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dimanche 13 septembre 2015

Jeremy Corbyn, la « gauche » en Europe N°1401 9e année



Jeremy Corbyn vient d’être triomphalement élu à la tête du Labour malgré les offensives désespérées de Tony Blair, l’apôtre du New Labour et figure de référence du parti socialiste français. Le même jour, le premier ministre écossais, Mme Sturgeon souhaite l’organisation d’un second référendum le plus rapidement possible. La consultation populaire sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne promet de n’être pas une sinécure. L’Ecosse est une épée de Damoclès au-dessus du pouvoir britannique : Edimbourg l’a bien compris.
De Syriza à Podemos en passant par le Front de gauche, une gauche applaudit la victoire de Jeremy Corbyn sans s’apercevoir que le caractère anglais dans sa vie politique est tout à fait singulier. Le politique anglais est rompu à tout sauf à céder sur sa qualité d’Anglais, une donnée incontournable et une énigme pour les continentaux que nous sommes. Certains se flattent de la républicanité de Jeremy Corbyn : s’il devenait Premier ministre, il serait « gaga » de la Reine !
D’une manière générale la gauche en Europe s’englue : sans parler du PS véritable passoire et d’une veulerie complète, ni même du Front de gauche qui n’en finit pas de jouer à la toupie, Alexis Tsipras n’a-t-il pas capitulé le 13 juillet sans avoir combattu? Quant à Podemos, la question catalane pourrait bien briser son élan et/ou favoriser des scissions. Jusqu’à présent, nous eûmes une gauche récalcitrante à l’élan révolutionnaire. Elle n’est pas même rebelle. Elle est surtout mécontente. Très embourgeoisée, craintive devant les temples de l’Argent, fascinée, qui sait, par certains marchands du temple, elle rêve de meilleur monde alors même qu’elle n’a plus une seule utopie. Christine Lagarde ne s’enthousiasme-t-elle pas pour le ministre Macron ? Ne lui souhaite-t-elle pas des tas de lois à son effigie ? La gauche prend les fourches caudines pour des arcs de triomphe et fait les pantomimes festives. La mondialisation l’a évidée. La gauche me fait penser au destin des Tetricus, père et fils : premiers empereurs gaulois dressés contre Rome. Après quelques luttes, ils mirent en scène une reddition et devinrent…romains !

Jean Vinatier
Seriatim2015

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