots d’enflure. Va au pur, au profond, et à l’authentique. S’il t’arrive, ayant trouvé le vrai, d’avoir à le communiquer, fais-le de la manière qui sera la plus conforme à ta vérité intérieure. "

Aime ce qui est véritable et, à cause de cet amour, défie-toi de la compagnie exclusive des intelligents. Ne fréquente pas volontiers ton semblable ; tu le rencontreras toujours assez. Souvent, ce qu’on appelle intelligence dans notre monde moderne, c’est une certaine sensibilisation de l’esprit à ce qui est trop fin, trop subtil pour être saisi par les outils ordinaires de la connaissance : ainsi, l’idée abstraite, l’idéal dégagé de toute application, ou encore le paradoxe, la nuance….Cet exercice est difficile, il est lassant. Il exige que l’on donne à son esprit le frémissement d’un tissu particulièrement réceptif, qu’on le rende avide de l’absolu, de l’exceptionnel et du rare, qu’on le fasse susceptible, ingrat, passionné sur quelques points. Au fond, toute nature intellectuelle est hypersensible, bien qu’on la croie froide et impartiale. Ainsi, tu remarqueras que les intellectuels supportent mal la critique, quoiqu’ils se plaisent à critiquer : même les plus calmes et les plus positifs (songe à Descartes et à Pasteur). Pour se préserver, l’homme intelligent tend à vivre avec des approbateurs. On devrait souvent recueillir chez les gens d’esprit quelques paroles de ce genre : « Je me suis trompé. Vous aviez raison. Il faudra que je reconsidère. » Tu verras combien ces expressions sont rares dans les colloques des intelligences.
Autre grief. L’intelligence devrait nous adapter à tout, puisqu’elle est la capacité de devenir toutes choses. Il faut reconnaître que souvent elle nous cantonne, elle nous raidit. Péguy, qui a tant vanté la souplesse sans le prédicant. Mais l’horreur d’être pris pour pédant peut devenir en France un pédantisme à rebours. J’ai connu des esprits très fins qui n’usaient que de gros mots ; des dogmatiques qui se dissimulaient sous un sourire perpétuel ; des affamés de vérité pure qui ne pouvaient parler qu’avec ironie et en se donnant l’air de ne croire à rien.
Je me suis demandé, en observant ce qui se passe chez nous, pourquoi généralement les grands écrivains de ce pays ne sortent pas de concours de l’agrégation des Lettres, pourquoi l’art et même la science, voire la religion ont été souvent renouvelés par des esprits , ou peu cultivés ou bien issus de spécialités différentes de celles où ils devaient exceller plus tard. La raison ne peut être dans une moindre valeur de ceux qui préparent ces grands concours. Pour l’avoir professé jadis en « cagne » et en « taupe », je sais que l’on y rencontre les meilleurs d’entre les jeunes Français sous le double rapport de l’intelligence et de l’énergie inlassable. Pourquoi, au cours de l’existence, les voit-on se nouer, devenir automates et imitateurs de leur jeunesse, comme s’ils préparaient toute leur vie ces fameux concours ? Ne donne-t-on pas trop de charge à l’esprit jeune ? A-t-on raison de définir la valeur d’un homme par l’habileté, la rapidité et la chance de ses dix-huit ans ? L’envie me prend alors de critiquer notre système français qui s’empare des plus beaux jeunes, qui leur promet la terre et qui les épuise ; qui les ferme le plus souvent à la joie de créer des formes et même de bien jouir celles qui ont été découvertes par les autres. La méthode des Anglais qui laisse plus de loisir, qui n’oblige pas tant à l’émulation sauf dans les sports inoffensifs, qui retarde le temps de la spécialité, semble obtenir davantage de la nature humaine : car dans l’âge médian et producteur de la vie, l’Anglais n’est pas marqué par les rides de sa jeunesse, qui au contraire le porte et l’oxygène.
L’idéal serait de se faire initier assez vite, par un maître sachant simplifier, à tout ce qui est vraiment indispensable pour apprendre une spécialité, afin de s’éviter les embarras inutiles du commencement ; puis l’on se donnerait du temps libre et on marcherait selon ses inspirations. Tel est bien le service que l’aîné des Broglie a rendu à son jeune frère Louis, lorsque celui-ci, après sa licence d’histoire et des études sur le moyen âge, se tourna soudain vers les mathématiques et l’étude des quanta : il était ainsi délivrer de ce scolaire préparatoire qui dégoûte et qui empêche un esprit neuf de s’exercer. De même, dans un autre ordre, Cézanne : on lui avait seulement appris à se servir d’une toile, de la couleur et des brosses et j’imagine qu’une heure dut suffire. Le reste, il se donna à lui-même en face de la nature de Provence, qui fut son seul maître.
Le principal est de faire ce que conseillait le vieil Ecclésiaste : se donner de la joie dans son travail, faire jouir son âme au milieu de son travail. »
¹



Jean Vinatier

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Source :

1- Jean Guitton, Le travail intellectuel, Aubier, Paris, 1986, pp.181-185.

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lundi 7 septembre 2009

Edito : Omerta Sur Gabon –N°519- 3e année

Au lendemain d’une élection présidentielle singulière qui a vu, ô ! Etonnement la victoire de Bongo II, les nombreux et violents troubles intervenus dans plusieurs villes gabonaises dont Port-Gentil ont été soigneusement tus par les médias télévisuels français. Point d’image sur l’incendie du consulat général, pas de reportage sur l’évacuation maritime temporaire par l’armée française de nos ressortissants…et ainsi de suite !
Total et Bolloré, par exemple, ont une puissance que les Etats français et gabonais s’abstiennent de contester. La Francafrique fonctionne sans anicroche particulière. Les médias télévisuels français ne surprennent pas par leur attitude qui va au-delà de la frilosité.
Au nom de quoi, était-il mauvais d’informer les spectateurs et lecteurs français ? On cherchera en vain un motif. Ce n’est évidemment pas la crainte de perdre un budget publicitaire qui a pu rendre ces médias prudents et assurer un service minimum….
On l’a compris le Gabon n’est ni l’Iran, ni l’Afghanistan ! Ce pays ne mérite donc rien ni apologie, ni attention, ni critique…Tout va bien à Omerta Sur Gabon, un pays d’Alice au pays des merveilles…


Jean Vinatier

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vendredi 4 septembre 2009

Lettre à trois mains européennes avant l’orage de Pittsburgh ?–N°518- 3e année

L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont rédigé et envoyé hier une lettre commune à la Suède, pays présidant l’Union européenne à trois semaines du sommet du G20 à Pittsburgh.
La lecture de ce document pourrait bien marquer un tournant pour l’Union européenne à condition, naturellement, qu’elle présente un front commun et solidaire avant pendant et après le sommet.
Si l’on ne doute pas des volontés très fermes d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy pour d’évidentes raisons de politique intérieure, le maillon faible de ce trio est le Royaume-Uni. En apposant sa signature, Gordon Brown se démarque de la City : quel est le poids de son engagement ? Est-ce une manœuvre, une habileté ?
Les Européens auront en face d’eux deux écueils de taille :
1-Les Etats-Unis , puissance invitante, est la seule nation a n’avoir rien proposé ni fait depuis le début de la crise. Le nouveau Président n’a pas engagé la moindre réforme : Wall Street et la FED en imposent toujours à la Maison Blanche.
2-La Chine, si elle conteste l’hégémonie du dollar, ne brille pas par ses ardeurs réformatrices économiques et financières. Son économie est une superposition de bulles orchestrée par les crédits.

La lettre commune heurte de plein front tout ce que le monde anglo-saxon de la finance veut préserver. La réunion de Pittsburgh s’annonce bien orageuse, très difficile.


« M. Fredrik Reinfeldt
Président du Conseil européen


Paris, le 3 septembre 2009
Monsieur le Président,

Les chefs d’Etat et de Gouvernement du G20 se réuniront à Pittsburgh les 24 et 25 septembre 2009. Un message fort et commun des Etats européens du G20 sera un préalable décisif pour assurer le succès de ce sommet. Il est essentiel que les chefs d’Etat et de Gouvernement, à l’occasion de ce sommet, continuent à mettre en oeuvre les mesures de politiques économiques qu’ils ont décidées et qu’ils réaffirment leur volonté de développer un nouveau modèle de croissance soutenable et une meilleure organisation des marchés financiers, afin que la crise que nous avons vécue ne puisse pas se reproduire. Dans le cadre de la préparation du sommet du G20 de Pittsburgh, nous souhaitons attirer l’attention de nos partenaires de l’Union européenne sur les sujets suivants.
Alors que les indicateurs conjoncturels témoignent d’une stabilisation de l’économie, la crise n’est pas terminée et le marché du travail continuera de souffrir des conséquences de la faible utilisation des capacités de production dans les mois à venir. Ensemble, nous devons délivrer le message à Pittsburgh que nous sommes déterminés à mettre en oeuvre résolument nos plans de relance. S’il n’y a pas d’alternative aujourd’hui aux mesures que nous avons prises pour lutter contre la crise, nous devons être attentifs à ne pas créer les conditions de nouveaux déséquilibres globaux dans le long terme. Nous devons donc travailler sur des stratégies de sortie qui seront mises en oeuvre de manière coordonnée dès que la crise sera terminée.
L’un des enjeux clés du sommet de Pittsburgh sera de concevoir l’architecture d’un cadre de régulation internationale pour le secteur financier afin qu’il soit au service de l’investissement et de la croissance. L’atténuation des tensions financières a conduit certains établissements financiers à penser qu’ils pourraient renouer avec les mêmes principes d’action qui prévalaient avant la crise. Nous ne pouvons l’accepter.

Le sujet des rémunérations dans le secteur financier est un enjeu important qui doit être discuté à Pittsburgh et qui constituera un résultat concret de notre engagement à construire un système financier plus stable. Nos concitoyens sont particulièrement choqués par le retour de pratiques condamnables, alors que l’argent des contribuables a été mobilisé au plus fort de la crise pour soutenir le secteur financier. Nous avons pris des engagements à Londres et le Conseil de Stabilité Financière a élaboré une série de principes. Sur ces bases, nous pensons que le G20 devrait s’accorder à Pittsburgh sur les conclusions supplémentaires suivantes :

- Nous devons améliorer la gouvernance : des comités de rémunérations impliquant le conseil d’administration et le personnel, y compris les contrôleurs des risques, doivent être mis en place afin de définir et de développer les politiques de rémunération :
- Nous devons accroître la transparence : des obligations appropriées de publication doivent être imposées aux banques ;
- Les politiques de rémunération doivent encourager la prise en compte des risques pour toutes les personnes impliquées dans la détermination des risques encourus par une institution financière : (i) la rémunération variable, y compris les bonus, doit être fixée à un niveau approprié par rapport à la rémunération fixe et doit dépendre de la performance de la banque, des lignes de métiers et des individus. (ii) Lorsque des stocks options ou des actions sont distribuées au titre de la rémunération, elles ne doivent pouvoir être exercées ou vendues qu’après une période déterminée. (iii) Les rémunérations variables doivent prendre en compte les développements négatifs. Ceci signifie que les bonus garantis doivent être évités. Le paiement d’une majeure partie des rémunérations variables significatives doit être étalé dans le temps sur une période appropriée et peut être annulé en cas d’évolution négative de la performance de la banque. (iv) Les dirigeants ne doivent pas être totalement immunisés sur les risques qu’ils encourent (par exemple par des franchises obligatoires). Pour les dirigeants des entreprises cotées, le conseil d’administration doit avoir les moyens de réduire la rémunération des dirigeants en cas de détérioration des performances de la banque.
Le G20 doit transformer ces principes en règles obligatoires pour les institutions financières qui disposent d’activités complexes et risquées de taille importante et s’assurer que des sanctions existent au niveau national pour les banques qui n’appliquent pas ces règles. Par exemple, les gouvernements pourraient ne pas accorder de mandats à des institutions financières dont il est reconnu qu’elles n’appliquent pas les règles agréées au niveau international.

Nous devrions également examiner les moyens de limiter le montant des rémunérations variables dans les banques soit en proportion des rémunérations totales, soit en fonction des revenus et/ou des profits de la banque.
En outre, les activités de spéculation qui représentent un risque pour la stabilité financière doivent également être découragées en augmentant les exigences de fonds propres sur ces activités, comme le recommande déjà le comité de Bâle. Les règles de Bâle 2 doivent être mises en oeuvre pleinement pour assurer une égalité des conditions de concurrence dans tous les pays représentés au Comité de Bâle.
Le G20 doit traiter le problème de l’aléa moral créé par les institutions financières de nature systémique. Les ministres des finances devront examiner les moyens de renforcer les obligations de supervision pour ces institutions afin de refléter le niveau de risque systémique qu’elles font peser sur le secteur financier et comment ces institutions peuvent être démantelées si nécessaire sans perturber le secteur financier dans son ensemble.
En matière de juridictions non coopératives, en se fondant sur les avancées réelles constatées, nous devrions nous accorder sur une liste complète de contremesures qui pourraient être mises en oeuvre à compter de mars 2010 pour les juridictions qui n’ont pas mis en oeuvre de manière effective les normes internationales en matière d’échange d’informations fiscales.
Nous devons aussi à Pittsburgh jeter les bases d’une nouvelle coopération économique mondiale qui ne pourra s’exercer qu’avec le soutien d’organisations internationales fortes et légitimes. Nous devons donc arrêter la feuille de route de la nécessaire réforme de la gouvernance et de la représentation au FMI, qui doit être conclue en janvier 2011, et de la Banque mondiale, qui doit s’achever au printemps 2010.
Nous devrons passer en revue la mise en oeuvre des engagements pris à Londres en matière de financement. En particulier, l’ensemble des nouvelles contributions bilatérales devra être intégré dans les nouveaux accords d’emprunts du FMI. Nous devons mener à bien le processus de revue du capital des banques multilatérales de développement. Pour soutenir les plus pauvres dans les pays en développement, tous les pays du G20 devraient adopter l’initiative « Tous sauf les Armes », afin d’adresser un signal déterminé d’action en faveur du développement.

Enfin, nous devons faire progresser notre travail sur une Charte pour une activité économique soutenable qui ancrera la soutenabilité comme un principe fondamental de l’économie mondiale et permettra à l’avenir de prévenir les crises telles que celle que nous avons vécue.
Tels sont les grands principes qui doivent guider nos travaux dans la perspective du sommet de Pittsburgh afin que nous soyons en mesure de proposer à nos concitoyens les fondations concrètes de la croissance future.
Nous adressons une copie de cette lettre aux membres du Conseil européen.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Angela Merkel Gordon Brown Nicolas Sarkozy »



Jean Vinatier

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Sources
:

http://www.banque-france.fr/fr/publications/telechar/rsf/2003/etud1_1103.pdf

http://www.bis.org/publ/bcbsca.htm



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jeudi 3 septembre 2009

Patagonie : l’UNASUR : Au nom des Sud-américains -N°517- 3e année

L’UNASUR est une jeune organisation panaméricaine qui a succédé en 2007 à la Communauté sud-américaine des nations, elle-même établie en 2004. Tous les Etats de ce continent en sont membres. Notons, au passage qu’étrangement la France (Guyane) n’a pas demandé un poste d’observateur.
L’annonce de l’installation de 7 bases états-uniennes en Colombie a donné le ton du sommet de l’UNASUR le 28 août à Bariloche en Patagonie. Une déclaration commune a été publiée et le Conseil de défense sud-américain a été saisi

Les critiques n’ont pas tardé sur la longueur des débats retransmis en direct à la télévision et la faiblesse apparente du texte final qui soulignait notamment : « la présence de forces militaires étrangères ne doit pas menacer la souveraineté et l'intégrité d'un pays sud-américain, ni la paix et la sécurité de la région »²
L’absence du Président colombien, Alvaro Uribe a été regardée comme un désaveu cinglant apporté à la crédibilité de l’UNASUR. Le Brésil et l’Argentine, deux puissances fort liées sur le plan nucléaire, ont, pourtant, été d’une grande vigueur sur le problème posé par ces nouvelles bases militaires US censées n’être là que pour lutter contre les cartels de la drogue.
Une seconde réunion est prévue dans les jours à venir:
« pour tenter de définir des mécanismes de contrôle de la présence militaire américaine en Colombie…»
A première vue cette ligne ressemble à un copier/coller d’un compte-rendu d’une réunion de l’OTAN. Mais l’Amérique du Sud, contrairement, à ce que l’on feint de croire, comprend très bien la nécessité de rappeler que la souveraineté nationale doit être entendue au plein sens du terme et que l’UNASUR ,dés lors, en serait le porte-parole.
Le Président brésilien, Lula da Silva, voulait convier le Président Obama afin qu’il s’explique sur cette extension armée. Le locataire de la Maison Blanche s’il avait agréé cette invitation aurait été presque devant un tribunal ! En fait, le Brésil, fort de son développement économique, entend jouer à parts égales avec les Etats-Unis. Les souvenirs tragiques laissés par toutes les dictatures sud-américaines toutes financées directement ou non par la CIA sont présentes dans tous les esprits. Et la destitution du
Président hondurien rappelle ô combien que le danger n’est jamais très éloigné.
Les Etats réunis à Bariloche entendent circonvenir toute dérive militaire américaine par une surveillance active. Principe intéressant parce qu’il oublie de tenir compte de la faiblesse du Pentagone et du désordre régnant au sein des agences de renseignement. Est-ce le seul unilatéralisme nord-américain –après le refus de l’Equateur de prolonger l’existence de la base de Manta- plus que tout autre chose qui vexe et horripile les Sud-américains ? Où la crainte de l’emprisonnement via les 700 bases US réparties sur les 5 continents comme le souligne Pepe Escobar ?
³
L’Amérique centrale, le Mexique ne parvenant pas à poser de justes bornes aux choix de son voisin du Rio Grande, le Brésil a-t-il tort de hausser le ton soutenu par les nations hispanophones ?Non.
Le sommet de l’UNASUR est une étape importante vers l’émergence de l’Amérique du Sud comme puissance continentale avec des institutions communes dont le futur parlement qui siégera à Cochabamba en Bolivie. Nous sommes, naturellement, au commencement avec une foule d’obstacles mais c’est cette dynamique positive qui importe. Cette démarche continentale rejoint les projets, pan asiatique, panafricain et met l’Union européenne, les Etats-Unis face à de nouvelles donnes.

Le Président brésilien n’est pas anti-américain, il veut tout simplement que l’Amérique du Sud soit elle-même dans ses choix stratégiques. Les Européens feraient bien d’ouvrir les yeux et de commencer à penser en individus libres.


Jean Vinatier

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Site de l’UNASUR :

http://www.unasur.org/


Notes :

1-Déclaration de Bariloche (espagnol) :
http://www.latinreporters.com/amlatUnasurDeclarationBariloche28082009.pdf


2-
http://www.dedefensa.org/article-leur_doctrine_de_monroe__31_08_2009.html

3-US's 'arc of instability' just gets bigger:
http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KI03Df01.html

Sources :
L'Unasur surveillera tous les accords militaires en Amérique du Sud :
http://www.latinreporters.com/colombiepol29082009.html

Una victoria para Uribe, que logró neutralizar la ofensiva en su contra :
http://www.clarin.com/diario/2009/08/29/elmundo/i-01987988.htm

Dichosa Colombia... tan cerca de EE.UU :
http://www.elespectador.com/columna159110-dichosa-colombia-tan-cerca-de-eeuu


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mercredi 2 septembre 2009

Hôtels Lambert et de la Marine, Versailles : patrimoine sur sellette –N°516-3e année

Le propriétaire actuel, Abdulhah Bin Khalifa al-Thani, frère de l’émir du Qatar pensait-il que la seule bénédiction élyséenne suffirait à désarmer tous les détracteurs ? En tout cas, l’irritation doit commencer à le gagner…
La mobilisation contre les travaux de l’hôtel Lambert ne faiblit pas :
une pétition a déjà recueilli prés de 8 000 signatures. L’ambassadeur de Pologne, Tomasz Orlowski, a écrit à Frédéric Mitterrand afin de lui rappeler que cet hôtel fut la résidence du prince Adam Jerzy Czartoryski(1770-1861), personnage emblématique de la résistance polonaise au XIXe siècle : « ….comment oublier l’importance d’un tel personnage historique ? »
Le patrimoine français est donc sur la sellette, notamment avec la dévolution de l’hôtel de la Marine -immeuble d’Etat depuis l’origine ! - à un groupe hôtelier et les projets de grands travaux prévus dans le château de Versailles : la reconstruction de l’escalier des ambassadeurs en serait le point d’orgue !
Si le grand public ne se passionne pas trop pour ces questions et les « touristes de Panurge » moins encore, il est important que des personnalités se saisissent de tous ces dossiers pour relancer la question du devenir du patrimoine historique français.
Que peut-on faire avec un monument historique ? Qu’est-ce qu’un patrimoine ? Doit-on conserver, c’est-à-dire entretenir le bâtiment ou bien le remanier jusqu’à le repenser?
A Versailles, un mouvement exerce un lobbying actif pour que l’on y opère des chantiers importants : outre l’escalier des ambassadeurs, le devenir des aîles de Gabriel (celle de gauche achevée sous Louis XVIII est plus courte que celle de droite) est en question. Peut-on ainsi décider de modifier ce château à la seule fin de mieux présenter le « produit » aux tours opérators et aux nouveaux mécènes ? En toute logique, la galerie des batailles (Louis-Philippe Ier) ne devrait-elle pas disparaître pour que les anciens appartements renaissent
?
L’hôtel de la Marine ex-garde-meuble de la Couronne, est un bien d’Etat depuis sa construction. Les autorités publiques ont-elles le droit de le confier à des sociétés privées, d’en changer la destination ? Le même problème se posera pour l’hôtel de Brienne occupé par le ministre de la Défense lorsque le « French Pentagone » sera achevé !
L’Hôtel Lambert est depuis toujours une habitation privée et il n’est pas un bien national. Le fait qu’il soit le seul hôtel des années 1640 en état au début du XXIe siècle suffit-il à justifier la campagne menée contre l’immense chantier ? Le choix d’Alberto Pinto, lui-même placé sous la surveillance d’Alain-Charles Perrot, architecte en chef des monuments historiques, pour mener à bien ce chantier n’est-il pas un gage de qualité ? Le hic tient à la modernisation de cet hôtel : les travaux prévoient, notamment, l’installation d’ascenseurs qui perforeront les plafonds et la climatisation. Le souhait de son propriétaire est d’y habiter avec tout le confort de son temps. Bernard Fonquernie, architecte en chef honoraire, déplore que le
« cabinet de Jean-Baptiste Lambert [soit] réduit à l’état de pièces de service. » ? Est-on si sûr que les précédents propriétaires, du prince Czartoryski au baron de Rédé, n’ont pas modifié les pièces au gré de leurs envies ? Naturellement non!
Jusqu’à présent le frère de l’émir du Qatar s’est bien gardé bien de faire la moindre déclaration : c’est dommage. Abdulhah Bin Khalifa al-Tani nourrit un intérêt pour l’architecture française, possède plusieurs résidences parisiennes et parle la langue de Molière.
Où que l’on regarde, on s’aperçoit que la politique patrimoniale officielle est dans une confusion inquiétante : on ne sait plus très bien ce qu’est un monument historique, un patrimoine. D’un côté nous avons un fort mouvement pour que soit légitimement respecté « l’esprit de l’hôtel Lambert », de l’autre un quasi-silence sur les projets majeurs intervenants dans des biens nationaux : où est la logique ?
Versailles depuis Christine Albanel et l’hôtel de la Marine en font déjà les frais….
Le désordre est patent !

Jean Vinatier

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In Seriatim :

Jeff Koons un « Mickey l’ange » à Versailles :
http://www.seriatimonline.com/search/label/Jeff%20Koons



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mardi 1 septembre 2009

Yémen: plaque tectonique -N°515- 3e année

«Une République plus assurée dans ses fondements et mieux insérée dans son environnement régional […] 11 ans après l’unification du Yémen, l’unité paraît assurée… » ce sont deux titres extraits du rapport commis par nos sénateurs en 2001¹. Ces doctes élus seraient-ils des Bouvard et Pecuchet ?
En 2009, Khaled Fattah chercheur à l’université de Saint-Andrews dans une interview à
L’Orient-Le Jour est moins serein : « En comparaison aux autres États arabes, le pouvoir central yéménite est le plus faible et le plus fragile de la région. Ce pouvoir ne s'exerce que sur moins de 35 % du territoire. D'où une inquiétude sérieuse sur la perspective d'une faillite totale de l'État yéménite qui entraînerait une « somalisation » ou une « afghanisation » du Yémen.La faiblesse du pouvoir central yéménite est manifeste au niveau de l'absence de l'État de plusieurs zones du pays, de l'incapacité des institutions étatiques à lutter contre l'anarchie et le désordre social, de la médiocrité des services gouvernementaux de base et dans l'impact très limité des contrôles de l'État. J'ai déjà dit que le Yémen est devenu, aujourd'hui, l'un des meilleurs exemples d'entités politiques où l'État procède à une "autoannulation". »²
Le Président-maréchal, Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978 qui appartient à l’une des trois plus importes confédérations tribales du nord, les Hashid ou Hached avec les Bakil et les Khawlan, a sans doute conscience qu’il est sur un baril de poudre. Tout le long de la frontière, le royaume Saoudien n’a jamais abandonné l’idée d’établir sa suzeraineté dans un pays qui compte 55% de sunnite et 45% de chiite: Riad finance un grand nombre de tribus et de fractions.
A l’intérieur le Président Saleh, un chiite, fait face à la révolte des zaïdites ou houtis également de la même confession et du Mouvement des Jeunes croyants qui opèrent dans la région de Sa’ada au nord-ouest.
Cette montée en puissance des zaïdites s’appuie notamment sur deux structures politiques, la première est le
Parti du Droit (1990), la seconde, l’Union des forces populaires née juste avant la révolution de 1962 qui renversa l’imâmat entre les mains de la dynastie des Zaïdi depuis l’an 897. Si ces deux partis ont des différences certaines, ils s’accordent autour du principe zaydite de la juste « révolte contre le gouverneur injuste et corrompu »…ce qui est le cas du Président Saleh !
La partie Sud du Yémen avec Aden paraît plus tranquille pour deux raisons : les Britanniques puis le régime communiste qui s’y développa entre 1967 et 1990 veillerent à affaiblir les tribus qui s’y trouvaient.
En face, le Yémen a, outre Oman, pour voisins immédiats, le long de la mer Rouge, l’Erythrée, l’Ethiopie, Djibouti et la Somalie : une zone géostratégique de première importance.
Le pouvoir personnel du Président Saleh pâtit de ses oscillations politiques : n’a-t-il pas envoyé des milliers de djihadistes combattre les Russes en Afghanistan dans les années 1980, puis les a enrôlés, à leur retour, dans l'armée pour mater la rébellion séparatiste du Sud, avant de les utiliser comme supplétifs contre les insurgés zaïdites (chiites) dans le nord ?
D’un côté, il veut acceuillir les 96 détenus yéménites détenus à Guantanamo en plaidant pour un rapprochement avec les Etats-Unis, de l’autre il cherche à donner des gages aux factions qui agitent considérablement le pays.
Après tout le Yémen n’est en rien un pays stable. Sa longue histoire témoigne de sa capacité depuis le le IVe siècle à passer notamment du polythéisme au monothéisme, en l’occurrence la religion juive puis à celle chrétienne avant de se convertir à l’islam d’abord sunnite puis chiite !
Le Yémen est une plaque tectonique assez redoutable et délicate à manier. L’antique Arabie heureuse se situe au carrefour d’intérêts de grandes puissances régionales comme l’Arabie Saoudite et mondiale comme les Etats-Unis. Si l’attention que l’on marque au retour supposé de Ben Laden (d’ascendance yéménite) et d’Al-Quaida (« la base ») est juste, elle occulte, un peu trop toute la vigueur de la vie tribale ou politique.


Jean Vinatier

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Notes:

1-
http://www.senat.fr/ga/ga35/ga352.html

2-
http://www.lorientlejour.com/category/Sanaa+n%E2%80%99exerce+son+pouvoir+que+sur+un+tiers+du+territoire+national/article/628237/Sanaa_n'exerce_son_pouvoir_que_sur_un_tiers_du_territoire_national.html

Sources :

Samy Dorlian, « Zaydisme et modernisation : émergence d’un nouvel universel politique ? », Chroniques yéménites, 13, Numéro 13,2006,URL :
http://cy.revues.org/document1365.html.

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/10/BONNEFOY/14054

lundi 31 août 2009

Japon fluctuat nec mergitur –N°514- 3e année

Les grands bruits autour de la victoire du parti démocrate du Japon (PDJ) contre le parti libéral sont-ils fondés ? On nous dit que la fin de cinquante années de pouvoir libéral marque un tournant dans l’histoire du Japon contemporain.
Avec ce futur Premier Ministre,Yukio Hatoyama, on assiste à un retour progressif des grandes familles dans la vie politique de l’empire du Soleil Levant. Fils d’Ichirō Hatoyama, ministre des Affaires Etrangères, petit-fils du Premier Ministre, Ichirō Hatoyama, arrière-petit-fils de Kazeo Hatoyama, Président de la Chambre des Représentants. Son grand-père maternel, Sojiro Ishibashi est le fondateur des pneus Bridgestone. Est-ce tout ! Non, le frère aîné du prochain Premier Ministre était ministre libéral depuis 2007 !
Yukio Hatomaya arrive avec des idées sociales et politiques qui se veulent plus audacieuses et moins entourées par la langue de bois. Mais la plupart des observateurs estiment que celui-ci n’a pas les moyens de sa politique. Le Japon seconde puissance économique mondiale connaît le chômage le plus élevé, sa jeunesse a déserté toute participation à la vie politique. Sur le plan politique Tokyo entend assumer tout son rang comme puissance asiatique et ne veut plus être un simple pion de l’Etat-Major américain. Voilà plusieurs années que le parti libéral encourageait la remontée du nationalisme mais en veillant à ne pas alerter la Maison Blanche.
Yukio Hatomaya comme sa famille, est influencé par l’œuvre du comte de Coudenhove-Kalergi (1894-1972) né à Tokyo d’une mère japonaise. Ce noble de l’empire austro-hongrois a été le premier promoteur du mouvement paneuropéen dans les années 20. Or, les projets d’union asiatiques ou de pan-Asie existent aujourd’hui, la Chine et l’Australie étant les plus actifs.
Seuls quelques cercles américains songent encore à miser sur la rivalité sino-japonaise pour barrer la route à toute idée d’union politique entre les puissances d’Asie. C’est naturellement une chimère : tant Pékin que Tokyo ont tiré toutes les leçons du passé. On dit même qu’une monnaie commune serait à l’étude !
Si l’on fait un rapide résumé de la situation, nous avons un Japon convaincu qu’il est temps de passer à une autre période historique. Le parti libéral a accompli les premiers pas, le parti démocrate fera donc les autres. Hiroshima et Nagasaki ont longtemps terrifié les Japonais avant que ces deux évènements tragiques ne permettent de réfléchir à reprendre un cours historique.
Peut-être que Yukio Hatoyama fédérera-t-il toutes les diversités d’opinion…C’est de toute manière dans l’air du temps. Où que nous regardions la planète, partout surgit l’idée de se réunir par continent……


Jean Vinatier

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Sources:

http://www.observingjapan.com/2009/08/hatoyama-is-problem-for-dpj.html

http://www.boulevard-exterieur.com/article.php?rubrique=1&ssCat=&id=805


In Seriatim :

Australie

http://www.seriatimonline.com/2008/02/australie-kevin-rudd-vers-lasie.html
http://www.seriatimonline.com/2008/07/laustralie-propose-lunion-des-etats.html

Japon :

http://www.seriatimonline.com/2008/09/tar-as-premier-ministre-japonais-les.html



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samedi 29 août 2009

Démocratie afghane dicture iranienne, l’Occident fait le borgne….N°513- 3e année

N’est-il pas curieux de constater le silence des Européens et des Etats-Unis lors de l’élection présidentielle afghane ? Il est vrai qu’Hamid Karzaï avait tout bien préparé c’est-à-dire qu’il s’était assuré par tous les moyens l’appui des principaux seigneurs de la guerre. Il respirait d’aise en sachant que les observateurs internationaux ne seraient pas présents ou si peu. Quoi de plus normal, l’Afghanistan est comme chacun sait une démocratie exemplaire tout à l’inverse de l’Iran ! Souvenez-vous de tout le tintamarre qui s’était déchaîné alors, non sans raison ! Pourtant, on n'en distingue pas trop bien que ce qui fait de Kaboul une avant-garde de la démocratie et de Téhéran l’épicentre des ténèbres ?
Les Etats-Unis et leurs otaniens savent, pourtant, que la bataille afghane est perdue quoi qu’ils fassent, quels que soient les moyens déployés. Bataille perdue militairement et politiquement. Rien n’y fait, l’émissaire américain Richard Holebrooke a sermonné avec une rare violence Karzaï pour lui expliquer comment il fallait agir ! Scène étonnante entre le maître et sa marionnette révoltée (Karzaï)! De Moscou à Pékin en passant par Téhéran on doit rigoler!
Si Richard Holebrooke obtient in fine qu’un second tour de l’élection présidentielle intervienne entre Karzaï et Abdulhah, croit-il que la donne sera changée ? Pas du tout ! La Maison Blanche démontre qu’elle n’acceptait un résultat qu’aprés l’avoir avalisé : bel exemple effectivement de pratique démocratique ! Après tout, même en Europe, les peuples français, néerlandais et irlandais savent bien qu’ils n’ont pas le choix lorsqu’ils sont consultés par un référendum : ils doivent cocher la case choisie pour eux point barre !
L’Afghanistan doit rester un pays Potemkine et l’Iran celui du Diable : dans les deux cas, nous avons une vie politique intense mais avec des mœurs dans lesquelles nous ne nous reconnaissons pas. Nous savons aussi nous monter également accommodant : lors de l’affaire Clotilde Reiss, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à solliciter la Syrie, l’alliée fidèle de l’Iran pour obtenir sa libération. Si le Président français s’applaudit, il oublie de dire que Téhéran, du coup, via Damas gagne un degré de puissance supplémentaire !
L’Occident ou l’ensemble Atlantique offre son désordre, son agacement face à des pays qu’il prétend façonner selon un modèle démocratique (Democracy S.A) en tout point éloigné de la liberté, de l’égalité et de la fraternité et qui s’inscrit dans une guerre des civilisations.

Jean Vinatier

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jeudi 27 août 2009

Barack Obama : déjà l’hiver….. ?N°512- 3e année

La disparition de Ted Kennedy est un coup très dur pour Barack Obama. Le dernier des Kennedy jouissait d’une influence considérable dans la vie politique américaine et il ne se cachait pas pour en critiquer les dérives, dire son pessimisme sur l’avenir du pays.
Barack Obama est un homme énigmatique qui devient de moins en moins audible pour son peuple. Il rêve de changer les Etats-Unis mais il débute son ambition entouré de tous ceux qui sont du plus grand conservatisme et qui lui font comprendre chaque jour que sa victoire est aussi leur !
L’intense bataille qui se déroule sur le sol américain au sujet de la réforme de la Santé illustre bien le carrefour auquel arrive cette nation. Les Républicains agitent le spectre d’une socialisation de la société américaine si le projet de sécurité sociale se mettait en place. D’Europe, on mesure très mal la puissance du « rêve américain » celui des pionniers qui, par eux-mêmes et sans aide, font leur fortune. La liberté américaine est là toute entière dans cette croyance. Du milliardaire au mendiant, ce « rêve » n’est pas une gageure. Il symbolise l’indépendance. Les Américains se moquent comme d’une guigne du reste de la planète : ils sont convaincus d’avoir le meilleur pays, les meilleures institutions. Les dizaines de milliers de migrants qui se pressent aux portes des Etats-Unis ne sont-ils pas la preuve que les Etats-Unis sont la nouvelle terre ?
Les Républicains et avec eux tous les courants les plus conservateurs et extrémistes fragilisent la stature de l’actuel Président non parce qu’il est noir (combien de temps mettront-ils avant de lui en faire le reproche ?) mais parce qu’il n’est pas un cow-boy ! Donc Barack Obama est-il un vrai Américain ? C’est là la stratégie retenue par tous les opposants au Président.
La situation économique et sociale étant désastreuse, de nombreux groupuscules jusqu’au-boutistes naissent dans tous les Etats. Le climat est délétère
La quasi-totalité des Etats des Etats-Unis sont en faillite : en Californie le gouverneur Arnold Scharwzeneger n’arrive même pas à faire accepter les reconnaissances de dettes (IOUS) par les banques et ne sait comment payer ses fonctionnaires !
Les médias européens se gardent bien de relayer l’exact état de cette puissance en nous ressassant que la reprise est là puisque les bourses montent sans difficulté. On omet de dire que ce sont les banques qui font la pluie et le beau temps entretenant une terrible illusion mais, les icebergs entourent le Titanic ! Les économistes tirent la sonnette d’alarme (Roubini, Stiglitz, Jorion) dans l’indifférence générale….
Barack Obama se heurte de plein fouet à toute une mythologie américaine en croyant faire évoluer son pays et assurer le minimum de protection sociale. Et par un effet boomerang puissant, il devient l’accusé !
En quelques mois Barack Obama chute d’une manière unique dans toute l’histoire des Etats-Unis. Sans doute paie-t-il cette désaffection de n’avoir pas voulu prendre des mesures radicales quitte à s’opposer à certains lobbies.
Aujourd’hui, le Président apparaît comme un homme pusillanime. Son caractère le porte à la conciliation alors que le peuple attend de lui des actes majeurs. Ainsi ses principales qualités deviennent des défauts. Mais le pire qui puisse lui arriver est justement qu’on doute de sa racine américaine.

Jean Vinatier

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mardi 25 août 2009

Les Verts : algues toxiques ? – N°511-3e année

Les Verts sont-ils les algues tueuses qui vont dévorer petit à petit le parti socialiste ? Les quadras de la rue de Solferino ruent de nouveau dans les brancards, Montebourg en tête, en annonçant diverses alliances au-delà des socialistes. Le MoDem s’en félicite.
Sous la houlette de Martine Aubry son parti ressent durement les contre-coups des élections européennes et ce à quelques mois des régionales du printemps 2010. La gauche gouverne toutes les régions françaises sauf une : l’Elysée se frotte les mains, tout ce désordre et cette dispute interminable qui ne débouchent jamais sur quelque chose de clair et net, jouent en sa faveur. La préparation de la nouvelle carte électorale est le petit plaisir supplémentaire que s’offre Nicolas Sarkozy, il est le maître du jeu !
Les Verts menés par Dany le Rouge doivent, après leur percée aux élections européennes montrer qu’ils s’installent dans le paysage politique français. Le programme écologique des Verts est à l’image du film de Yann Arthus-Bertrand, propre, lisse mais sans aucune mesure révolutionnaire. Les propositions des Verts sont beaucoup moins innovantes que celles de René Dumont en 1974. Nul n’a gardé un souvenir impérissable du ministère de Dominique Voynet entre 1997 et 2001.
Daniel Cohn-Bendit, s’il est un Vert historique, a jusqu’à présent tenu des discours tout à fait favorables aux idées sociales-libérales et à la libéralisation des services publics. Acteur important de l’intégration européenne, il encourage l’émergence des identités régionales.
Les Verts feraient-ils du social-libéralisme à la place du parti socialiste ? En tout cas, ce parti censé représenter une nouveauté dans le paysage politique français apparaît dés que l’on gratte à la surface comme une force politique plutôt conservatrice et même conformiste.
On comprend mieux pourquoi certains quadras socialistes lorgnent du côté des Verts : les points communs sont nombreux. Prenons par exemple, le cas de Cécile Duflot, secrétaire générale du parti écologiste depuis 2006. C’est une urbaniste, diplômée de l’ESSEC courageusement investie dans l’action sociale comme écrivain public dans les prisons. Cursus universitaire élevé, dimension sociale et discours sur l’eau et les oiseaux : voilà un CV qui séduit parfaitement tout un électorat de gauche favorable aux idées économiques et environnementales ambiantes qui ne peut rejoindre Parti de gauche de Mélenchon d’une part et qui se lasse, d’autre part des querelles internes de la rue de Solferino.
Sommes-nous au début d’une transformation radicale de la vie politique française ?
Nicolas Sarkozy a regroupé toutes les tendances de la droite jusqu’à l’extrême, et poussé ses pions en direction du centre, des radicaux de gauche, après avoir défoncé le mur d’enceinte socialiste par sa politique d’ouverture. Face à ce mastodonte, le parti socialiste n’a pas su ou voulu faire sa propre révolution. Le parti se délite, se décompose pour reprendre le mot de Besancenot.
Les Verts ne semblent pas novateurs. Ils épousent parfaitement toute l’idéologie officielle que promeut Bruxelles : n’étaient-ils pas favorables au traité de Lisbonne ? Ils récupèrent toute une frange d’un électorat séduit par l’apparente sympathie que procure tout discours sur la nature et le retour à « l’authenticité ». Mais José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly sont-ils véritablement convaincus par ce qu’ils disent ou font ? Ce sont des hommes habiles, des bretteurs efficaces mais des pragmatiques à l’égard du système en place. Rien de révolutionnaire chez eux. Si l’on osait, on pourrait trouver des passerelles entre eux et Nicolas Sarkozy tout comme il y a des similitudes entre ce dernier et Ségolène Royal !
Les Verts sont-ils une algue toxique hors le PS ? Les Verts et l’UMP accélérent la fin de la division droite/gauche. Si l’UMP est le parti de l’ordre et de la prévention sécuritaire, les Verts sont le parti de l’émotion et du sentiment. Toutes les autres représentations politiques sont refoulées aux périphéries.
Il n’est pas du tout certain que la montée en puissance des Verts et de l’avide UMP répondent véritablement aux attentes des citoyens français.
Ne l’oublions pas, la France est à la recherche d’une nouvelle identité et d’une idéologie !



Jean Vinatier

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vendredi 7 août 2009

Rappel

Prochain SERIATIM le 25 août
Bonnes vacances à toutes et à tous,
Jean Vinatier
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Moldavie : débarquement chinois –N°510- 2e année

L’année dernière, le Géorgie défrayait la chronique par une attaque insensée contre la Russie. Cette année, point de guerre mais une arrivée en force de la Chine en Moldavie. Le point commun entre la Géorgie et la Moldavie ? La mer Noire et au-delà….
La Chine, via la
Covec, a accordé un prêt d’un milliard de dollars aux autorités moldaves de Chisinau. Elle a annoncé qu’elle garantira « le financement de tous projets moldaves comme nécessaires et justifiés par la partie moldave » ! Comme l’écrit Bhadrakumar dans son dernier article¹, la Chine prend en charge l’ensemble de l’économie de ce pays.
Cette arrivée soudaine de la Chine en Europe n’a pas beaucoup retenu l’attention des médias alors qu’il s’agit d’une entrée en scène singulièrement originale.
La Moldavie est un jeune Etat entre l’Ukraine et la Roumanie qui réclame, légitimement, depuis 1945 le rattachement de cette ancienne principauté.
Dans une situation politique confuse même après les dernières élections, la Moldavie restera-t-elle une aire géopolitique russe ? L’Union européenne et les Etats-Unis essaient par tous les moyens de la contester. Cet Etat traditionnellement pro-russe n’a pu accueillir l’initiative chinoise qu’avec l’accord de Moscou.
Le bond en avant de la Chine surprend de prime abord quoiqu’il s’explique par les craintes pékinoises de voir les Etats-Unis et son organisation militaire l’OTAN annexer les pays qui bordent la Mer Noire comme un prélude à une offensive générale en Asie centrale. De son côté la Russie développe un partenariat de plus en plus serré avec la Chine. Moscou a apporté son soutien à Pékin dés les premiers événements du Xinjiang.
Il y a huit jours le Président Medvedev tenait un sommet à Douchanbe au Tadjikistan avec les chefs, pakistanais (son pays est très lié à la Chine) et afghan. Cette initiative se justifiait par le soin de la Russie de rappeler que l’équilibre régional lui importait énormément et donc signifier à Barack Obama et Joe Biden que le sud Asie n’était pas une zone réservée à la bannière étoilée.
Retrouverait-on tant en Asie centrale qu’en Europe une marche commune de la Russie et de la Chine ? Les faits semblent abonder dans ce sens. La Russie ne vient-elle pas de signer un accord avec la Turquie pour que le pipeline
South Stream passe dans les eaux turques coupant ainsi les ailes au projet Nabucco, soutenu par les Etats-Unis et l’Union européenne ! Cette signature n’a pu que satisfaire les autorités chinoises.
Et par contre-coup, ce sont bel et bien les Etats-Unis qui se retrouvent en face d’un gros problème géopolitique.
En effet, l’investissement chinois en Moldavie ne suppose-t-il pas que le gouvernement moldave ne fera rien pour devancer son adhésion tant à l’OTAN qu’à l’Union européenne ?
Le comportement grotesque du vice-président Joe Biden en Ukraine et son interview hallucinante dans le
Wall Street Journal² où il s’est livré à un dénigrement complet de la Russie tandis que le Président Obama faisait des sourires à Moscou a de quoi inquiéter sur la solidité de la politique américaine à moins qu’il ne s’agisse d’un cynisme complet ! Dans tous les cas, le jeu paraît bien imprudent !
La Chine vient d’apporter à la Russie un soutien non équivoque qui par conséquent, fait de l’Europe, un continent de son
"voisinage proche". Est-ce une bonne nouvelle pour nous ? Pas sûr du tout.
Bruxelles se tait sur cet événement moldave préférant se glorifier d’avoir accordé toutes les lignes de crédit à l’Ukraine pour que cette dernière s’acquitte sans problème de sa dette vis à vis de la Russie. Tout cela laisse songeur !!!!
Pour conclure nous voyons que Pékin et Moscou ont bien compris les tenants et les aboutissants de la guerre contre le terrorisme. La réponse chinoise aux événements du Xinjiang ne manque pas d’une grande audace et la facilité déconcertante avec laquelle la Russie a signé l’accord pour le pipeline
South Stream avec la Turquie annoncent des évolutions géopolitiques, peut-être, dramatiques pour l’Europe. Quant aux Etats-Unis, on ne sait plus très bien qui édicte la politique extérieure entre Obama, Biden et Clinton.

Jean Vinatier

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Notes :
1-
http://www.atimes.com/atimes/China/KH01Ad01.html

2-
http://online.wsj.com/article/SB124848246032580581.html

In Seriatim :

http://www.seriatimonline.com/2009/07/chineetats-unis-deux-anses-pour-un-vase.html

http://www.seriatimonline.com/2009/07/panikkar-lasie-et-la-domination.html

http://www.seriatimonline.com/2009/07/de-wall-street-shanghai-le-chant-du.html

http://www.seriatimonline.com/2009/07/turkestan-oriental-ou-le-xinjiang-entre.html

http://www.seriatimonline.com/2009/06/kirghizstan-duo-franco-americain-manas.html

http://www.seriatimonline.com/2009/06/ekaterinbourg-de-bric-et-de-brocs-n485.html


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jeudi 6 août 2009

Edito : Bonus ou pot aux roses – N°509- 2e année

Les banques françaises renouent comme leurs consœurs américaines avec la pratique des bonus lesquels se monteront à plusieurs milliards. Pour les justifier, les dirigeants de BNP-Parisbas se drapent dans les directives qu’auraient indiqué les dirigeants du G20 ! On est dans le mensonge le plus complet : le G20 n’a fait qu’émettre des souhaits et rien d’autre.
Le silence de l’Elysée, de Matignon, de Bercy est un aveu : le système reprend la main, continue son chemin comme avant la tempête de l’automne 2008.
Les dizaines de milliards prêtés par le gouvernement français à l’instar des milliers de milliards de dollars destinés aux établissements américains loin d’être consacrés à l’aide aux entreprises, aux artisans et aux particuliers servent à relancer la machine spéculative à une échelle plus grande que la précédente. C’est une fuite en avant et une démission du gouvernement.
Tout comme l’Etat américain, l’Etat français se flattait de mettrela « Finance » dans le droit chemin : aujourd’hui la messe est dite.
Depuis janvier les banques et quelques gros investisseurs font la pluie et le beau temps sur les places boursières : nous avons assisté à une véritable manipulation des cours avec la complicité des banques centrales et des gouvernements. Pendant ce temps, les populations s’appauvrissent et s’inquiètent de l’effondrement par pans entiers de l’économie. La montée du chômage, le nombre de plans sociaux sont là pour rappeler la réalité du paysage économique.
Croit-on, un seul instant, que l’on relancera l’économie par la spéculation ? Evidemment pas !
Si les banques disent ouvertement toutes les sommes qu’elles mettent de côté pour récompenser leurs traders, les Etats qui les ont si puissamment aidées voient leurs déficits grandir, grandir. L’endettement des Etats est une bulle gigantesque : les banques viendront-elles au secours des gouvernements ? Si elles acquiesçaient, elles exigeraient une privatisation accélérée de l’Etat.
C’est donc en période estivale que le pot aux roses est découvert et qu’il nargue les populations. Ce pot aux roses est une bombe...une de plus!

Jean Vinatier

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mardi 4 août 2009

Edito : L’UMP avale l’extrême droite…- N°508- 2e année

La nouvelle est passée presque inaperçue : Philippe de Villiers un des chefs de la droite extrême et qui s’appuie sur un électorat ultra conservateur, entre au bercail UMP au lendemain des médiocres résultats des élections européennes et avant les élections régionales de 2010. Ces dernières ne suffiraient pas à expliquer le geste de Philippe de Villiers. Si la gauche socialiste perd de son audience depuis son adhésion au social-libéralisme, l’extrême droite ne gagne plus d’élections tant ses idées ont servi le candidat Sarkozy à accéder à la présidence et servent encore –et pour un long moment – l’action gouvernementale.
L’UMP ramasse ou avale tant à gauche qu’à l’extrême droite par un habile mouvement de faux. Il serait inexact de voir le parti de Jean-Marie Le Pen comme un îlot de résistance au charme sarkozien. Dés que son leader historique aura quitté la scène ou bien sera mort, le FN se rendra en grognant dans les rangs umpistes.
Le paysage politique change donc au fil des mois. Que restera-t-il ? Des Verts, un MoDem, une gauche non socialiste…bref des groupes épars désunis. En face la forteresse Sarkozienne telle une gigantesque Bastille et à ses pieds des gargotes socialistes.
Allons-nous de facto vers le parti unique ? Disons que les éléments sont là pour considérer cette éventualité comme probable. Quel sera l’avenir de la démocratie ? Pas terrible.
La France a connu en juillet le plus grand nombre de plans sociaux. De janvier à juin 2009, les entreprises ont fait le grand nettoyage, achevé les principaux chantiers en cours, honoré les contrats. Mais après c’est le vide ou presque. La baisse du chômage de juin est, malheureusement, un furtif rayon de soleil….
Les organisations syndicales sont d’ores et déjà dépassées et décrédibilisées : elles n’ont cessé de calmer les revendications salariales pour complaire à l’Elysée et qui sait sur son ordre.
Chaque année, on nous dit que la rentrée sera chaude et puis, rien ne se passe et dés, octobre, on commencera à vous abrutir pour les achats de fin d’année.
Certains se réjouiront de voir disparaître l’extrême droite comme d’autres le parti socialiste, mais c’est oublier qu’une démocratie doit sa vitalité aux partis politiques. Trop de partis tuent la démocratie comme leur absence. Il faut un équilibre. Et, nous le voyons bien, il n’est plus.
Devant des citoyens devenus des consommateurs aveugles, sourds et donc serfs volontaires, Nicolas Sarkozy a une voie romaine. Mais le chemin est encore long pour atteindre le Capitole….…

Jean Vinatier

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Seriatim en Août

Cher(es) Internautes,
Seriatim prendra un autre rythme en août :
Du 3 au 7 août, parution irrégulière
Du 7 au 25 août : pause en matière d’articles
Cordialement et bonnes vacances

Jean Vinatier

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