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jeudi 16 juin 2016

« Les idées zombies des politiques européens par Hélène Nouaille »N°4171 10e année



« [….] les idées zombies ont la vie dure. Au FMI, d’abord, où l’opinion du secteur études n’a pas encore influencé le secteur opérationnel : « les opinions exprimées (par les chercheurs) dans cet article ne sont pas institutionnelles. Cela ne reflète en rien la position officielle du FMI ». Même s’il « commence à se diriger vers une évaluation de la mondialisation plus équilibrée (et en particulier de la mondialisation financière) », reconnaît toujours pour Atlantico l’économiste (Harvard) Dani Rodrik. « Il est trop tôt pour parler de revirement doctrinal. Le consensus précédent, celui du fondamentalisme du marché et de l’adhésion sincère à la mondialisation s’est dissipé, mais aucun modèle cohérent ne l’a encore remplacé ».
Mais il y a pire : en Europe, la Commission, qui a adopté avec enthousiasme les dogmes néolibéraux (politique d’austérité, ouverture sans entrave aux échanges, etc.) comme on le voit avec la frénésie qu’elle met à conclure le Traité transatlantique (TTIP) par exemple, ne paraît pas être sur le chemin d’une prise de conscience. Pas plus, remarque Xavier Timbeau que l’état d’esprit n’ait évolué en Allemagne chez Angela Merkel – dont on connaît le poids sur les politiques économique monétaire européennes - ou en France chez François Hollande. « Etre ensemble » dans une zone hétérogène pour faire contrepoids aux géants existants ou émergents en appliquant le dogme néolibéral à l’intérieur de l’Union européenne revient en effet à se mettre en concurrence entre soi. Cependant, pratiquer une politique de compression des coûts du travail telle qu’initiée par l’Allemagne sous Gerhard Schröder, ne revient pas à se donner un avantage concurrentiel vis-à-vis des pays émergents, où les salaires sont dix à vingt fois plus bas. Mais cela a en revanche entraîné la ruine des partenaires (économies française, italienne, espagnole), au bénéfice allemand, certes, mais en déséquilibrant tout le projet européen – et en provoquant un chômage de masse qui pénalise la jeunesse. Y compris hors zone euro : « L’Angleterre est dans une situation quasiment similaire à celle d’avant la révolution industrielle : les jeunes doivent être prêts à travailler tous les jours sans avoir la garantie qu’ils travailleront et sans bénéfices sociaux ». 
Avec une conséquence que prophétisait déjà le démographe Emmanuel Todd en 1995 dans la préface de son ouvrage l’Invention de l’Europe : « légitime et nécessaire dans les années 1945-1980 le projet européen ne mène plus aujourd’hui à la paix. Il pourrait dans les années qui viennent conduire au contraire à une remontée dans les peuples de sentiments hostiles qui n’existaient plus vers 1980 ». 
[….] »
La suite ci-dessous :

et
« Sondages Pew : des Européens lucides mais insatisfaits par Hélène Nouaille »


Jean Vinatier
Seriatim 2016




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