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mardi 23 juin 2015

« Les trois victoires du gouvernement grec par Jacques Sapir »N°3151 9e année

La semaine qui commence sera intense ! Les Grecs affrontants seuls les autres Etats de l’Union, l’ensemble de la zone euro et le FMI sont David contre Goliath. Les médias veillent, toujours à mettre en exergue chaque démarche grecque comme une concession et ne cessent pas de flatter les « bruxellois ». On oublie que les Grecs continuent à manœuvrer, assurés d’avoir à terme, une base arrière eurasiatique ; de même oublie –t-on que le gouvernement socialo-mollétiste français se débat comme un beau, diable afin d’éviter à s’assoir sur 68 milliards d’euros qui deviendraient si le défaut était, autant d’impôts pour les Français (enfin moins de la moitié). S’il n’est pas improbable que la Grèce fasse défaut, au moins obtiendrait-elle un effacement partiel qui soulagerait d’autant les gouvernements allemand et français. On comprend mieux le spectacle dont nous sommes abreuvés. Si Athènes s’inclinait en fin de semaine (la date du 30 juin devenant une sorte de Sarajevo 14 post-moderne), ce gouvernement d’union –comme le souligne Jacques Sapir ci-dessous- aura mis à nu les fameuses institutions européennes et montré toute l’étendue de leurs constantes nocivités….Le possible vaincu grec  en sortira fortifié par son entrée dans le grand jeu des BRICS et de l’Eurasie et les vainqueurs honnis en haillons. Qui perd gagne !

L’article de Jacques Sapir :

« Quel que soit le résultat de l’Eurogroupe qui doit se réunir le 22 juin, lundi prochain, il est désormais clair que le gouvernement grec, abusivement appelé « gouvernement de la gauche radicale » ou « gouvernement de SYRIZA », mais en réalité gouvernement d’union (et le fait que cette union ait été faite avec le parti souverainiste ANEL est significatif), a remporté des succès spectaculaire. Ces succès concernent tant la Grèce, où le peuple a retrouvé sa dignité, que les pays européen, ou l’exemple donné par ce gouvernement montre désormais la marche à suivre. Mais, et c’est le plus important, ce gouvernement – dans la lutte sans merci qu’il a mené contre ce que l’on appelle par euphémisme les « institutions », c’est à dire pour l’essentiel l’appareil politico-économique de l’Union européenne, l’Eurogroupe, la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne – a démontré que le « roi est nu ». L’ensemble de la structure, complexe et peu transparente de cet appareil politico-économique a été mis au défi de répondre à une demande politique, et c’est avéré incapable de le faire. L’image de l’Union européenne en a été fondamentalement altérée. Quoi qu’il sorte de la réunion de lundi prochain, qu’elle se solde par un constat d’échec ou par une capitulation de l’Allemagne et du courant « austéritaire », ou même, ce que l’on ne peut exclure, par une défaite du gouvernement grec, l’appareil politico-économique de l’UE aura fait au grand jour la preuve de sa nocivité, de son incompétence et de sa rapacité. Les peuples des pays européens savent désormais où se trouve leur pire ennemi.
[….]
La suite ci-dessous :



Jean Vinatier
SERIATIM 2015

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