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jeudi 1 novembre 2018

Florence Malraux in memoriam N°4567 12e année


Je n’étais ni un intime, ni un ami pas même une connaissance de Florence Malraux, seulement un voisin, celui du second. On ne trouvera donc pas dans les lignes à venir de témoignages pas plus de petites histoires croustillantes.
Avec la disparition de la fille d’André et Clara Malraux, laquelle vécut au 191 rue de l’Université c’est toute une page historique de vie passée dans cet immeuble, bâtiment B, qui a vu Jack Lang et sa fille Caroline, Jeanne Moreau (bâtiment A), Alain Resnais, le grand timide qui ne s’extasia et dit un mot que le jour où il me vit avec mes petites chattes, Finette et Mouche, et bien sûr tous les visiteurs, Sabine Azéma, Fanny Ardant, toutes les deux délicieuses, Jorge Semprun visiteur assidu de Florence (il était au 191) après sa séparation avec le réalisateur d’Hiroshima mon amour, et dont le regard bleu me saisissait. A ce mouvement s’ajoutait la facétie de Florence Malraux ainsi taquina-t-elle son élégante amie Françoise Sagan qui peinait à atteindre l’ascenseur à mi- étage. Ses départs précipités quand une Jaguar l’attendait au bas de l’immeuble d’où dépassait la fumée d’un cigare que je supposais être celui de Josée Dayan ou bien les arrivées toutes aussi vives quand elle garait sa Smart. Florence Malraux flottait par-dessus le macadam, distraite (plusieurs fois je fermais sa porte qu’elle laissait largement entrebâillée), timide elle ne n’épanchait guère mais sut me dire la beauté de ma mère avant que toutes les deux n’entrent en maladie. Malheureusement, quelques années plus tard, raccompagnant ma mère d’un rendez-vous médical, je la soutenais dans sa marche difficile appréhendant de rencontrer une personne dans l’escalier quand, s’ouvrit la porte de l’ascenseur, apparut, alors Florence Malraux en pyjama, assise sur une chaise aidée par trois femmes dont une mère et sa fille, elles se croisèrent sans se reconnaître : tragédie !
Sans  revenir, ni sur l’intéressante famille Malraux, ni sur ses parents, sa mère, Clara, qu’elle promenait, ni même sa carrière, les spécialistes s’en chargeront, le voisin discret mais attentif que j’étais retiendra de Florence Malraux la femme, discrète, intelligente, vive, généreuse aussi. Au terme d’une longue et douloureuse maladie jusqu’au bout, et je la comprends, elle tint à demeurer dans son charmant appartement du 4e. Elle s’y éteignit le 31 octobre 2018 à 85 ans. Reposez en paix, Madame.

Jean Vinatier
Seriatim 2018




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