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mercredi 17 juin 2015

Chevènement et l’appel N°3144 9e année



Jean-Pierre Chevènement aimerait voir naitre un socle, celui de « l’Europe européenne » et souhaiterait que le dialogue Mélenchon/Dupont-Aignan en constitue la première réplique. Tout en notant que Jean-Pierre Chevènement exclue les communistes qui furent et restent toujours très patriotes, il paraît bien étonnant de croire que des partis qui ne cessent pas de fondre, retrouveraient via une union,  le chemin des cimes.
Comme homme politique, Jean-Pierre Chevènement n’a pas tort même s’il a, malheureusement, démontré de quelle manière il avait manqué le coche au début des années 2000 en ne sachant pas s’affranchir « de la gauche ». Faire tenir un Mélenchon et un Dupont-Aignan relève un peu de la gageure, le premier efface les frontières quand le second en grossit le trait….L’ancien ministre de François Mitterrand qui eut le courage de démissionner en janvier 1991 ne voulant pas cautionner une intervention qu’il jugeait coloniale en Irak, reste toujours très politicien. Sa marge de manœuvre est étroite. Marine Le Pen, tout juste victorieuse de son père, a réussi à se doter d’un groupe au parlement européen. Alors qu'elle mise sur la conquête de deux régions, Nord et PACA en décembre prochain, elle vient de recevoir la bénédiction de deux puissances, certes d’une nature différente, du CRIF et de Time Magazine. Autant le dire Marine Le Pen est à la cour.
Jean-Pierre Chevènement calculerait-il un rassemblement autour de sa personne via le Front de gauche et Debout la France quand le PS, les Républicains et le Front National s’apprêtent à devenir chacun le rouleau compresseur de l’autre…. ? Peut-il créer la surprise ?  A la condition d’avoir uni la carpe et le lapin : est-ce réalisable ?
L’homme Jean-Pierre Chevènement est un honnête homme, au sens classique, convaincu que la France devrait avoir un autre avenir en dehors du PS, des Républicains et du Front National. C’est oui mais n’oublierait-il le changement profond de la France traversée par la perte de l'indépendance: la souveraineté et  l’identité. Ce qui se passe en Grèce, avec toute la violence que l’on y note, est un signal puissant adressé par la nomenklatura bruxelloise : une volonté populaire issue des urnes ne pouvait ni ne devait se placer au-dessus de l’Union ! Nous sommes bien en guerre et Jean-Pierre Chevènement devrait sonner le tocsin  sauf que le bedeau n’est que dans une seule église à la fois….
Très respectueux de Jean-Pierre Chevènement, je comprends son appel comme un signal, de même que celui de Valéry Giscard d’Estaing, qui eut été grand s’il  avait cessé de lorgner vers les anglo-américains…Aujourd'hui, les Français prennent d’autres voies, claires, confuses, furieuses et velléitaires.
Giscard d’Estaing a plus de quatre-vingt ans, Chevènement 76 printemps : que grands âges! On me rétorquera que De Gaulle retourna au pouvoir à 68 ans, ce qui était beaucoup à l’époque : l’esprit du CNR soufflait suffisamment pour en gommer les bougies et l'homme du 18 juin avait de toute façon un souffle atomique : serait-ce le cas aujourd’hui ?
Jean-Pierre Chevènement ne serait-il pas plus libre s’il lançait son appel sans solliciter aucun parti, tout simplement les Français…. ?


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Jean Vinatier
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