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lundi 30 juin 2008

Demolition party au Royal-Monceau N°237 - 1ere année

Le 26 juin, Le Royal-Monceau, un grand hôtel parisien –et non un palace- a été l’objet d’une soirée particulière : 1200 convives( jet-setteurs et autres vedettes, françaises, étrangères) ont été conviés par le nouveau propriétaire de cet hôtel, Alexandre Allard, à démolir au sens propre toute la partie intérieure.
Etrange spectacle de voir des « celebrities »
(Audrey Marnay, Emma de Caunes, Léa Drucker, Claude Lelouch, Kanye West, Philippe Manoeuvre, Marc Cerrone, Axelle Laffont, Ariel Wizman, Sébastien Tellier, Thomas Dutronc, Jude Law, Marc Lavoine, Sarah Lavoine, Alexis Tregarot, Yann Arthus Bertrand, Philippe Starck, Jean-Michel Jarre, Céline Balitran, Mélanie Laurent, Lolita Lempicka, Christophe Dechavanne, Jean-Charles de Castelbajac, Mareva Galanter, Jack Lang, Lou Doillon, Andrea Casiraghi, Tatiana Santo Domingo, MC Solaar, Sinclair et Philippe Caroit.) ¹ se défouler en tapant à coups de pioche, de marteau les ascenseurs, les murs, les portes. Une artiste chinoise, Wang Du, tentait piteusement de recréer l’urinoir de Duchamp, en défonçant une cloison avec une baignoire, d’autre comme Guillaume Canet et Jude Law erraient le casque orange sur la tête de pièce en pièce comme Jacques Toubon, Jack Lang (« Paris est parfois comme la Belle au Bois dormant, on a besoin de la réveiller »), et MC Solaar.
Les deux protagonistes de cette « demolition party », Alexandre Allard et Philippe Stark ne se vengeaient-ils pas à leur manière ? Le premier parce que son grand-père ayant été propriétaire de cet hôtel, il fallait le purifier de toute trace des prédécesseurs ; le second parce que la destruction de tout l’intérieur anéantissait la décoration de son rival, Jacques Garcia. Avant de laisser le sale boulot aux « vedettes », la vente aux enchères de tout le mobilier et l’argenterie rapportait, elle, presque 3,5 millions d’euros à Alexandre Allard. Ce dernier, naturellement, tout entier à sa purification du lieu ne jugea pas heureux de donner tout ou partie de cet argent à des associations caritatives.
On imagine l’impact sur les téléspectateurs et les internautes devant ces gens gorgés de biens qui s’éclatent en salopant le travail à venir des ouvriers : à eux de faire ce que bon leur semble et en rire pendant des longues soirées quand d’autres déclarés, d’autres pas devront aller vite et bien sans fausse note pour qu’au bout de quinze mois le Royal Monceau accueille quelques nouveaux riches du monde.
Peut-on en rire ou hausser les épaules ?Doit-on se courroucer ?Bien sûr, cette fête est choquante et écœurante. Est-elle décadente ? Justement pas. Il manquait la fête, la luxure. Là rien que des coups de marteau. Pas de décadence, du mépris.
Le concept de la
« demolition party » serait né pour certains en Australie, pour d’autres aux Etats-Unis. Peu importe dira Alexandre Allard puisque le nouveau Royal Monceau sera un lieu d’extrême luxe, « un concept important quelque chose qui peut sauver la France. » (rien que ça, mordiou !)
« Nous allons créer un hôtel, ajoute-t-il, qui soit un carrefour de rencontres. Et pour cela il faut des artistes (...) des gens qui montrent la voie », pour accueillir des milliardaires de 35-50 ans, originaires du monde entier. Ainsi, tous les jet-setteurs parisiens et internationaux en détruisant tout seront les Mercure splendides de demain, les messagers des nouvelles idoles ! On gomme par la même occasion toute trace des illustres clients de cet hôtel depuis 1928.
Philippe Stark en profitera même pour «
un petit peu redéfinir l'identité française » en proposant un « nouveau luxe basé sur l'intelligence ». On est rassuré !
Que ne ferait-on pas pour une opération de com’ et pour créer le buzz ! Qu’en pensera la future clientèle, les seuls milliardaires entre 35 et 50 ans dont certains seront aussi des plasticiens, des musiciens?C’est la Villa Médicis revisitée !
On le comprend Alexandre Allard et Philippe Stark devaient effacer toute impureté antérieure pour laisser naître
« un hôtel qui vous rend plus beau, plus sexy, plus intelligent ». Ce ne seront pas les clients qui feront l’hôtel mais l’inverse ? C’est la fusion de la clinique esthétique et de l’hôtellerie !
Quel est l’avis du fonds qatari qui permet à Allard de revenir dans les murs qu’il juge siens ? La réponse se trouve, pourquoi pas, dans l’un des récits de Shéhérazade.


©Jean Vinatier 2008

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