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lundi 4 juillet 2016

« Les enfants soldats de Daesh [….]» N°4202 10e année



Titre complet de l’article : Les « enfants soldats » de Daesh. De la nécessité de prendre en charge les mineurs en danger et en souffrance.

« Le dernier rapport de l’Unicef publié le 14 mars 2016 sur le thème No place for children révèle que les recrues des groupes et forces armés sont de plus en plus jeunes, jusqu’à 7 ans. Ces enfants reçoivent un entraînement militaire et participent aux combats, endossent des rôles qui menacent leur vie sur les lignes de fronts comme celui de porter et assurer l’entretien des armes, tenir les postes de contrôle, soigner les blessés de guerre, ou encore participer dans certains cas à des services sexuels comme esclaves. L’Unicef estime aujourd’hui que dix mille enfants participent à pas moins de 15 conflits armés de par le monde. Certains sont recrutés de force ou enlevés, d’autres s’enrôlent pour fuir la pauvreté, la maltraitance et la discrimination, ou pour se venger des auteurs d’actes de violence commis à leur encontre ou contre leur famille.
Les autorités françaises estiment à environ 400 le nombre de mineurs actuellement présents dans les zones des conflits tenues par Daesh. « Les deux tiers sont partis avec leurs parents, le tiers est composé d’enfants nés sur place et qui ont donc moins de quatre ans », a précisé récemment, lors d’une audition à l’Assemblée nationale le directeur général de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar.
Ces enfants sont surreprésentés dans la propagande médiatique de Daesh particulièrement l’image de l’enfant-soldat. Son bureau médiatique d’Alep (Halab) a récemment publié une vidéo de propagande en arabe et en français sur le thème Sur les traces de mon père (‘alâ tarîq al-abâ’a). La vidéo raconte l’histoire d’Abu Dujâna al-Firansi, un français converti à l’islam radical, qui a émigré avec sa famille il y a 4 ans pour rejoindre le territoire de Daesh, avant de mourir sur la zone de combat à Alep. Cette vidéo met en scène l’instrumentalisation de ses deux garçons de 8 et 12 ans prénommés respectivement Abou Mosa’ab et Abou al Qa’aqa’, qui sont, de manière très manifeste dans la vidéo, manipulés pour servir la propagande du groupe terroriste. Il ne s’agit donc pas ici d’analyser ce phénomène social qu’est la radicalisation violente, mais surtout l’implication des mineurs dans la propagande daeshienne, qui nous poussera enfin à réfléchir aux modalités de déradicalisation de ces jeunes dans le cas où ils reviendraient de gré ou de force dans leurs pays d’origines.
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim 2016


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