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dimanche 4 novembre 2018

« La fin du multilatéralisme : une victoire de Donald Trump ? par Régine Perron » N°4269 12e année


« Malgré l’impression d’une présidence imprévisible, Donald Trump entreprend avec détermination la déstabilisation du multilatéralisme, afin de le rendre inefficace, démontre brillamment Régine Perron. L’auteure présente la tactique employée, son travail de sape à l’intérieur de l’ONU, de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale. Sa stratégie vise à gripper leurs rouages par des mesures ciblées.
LORSQUE le républicain Donald Trump prend ses fonctions de président des Etats-Unis en janvier 2017, ses discours de campagne précédents laissent entendre qu’il allait pratique une forme d’isolationnisme, en retirant le pays de plusieurs institutions multilatérales, aussi bien internationales que régionales, ainsi que de certains accords internationaux. Son souhait est de marquer le repli des Etats-Unis des affaires extérieures, et de redonner la priorité aux Américains. Après presque deux ans de présidence américaine (janvier 2017-octobre 2018), nous pouvons tenter de dresser un premier bilan de ses actions au niveau du système multilatéral. Favorise-t-il le déclin de ce système international ? Assiste-t-on à une redéfinition des relations internationales entre le pôle dominant, que sont les Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et le monde entier ?
Avant de tenter de répondre à ces questions, il est utile de préciser tout d’abord ce qu’est le multilatéralisme (I). Ensuite, nous nous interrogerons sur les contours, les objectifs de la politique de Donald Trump (II). Enfin, nous étudierons ses réalisations concrètes au niveau du multilatéralisme (III). 
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A presque mi-mandat de la présidence américaine de Donald Trump (janvier 2017-octobre 2018), nous pouvons esquisser un tableau de ses actions concrètes au niveau du multilatéralisme, qu’il ne porte pas dans son cœur, en mettant en lumière la tactique employée. Aussi bien au niveau de l’ONU que de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale, un travail de sape est mené à l’intérieur même de ces institutions. Plutôt que de retirer brutalement les Etats-Unis de ces institutions qui sont les piliers du multilatéralisme, au risque de causer des dommages au pays lui-même, la stratégie de Trump vise à gripper leurs rouages par des mesures ciblées. Une volonté de déstabiliser progressivement les institutions internationales est réelle, et se traduit par le refus de renouveler les postes-clés à l’OMC, au FMI et à la Banque Mondiale. A l’ONU, cela se traduit par une volonté de réduire progressivement la participation financière des Etats-Unis, et peut-être celle des autres pays membres dans le cadre d’une réforme. A terme, cette déstabilisation peut conduire à déconsidérer le travail de ces institutions, et à conduire les pays membres à s’en détourner. Par ailleurs, Donald Trump retire les Etats-Unis exclusivement des institutions multilatérales relevant du bien-être, car cela n’a pas de conséquences au niveau du pays lui-même. Goûtant peu le libre-échange, ce dernier cherche à annuler ce type d’accord commercial avec les partenaires extérieurs. Malgré l’impression d’un président imprévisible, Donald Trump entreprend avec détermination la déstabilisation du multilatéralisme, afin de le rendre inefficace.
Aux yeux de ce président américain, il ne s’agit plus de pratiquer une politique conservatrice datant de la Guerre froide, mais de concilier les fondamentaux du parti républicain des années 1920 avec les atouts de la puissance américaine de 1945. Ainsi, il redéfinit les relations internationales à sa façon, pour des échanges bilatéraux avec l’extérieur. Il rend obsolète non pas l’OTAN, comme il l’avait considérée pendant sa campagne présidentielle, mais l’alliance atlantique elle-même, alors conçue avec les alliés des Etats-Unis. L’enjeu est la liberté d’action retrouvée pour s’occuper de la prospérité et de la grandeur de l’Amérique, sans intervention de quelque sorte au niveau des affaires diplomatiques, économiques et sociales. Cette politique de souveraineté, sécurité et prospérité des Etats-Unis portera-t-elle ses fruits à l’issue du mandat présidentiel de Trump en 2020 ? »


La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
Seriatim 2018

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