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mercredi 10 septembre 2008

Jacques Sapir : La guerre d’Ossétie du Sud : 1- « Qui a piégé qui? » N°283 - 2eme année

Jacques Sapir, éminent spécialiste de la Russie a rédigé récemment deux analyses sur la guerre d’Ossétie du Sud : « Qui a piégé qui ? » et « Une sale petite guerre ». Il m’a donné l’autorisation de reproduire et de diffuser ces deux documents dans le cadre de Seriatim. Je le remercie vivement.
Jacques Sapir est directeur d’études à l’
EHESS et il dirige le CEMI-EHESS (Centre d’études des modes d’industrialisation). Il a reçu en 1989 le prix Castex du meilleur livre d’études stratégiques (Le système militaire soviétique) et, en 2001, le prix Turgot du livre d’économie financière pour Les trous noirs de la science économique.


1- Qui a piégé qui ?

« La crise Osséto-Géorgienne a suscité divers commentaires quant à ses causes dans la presse française, pour la plupart faisant porter la responsabilité directe ou indirecte de la crise sur la Russie. Bernard Dreano a soutenu l’idée que les autorités Géorgiennes seraient tombées dans un piège que Moscou leur aurait tendu
[1], en faisant croire que la Russie était sur le point d’abandonner l’Ossétie du Sud. Inversement, mais pour aboutir à une conclusion mettant elle aussi la Russie en cause, Bernard Henri-Lévy, à la suite de son très médiatique voyage en Géorgie, a repris la thèse que ce pays aurait déclenché les hostilités pour préempter une attaque russe et que 150 chars russes auraient déjà été présents en Ossétie du Sud[2]. Cette thèse est celle du gouvernement Géorgien, qui a affirmé que son action du 7 août fut une réaction à une entrée massive de l’armée russe via le tunnel de Roki[3]. Notons que ceci fut cependant démenti dès le 7 août par le gouvernement américain qui signalait qu’il n’y avait aucun transfert de troupes de la Russie vers l’Ossétie du Sud[4]. Les nombreuses différences entre la réalité des faits et les déclaration de Henri-Lévy ont d’ailleurs été soulignées par des enquêtes indépendantes[5].
La thèse Géorgienne, reprise par Bernard Henri-Lévy, a l’intérêt pour les partisans de Tbilissi de réconcilier la constatation indiscutable du fait que l’attaque a été le fait de l’Armée Géorgienne et le droit international. Si ce dernier ne reconnaît pas la légitimité d’une attaque préventive, il admet celle de l’attaque préemptive, qui implique cependant que l’on ait démontré que l’adversaire avait déployé ses unités militaires dans une posture ne laissant aucun doute quant à son intention d’attaquer.

Les deux thèses diffusées dans la presse française font donc porter la responsabilité du conflit à la Russie, soit directement en affirmant que ce pays se préparait à envahir la Géorgie et que les troupes géorgiennes ont donc attaqué dans un cadre assimilable à de la légitime défense, soit indirectement en induisant délibérément les autorités géorgiennes en erreur pour les pousser à commettre une attaque légitimant la riposte russe.
En fait, on dispose désormais de bien assez d’éléments pour tenter de débrouiller le vrai du faux. Je présente ici un certain nombre d’éléments qui permettent de réfuter ces deux thèses, mais qui montrent aussi qu’il y a bien des questions encore non résolues concernant cette crise.

(I)
Durant la phase préparatoire aux hostilités, deux exercices militaires majeurs ont pris place, en Géorgie comme en Russie.
En Géorgie s’est tenu sous commandement américain l’exercice Immediate Response 2008 (IR-08) combinant des forces américaines (US Army et USMC), de la Géorgie, de l’Azerbaidjan, de l’Arménie et de l’Ukraine. Cet exercice s’est déroulé du 15 au 25 juillet et semble avoir considérablement accru la confiance du président Saakachvili dans ses forces armées. À la fin de l’exercice, le nombre de conseillers militaires américains (appartenant au USMC) au sein des troupes géorgiennes était de 117.

Dans le même temps, les troupes russes stationnées au Caucase du Nord (la 58e Armée) ont mené, en présence d’observateurs internationaux, l’exercice Kavkaz-2, qui a impliqué des déploiements importants. Le thème de cet exercice était le déploiement rapide de troupes à haute efficacité opérationnelles pour assurer la protection d’une région menacée par une intervention extérieure. On ne pouvait plus clairement indiquer aux autorités Géorgiennes la volonté du gouvernement russe d’intervenir en cas d’attaque contre l’Abkhazie ou l’Ossétie du Sud. Le déroulement de cet exercice, qui a pris fin le 1er août 2008 a souligné le très haut degré de disponibilité des troupes opérationnelles russes, comme l’ont signalé les observateurs de l’OTAN présents.
Ces informations auraient du conduire les autorités Géorgiennes a une appréciation plus réaliste et de la disponibilité russe à réagir et de leurs capacités militaires en cas d’opération contre l’Ossétie du Sud. La question posée est donc de savoir si les Etats-Unis ont transmis ces informations (et s’ils ne l’ont pas fait, pourquoi ?) et si elles ont été discutées au sein de la chaîne de commandement Géorgienne.

(II)
Dans les quelques jours qui précèdent le début des combats (du 2 au 6 août 2008) les autorités russes préviennent à plusieurs reprises les autorités Géorgiennes de leur volonté de renforcer les forces de maintien de la paix en raison de la multiplication des incidents sur la ligne de cesser le feu. Les autorités géorgiennes ont protesté contre ce qu’elles ont appelé un renforcement indu de ces forces. Ceci témoigne de ce qu’elles étaient au courant et avaient pris note de la grande réactivité de la partie russe à la dégradation de la situation locale.
Le 5 août, l’ambassadeur russe à Tbilissi, Youri Popov, a prévenu officiellement les autorités géorgiennes que la Russie interviendrait en cas de conflit
[6]. La position russe avait donc été réaffirmée sans ambiguïtés deux jours avant le début des hostilités.

La combinaison de (I) et de ces éléments rend très peu crédible l’hypothèse d’un « piège » politique tendu par les autorités russes aux autorités géorgiennes. Si Moscou avait tenté de « piéger » Tbilissi, l’exercice Kavkaz-2 aurait été bien moins explicite, bien moins démonstratif et les autorités russes beaucoup plus passives entre le 2 et le 6 août.

(III)
Le renforcement des troupes russes déployées sous mandat ONU en Ossétie du Sud a été limité (environ 350 hommes). Les affirmations de BHL sur les « 150 chars russes » ayant traversé le tunnel de Roki le 6 ou le 7 août sont incohérentes avec le reste des événements.
En effet, si les autorités russes avaient décidé de déployer une telle force ce ne sont pas seulement des chars qui auraient transité (150 chars représentent au moins 4 bataillons – à 33 chars chaque- soit plus que l’effectif en chars d’un régiment blindé) mais l’équivalent d’une large fraction d’une Division Blindée (avec outre cet hypothétique gros régiment de chars, au moins un régiment d’infanterie mécanisé, des moyens d’artillerie et de défense anti-aérienne).

Contrairement à ce qu’affirme BHL (qui ne fait que reprendre les déclarations géorgiennes du 7 août, démenties par l’OSCE et les Etats-Unis) et ce que croient des personnes ne connaissant pas la chose militaire, on ne déplace pas des chars comme des jouets. On déplace des unités militaires, qui ont un Tableau des Effectifs et des Equipements connu. Si l’on veut avoir 150 chars dans un point donné, on transfère les unités dont la somme des équipements aboutit à ce nombre. Compte tenu des moyens de soutien aux unités blindées cela fait une force considérable, représentant environ les 2/3 d’une Division Blindée. Même si l’on estime qu’il s’agit de 150 véhicules blindés et non de 150 chars (les déclaration de BHL et des géorgiens ne sont pas précises)
[7], on est quand même en présence de l’équivalent d’au moins un régiment blindé ou mécanisé, soit une unité importante disposant de moyens d’appui non négligeables.
Dès la nuit du 7 au 8 août, les forces géorgiennes auraient donc du être confrontées à des moyens puissants, ce qui n’est pas le cas. Les chars russes ne sont arrivés dans les faubourgs nord de Tskhinvali que dans la matinée du 9 août. Les avions géorgiens n’ont pas été pris à partie par une défense AA dans la journée du 8 (les films de la télévision russe montrent des Su-25 Géorgiens opérant à basse altitude sans opposition). Un régiment de chars russes a des moyens AA (missiles et canons à tir rapide) conséquents…
L’artillerie géorgienne aurait été immédiatement prise à partie par les moyens d’artillerie russes (tirs de contrebatterie). Ceci ne se produit qu’à partir de la journée du 9 août.

Le déroulement des opérations militaires par la suite est contradictoire avec la thèse géorgienne. Si l’Armée Russe avait été déployée en nombre et posture justifiant une attaque préemptive, les combats du 8 auraient été bien plus violents. Par ailleurs, si réellement l’Armée Russe avait pris position en Ossétie du Sud avec l’intention d’attaquer la Géorgie dans les jours suivants, la seule attitude rationnelle aurait été pour l’Armée Géorgienne de constituer des lignes de défense échelonnées entre l’Ossétie du Sud et les objectifs stratégiques potentiels en Géorgie, afin de tenter de « casser » l’attaque russe tout en faisant la démonstration à l’opinion internationale de son statut de défenseur.
Compte tenu du rapport des forces, si l’Armée Russe avait réellement déployé des moyens en Ossétie du Sud susceptibles de menacer directement et immédiatement (deux conditions à remplir pour se prévaloir d’une attaque préemptive) la Géorgie, alors attaquer ces forces était totalement suicidaire de la part des forces géorgiennes.

La pénible réalité qu’il faut bien constater est que les autorités géorgiennes ont recours à un subterfuge grossier pour camoufler leur responsabilité dans le déclenchement du conflit et ses conséquences ultérieures.

(IV)
La thèse du « piège » politique tendu par la Russie à la Géorgie soulève alors une autre question, au-delà du fait que l’on a montré que rien dans le comportement russe ne vient accréditer cette thèse. Si le plan des autorités de Tbilissi avait été de reprendre le contrôle de l’Ossétie du Sud en tablant sur une passivité, voire une connivence de la Russie, pourquoi les forces géorgiennes ont-elles tiré sans sommation et délibérément sur les troupes russes sous mandat ONU dès le 7 aout ?

Les faits sont ici très clairs. À 11h40 le 7 août, soit environ 30 minutes après que le Président Géorgien ait fait informer le général russe en charge des forces du Maintien de la Paix qu’il entendait user de la force pour « instaurer l’ordre constitutionnel » à Tskhinvali, une grenade tuait 2 soldats russes dans un des postes d’observation
[8]. Dans la nuit du 7 août dès le début du bombardement systématique de Tskhinvali et des environs (les premiers tirs sont enregistrés vers 23h30 et les forces russes de Maintien de la Paix seront prises à partie dès 23h40), une des casernes abritant les soldats russes de la force de Maintien de la Paix est délibérément prise pour cible par l’artillerie Géorgienne. Ce tir provoquera 10 morts du côté russe, portant ainsi à 13 le nombre des victimes dues aux tirs Géorgiens si on inclut un autre soldat tué dans la nuit.
Ce tir est délibérément provocateur et ne peut que conduire à une réaction russe. La logique eut voulu d’éviter de prendre à partie ces troupes si on pensait qu’elles pouvaient rester passives. Ceci contredit à nouveau l’hypothèse que les autorités Géorgiennes auraient pris leur décision en escomptant une passivité de la Russie, dans le cadre d’un « piège » qui leur aurait été tendu.

La violence de l’attaque initiale était volontairement provocatrice vis-à-vis de la Russie, comme le montrent les dommages subis par la population civile dans l’agglomération de Tskhinvali.
Je renvoie ici au cliché haute résolution de la région disponible sur
www.unosat.org.
Cette photo satellitaire ne prend en compte que les dommages « verticaux » (ceux causés par l’artillerie et les lance-roquettes de 122-mm) et les bâtiments brûlés. Les dommages causés par des tirs « horizontaux » (canons de chars ou de BMP-1 et 2, tirs de mitrailleuses) n’apparaissent pas.
On constate deux lignes de dommages, qui correspondent à l’évidence à deux axes de tir de l’artillerie géorgienne, l’un orienté Sud-Ouest/Nord-Est et l’autre Sud/Nord.
La photo permet d’évaluer les dégâts. Il semble que des villages au Nord-Est de Tskhinvali, et dont la population était Géorgienne ou mixte Osséto-Géorgienne furent aussi touchés à ce moment. Il est possible (et probable) que certaines des destructions sur les villages les plus au nord de Tskhinvali soient le résultat des représailles exercées par des forces Ossètes après le 11 août. Cependant, on constate très clairement sur la photo que les villages à population géorgienne qui sont hors de la ligne de tir initiale (Dzartsemi et Kheiti) sont beaucoup moins touchés que le reste.
Il faut donc retenir comme possible l’hypothèse qu’une bonne partie des dommages relevés avant le 19 août (date du cliché) dans des villages à population géorgienne et imputés aux milices Ossètes soit le résultat du tir des forces géorgiennes dans la nuit du 7 au 8 août.

Nous savons que les troupes géorgiennes n’ont pénétré qu’aux deux tiers de Tskhinvali soit à la hauteur de 42°14’ Nord en coordonnées standard.
La forme des dégâts à Tskhinvali, leur répartition géographique, confirment plusieurs points :
(a) L’agglomération a subi un bombardement délibéré et massif de la part de l’artillerie géorgienne.
(b) Ce bombardement ne correspond pas aux combats les plus violents, car une partie importante des destructions est située au nord de la ligne d’avance la plus importante des troupes géorgiennes.
(c) Les tirs géorgiens semblent avoir répondu à deux objectifs, d’une part détruire un certain nombre de bâtiments clés pour désorganiser le commandement Ossète, et d’autre part provoquer délibérément de fortes pertes civiles afin de provoquer un exode massif de la population.

Je rappelle que tous les témoignages dont nous disposons concordent sur le point que la majorité des destructions correspond à la nuit du 7 au 8 août lors du bombardement initial, où 5% d’une ville de 30 000 habitants auraient été détruits. Le sud de Tskhinvali, si l’on en croit la télévision russe a été touché dans les combats du 8 et du 9, mais les dommages, causés par des tirs horizontaux, ne sont pas visibles sur la photo satellitaire.

Un bombardement de cette ampleur ne pouvait pas ne pas provoquer une forte réponse russe.
Notons que les observateurs militaires de l’OSCE ont signalé ces faits comme le rapporte désormais le Spiegel Allemand. Ils ont signalé la possibilité que les Géorgiens aient commis des crimes de guerre lors de l’attaque de Tskhinvali
[9].
Compte tenu du nombre de bâtiments touchés, du fait que le bombardement a eu lieu de nuit, et de l’effet de surprise, il est très probable que le chiffre des victimes ait été très élevé, et supérieur à 1000 pour cette seule attaque.

(V)
Si les explications jusqu’ici avancées, celle de Bernard Dreano sur un « piège » politique russe ou celle de BHL et des autorités géorgiennes sur une attaque préventive face à une forte pénétration mécanisée des forces russes ne résistent pas à l’examen des faits
[10], on doit tenter de comprendre ce qui s’est passé.

Il faut d’abord souligner la nature hétérogène et « semi-féodale » de l’armée géorgienne et de la chaîne de commandement militaire. À la suite des programmes d’aide militaire américains dont l’ampleur s’est brutalement accrue quand la Géorgie a accepté de soutenir les Etats-Unis dans l’invasion de l’Irak
[11], l’armée géorgienne s’est clivée en une fraction soutenue et encadrée par les instructeurs US, et dont la solde est considérable dans les conditions locales, et le reste des forces armées, toujours mal soldé, mal équipé et peu entraîné. Le haut commandement et une partie de la classe politique (le Ministre de la défense, le Chef d’état-major, le Président..) ont pris l’habitude de « patronner » des unités. Ils en tirent une certaine légitimité, mais aussi une garantie pour leur avenir politique dans un pays où les institutions politiques sont peu stabilisées et qui a connu, il y a quelques années, une guerre civile. Pour les soldats et les officiers de ces unités « patronnées », le patronage est une garantie que le flux d’argent et d’équipement ne va pas se tarir, et que leurs chances de promotion sont bien plus grandes que dans les autres unités.
Ceci aboutit à des forces armées qui dans certains cas sont plus fidèles à des hommes qu’à des institutions. La chaîne de commandement est ainsi fragmentée. Ceci aboutit aussi à de grandes différences dans l’efficacité des unités, la motivation et la fidélité des troupes.

Dans ce contexte, une hypothèse soutenue par plusieurs sources est que des responsables géorgiens ont tenté une opération sur Tskhinvali essentiellement pour en retirer un bénéfice politique contre le Président Saakashvili, dont la dernière élection a été fortement contestée. Ce dernier aurait été obligé de se lancer dans une surenchère pour ne pas perdre la face et son pouvoir. Ceci pourrait alors expliquer le discours extrêmement agressif du Président Saakashvili du 7 août que l’on a déjà évoqué et dont on a signalé qu’il était pleinement contradictoire avec la thèse d’une opération Géorgienne volontairement limitée à l’Ossétie du Sud décidée en se fondant sur une passivité ou une connivence de la Russie.

Le plan géorgien aurait alors reposé sur une série d’hypothèses.
Supposant que les troupes russes de la 58e Armée ont reçu des permissions massives (ce qui est logique à la fin des grandes manœuvres et de plus quand elles correspondent au début des vacances), les dirigeants géorgiens tablent sur la lenteur de la réaction russe (aggravée par le fait que Vladimir Poutine sera à Beijing pour les Jeux Olympiques et que Dmitry Medvedev est en vacances à Sotchi) et non sur la passivité de la Russie.
Ils estiment qu’il faudra au moins 3 jours à la 58e Armée pour commencer à réagir et sans doute 5 ou 6 pour qu’elle se déploie en Ossétie du Sud. Ils s’estiment alors capables d’occuper la majorité du territoire de l’Ossétie du Sud et de provoquer un tel flot de réfugiés vers le Nord que le tunnel de Roki en serait bloqué. La destruction du tunnel, ainsi que celle des ponts situés sur la route allant vers Java a aussi pu être planifiée pour tenter d’isoler l’Ossétie du Sud de renforts russes. Le déploiement des forces russes pourrait ainsi être considérablement retardé, ce qui permettrait aux autorités géorgiennes de mobiliser leurs soutiens politiques internationaux pour faire valider la nouvelle situation de fait et présenter une tardive réaction russe comme une « invasion » délibérée.
Pour réussir, un tel scénario implique d’une part que les troupes géorgiennes puissent conquérir très vite Tskhinvali et les environs (d’où la nécessité de déployer des moyens considérables à l’échelle du pays et d’agir de manière très brutale) et d’autre part que la population Ossète soit prise de panique. Il faut donc délibérément provoquer de fortes pertes civiles afin d’induire le flot de réfugiés qui doit rendre le tunnel de Roki impraticable ou détruire ce dernier ainsi que la route qui descend vers Java.

Ce plan cependant est très fragile, et repose sur une succession de « si ». Que l’un vienne à manquer et le plan général s’effondre. L’analyse fournie dans la Jane’s Defence Weekly souligne les erreurs stratégiques commises par les Géorgiens.
[12] Si les troupes russes sont plus réactives que prévu, et si l’avance dans Tskhinvali est plus longue que prévue, et si le tunnel de Roki et la route de Java ne sont pas bloqués, alors les troupes géorgiennes sont prises « la main dans le sac ».

On peut penser que le jeu politique interne en Géorgie, le choc des ambitions et des combinaisons politiques, ait conduit à une prise de risque bien excessive de la part des autorités géorgiennes. C’est ici que la confiance placée par le Président Saakashvili dans les forces spéciales géorgiennes entraînées par l’Armée Américaine a pu jouer. Saakashvili et les responsables militaires Géorgiens ont pu croire qu’ils pourraient effectivement isoler l’Ossétie du Sud en détruisant les voies d’accès depuis la Russie. Une prise de risque inconsidérée est ainsi probable et d’autant plus que la chaîne de commandement est fragmentée. Après tout, les dirigeants géorgiens ne seraient pas les premiers à avoir déclenché une guerre sur la base d’une évaluation stratégique erronée…
Il faut noter que Saakashvili a déclaré le 7 août a la télévision Géorgienne son intention de « mettre fin aux régimes criminels d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie »
[13]. Cette déclaration est significative car elle indique la volonté du Président Géorgien de présenter son action comme globale et non comme une simple réaction à la multiplication d’incidents que l’on connaissait depuis le 1er août.
La déclaration du 7 août est irresponsable et incompréhensible si l’on se place du point de vue d’une opération limitée réalisée avec l’assentiment des autorités russes. Elle devient plus logique si l’on considère que Saakashvili est engagé dans une spirale de la surenchère pour des raisons de politique intérieure. La déclaration de Saakashvili, il faut le signaler, est postérieure à une déclaration officielle datant du 5 août, réaffirmant la volonté des autorités russes de garantir et défendre l’Ossétie du Sud
[14]. Elle est aussi postérieure à des déclarations du même Saakashvili faites entre le 1er et le 4 août et où le Président géorgien appelle à mettre fin à la « guerre des snipers ». Saakashvili a visiblement changé radicalement de position entre le 4 et le 7 août, ce qui conforte l’hypothèse d’une décision d’attaque prise dans le cadre d’une logique de surenchère politique se développant au sein du gouvernement géorgien.

Il faut donc souligner que si le plan géorgien est bien celui que je viens d’indiquer, alors nous retrouvons une cohérence aux actions militaires géorgiennes des 36 premières heures des combats, y compris l’attaque délibérée sur les troupes russes en position d’observateur, ainsi que le meurtrier bombardement de Tskhinvali et de ses environs, qui ne sont pas compréhensibles autrement.

(VI)
Cependant, l’hypothèse présentée soulève d’autres problèmes, et en particulier celui de l’attitude des États-Unis.
Compte tenu de la présence des conseillers militaires intégrés dans les unités géorgiennes, Washington ne peut pas ignorer ce qui se prépare. D’ailleurs, la mission militaire israélienne (qui entraîne les Géorgiens à l’usage des drones) va se retirer le 6 août. Pourtant, les autorités américaines n’interviennent à aucun moment pour calmer le jeu, alors qu’elles disposent des rapports montrant l’état de disponibilité des forces russes (rapports envoyés par les observateurs qui ont assisté aux manœuvres Kavkaz-2 déjà évoquées) et qu’elles ne peuvent ignorer que les forces géorgiennes n’ont aucune chance face à la 58e Armée.

À défaut d’une mise en garde, les autorités américaines auraient pu et du retirer leurs conseillers militaires, intégrées au sein des unités géorgiennes. Elles n’en font rien, prenant ainsi la responsabilité que des officiers américains soient directement impliqués dans plusieurs violations du Droit International et dans des crimes de guerre. Elles prennent aussi la responsabilité que ces officiers puissent être fait prisonniers. De fait, il y a eu à la connaissance de l’auteur deux occasions où, le dimanche 10 août, des troupes russes ont été à deux doigts de capturer des officiers américains. Ils semblent que les officiers russes ont volontairement laissé partir l’unité géorgienne encerclée pour ne pas à avoir à gérer un problème politique quelque peu délicat…
Il faut ici ajouter que les 117 officiers américains présents dans les forces géorgiennes ne sont pas les seuls ressortissants étatsuniens présents sur le terrain. Les précédents en Irak et en Afghanistan montrent que les missions de formation et d’entraînement qui sont mises en place par les forces armées américaines impliquent très souvent la présence de sociétés privées (les « contractors ») auxquelles une partie du travail est sous-traité. La présence d’employés de ces sociétés au sein des unités géorgiennes est très probable. Les autorités russes ont fait mention de « mercenaires » qui auraient été blessés et capturés lors des combats du 9 août à Tskhinvali
[15]. Ce point n’a plus refait surface depuis en raison des problèmes juridiques qu’il soulève. En effets, des ressortissants étatsuniens ou de tout autre pays employés par des sociétés de sécurité privées et combattant au sein des unités géorgiennes, même si ces dernières ont un contrat en bonne et due forme avec l’US Army ou les autorités géorgiennes, sont techniquement des mercenaires et pourraient être traités comme tels par les autorités russes.

Quoi qu’il en soit, le comportement de Washington est ici hautement irresponsable et la responsabilité des Etats-Unis dans le déclenchement de la crise engagé, au moins de manière indirecte.
Vladimir Poutine a affirmé que le gouvernement américain aurait commandité l’attaque géorgienne pour favoriser l’élection de McCain. Honnêtement ceci semble à première vue peu croyable ; mais, force est de constater qu’il y a des points troublants dans l’attitude américaine.
A-t-on voulu tendre un piège aux Russes en espérant capitaliser sur la réaction anti-russe de certains pays pour faire avancer des dossiers comme celui de l’élargissement de l’OTAN ou le bouclier anti-missiles, voire effectivement pour relancer la candidature McCain ? Est-ce une simple suite d’incompétences dans l’administration US ? Officiellement, les autorités américaines ont nié une dégradation de la situation sur le terrain jusqu’au 7 août alors que la représentation militaire israélienne a commencé à réagir dès le 3 août.
À l’heure actuelle, les deux hypothèses évoquées, celle impliquant la manipulation et celle impliquant une suite calamiteuse d’erreurs catastrophiques de jugement, sont plausibles.

Ce qui n’est pas plausible est la thèse d’une administration américaine qui n’aurait pas été au courant de ce qui se tramait. La réaction israélienne le montre.

(VII)
Il reste à évaluer ce que fut la position russe.
Les avertissements à la Géorgie avaient été clairs fin juillet et début août. Dès la fin juin, les troupes de construction russes avaient achevé la remise en état de la ligne ferroviaire côtière reliant l’Abkhazie à la Russie, et permettant ainsi le déploiement rapide de matériel lourd russe en Abkhazie. Des manœuvres amphibies avaient été conduites par la marine russe de Mer Noire. La Russie avait donc donné des signes manifestes de son inquiétude quant à une possible dégradation de la situation soit en Abkhazie soit, fin juillet, en Ossétie du Sud.
À la suite d’un incident survenu le 1er août et où 6 miliciens Ossètes avaient été tués, les autorités russes en Ossétie du Nord-Alanie ont commencé à préparer des convois d’aide humanitaire. À partir du 5 août des civils (essentiellement des enfants) ont été évacués des villages situés sur la ligne de cessez-le-feu. Enfin, le 6 août, un appel de plusieurs personnalités d’Ossétie du Sud indiquant la menace immédiate d’une attaque géorgienne a été publié dans des journaux russes.

Pour autant, on peut s’interroger sur le degré de surprise de la chaîne de commandement russe.
La 58e Armée avait été maintenue dans un haut état d’alerte et de réactivité, et les permissions n’ont semble-t-il été octroyées qu’au compte-goutte à la fin des manœuvres Kavkaz-2. Elle semble avoir été mise en état d’alerte au 4 août 2008, ce qui explique la rapidité de sa réaction après l’attaque géorgienne. Ceci indique que les autorités russes suspectaient quelque chose, mais pas nécessairement le 7 août. Le fait est que Vladimir Poutine s’envole pour Beijing, afin d’assister à la cérémonie d’ouverture des J.O., tandis que Dmitry Medvedev a rejoint la « datcha » présidentielle à Sotchi. On remarque cependant que les deux dirigeants ont évité de se trouver simultanément hors de Russie. Par ailleurs la représentation locale de l’OSCE en Géorgie, si elle indiquait une montée des tensions, n’indiquait pas la possibilité d’un conflit armé à la date du 7 août
[16].

Cependant, on a des indications quant au fait que les responsables russes soupçonnent à partir du 4 août la Géorgie de se préparer à une action militaire dans de brefs délais.
Le renforcement des observateurs russes en Ossétie du Sud a été évoqué. Il répond à la multiplication des incidents et à la prise en compte d’une dangereuse montée des tensions.
Moins noté est le fait, signalé par la presse russe le 6 août, que des « volontaires » d’Ossétie du Nord serait en train de se rendre en Ossétie du Sud. Il y a eu un mouvement de « troupes irrégulières » vers le sud dans la journée du 6. Ce mouvement n’a pas du dépasser le millier d’hommes. Cependant, ce mouvement a certainement masqué un autre déplacement. Il s’agit d’un groupe de 600 à 800 hommes (rien à voir avec les affabulations d’un BHL ou du gouvernement Géorgien sur plus d’une centaine de blindés), ce qui correspond probablement à un bataillon des forces spéciales de l’Armée Russe (ceux que l’on appelle les « SpetNaz » et techniquement, il s’agit probablement de « reydoviki »).

Ces hommes étaient destinés à sécuriser le tunnel de Roki et renforcer les défenses de l’Ossétie. Ils seront engagés dans la bataille de Tskhinvali le 8 et le 9 août et c’est eux qui causeront les pertes les plus importantes aux unités blindées et mécanisées Géorgiennes tentant de prendre la ville. L’armée géorgienne disposait de 129 chars (67 T-62 et 62 T-54 et 55) ainsi que 213 véhicules blindés d’infanterie (des BMP et des BTR). Les documents disponibles montrent que les troupes russes ont détruit environ 60 chars à Tskhinvali et ses alentours immédiats et qu’elles ont capturé intact une centaine de blindés (essentiellement des BMP-1) quand les forces géorgiennes se sont débandées à partir du dimanche après-midi
[17].
Ils vont aussi canaliser le flot des réfugiés Ossètes et assurer que la route descendant du tunnel de Roki est bien libre le 8 et le 9 pour permettre aux forces russes de venir au secours des Ossètes.

Ceci montre que la possibilité d‘une agression géorgienne a bien été prise en compte par les autorités russes, qui ont pris les mesures nécessaires pour pouvoir réagir de manière efficace le cas échéant. Cependant, les autorités russes semblent avoir été surprises par la violence de l’attaque initiale et par les fait que les observateurs russes, présents sous mandat ONU, aient été délibérément la cible des tirs géorgiens. Je pense que les autorités russes, à partir du 5 août considèrent probable une attaque géorgienne, mais estiment que celle-ci sera limitée à la conquête de quelques crêtes et de collines, en réponse aux incidents que l’on a eu sur la ligne de cessez-le-feu. Les mesures prises par le commandement russe et les autorités d’Ossétie du Sud entre le 5 et l’après-midi du 7 août vont dans le sens de précautions face à de possibles dérapages, voire à une reprise des combats sur la ligne de cessez-le-feu, mais à un niveau de violence comparable à celui des combats de 2004. Ce n’est qu’à partir de l’après-midi du 7 août que le commandement russe semble prendre conscience que l’attaque géorgienne pourrait être plus ambitieuse. Les diplomates russes ont tenté, sans succès, de joindre le Président Géorgien dans la soirée du 7 août pour tenter d’éviter un embrasement généralisé. Selon la partie russe, le Président Géorgien est resté injoignable durant les heures critiques allant de 19h00 le 7 août à 04h50 le 8 août
[18].
Les autorités russes n’ont donc pas été surprises au sens stratégique du terme, car on voit qu’elles avaient mis en place toutes les dispositions nécessaires à une crise sérieuse. Elles ont cependant été surprises au sens tactique du terme par le degré de violence des Géorgiens. Celui-ci a déterminé aussi le degré de violence de la réponse russe, comme le montre la réaction de Vladimir Poutine, alors à Beijing, dans les heures qui suivent
[19].

La réaction russe, dans sa totalité, correspond cependant au scénario des manoeuvres Kavkaz-2, y compris l’opération amphibie vers Poti, qui avait été testée lors de manœuvres navales de la fin juin 2008.
On est alors ramené à la question déjà posée : ces différentes manœuvres ayant été accompagnée d’observateurs étrangers et en particuliers des pays de l’OTAN on comprend mal que les autorités géorgiennes n’aient pas été averties des risques qu’elles prenaient et on comprend tout aussi mal la « surprise » des pays occidentaux face à une réaction russe qui était entièrement prévisible en cas d’attaque géorgienne sur l’Ossétie du Sud ou l’Abkhazie.

Si « piège » il y eut, il ne vint pas de Moscou. »

Jacques Sapir

Demain : La guerre d’Ossétie du Sud : 2 « une sale petite guerre »


©SERIATIM 2008

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Notes:

[1] Bernard Dréano, « Le piège ossète » in Mouvements, http://www.mouvements.info/spip.php?article314
[2] Bernard Henri-Lévy, « Choses vues dans la Géorgie en guerre », in Le Monde, 19 août 2008, http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/08/19/choses-vues-dans-la-georgie-en-guerre-par-bernard-henri-levy_1085547_3214.html
[3] http://embassy.mfa.gov.ge/index.php?lang_id=ENG&sec_id=461&info . Voir aussi la déclaration du Président Saakashvili dans le Financial Times, « Russia deployed tanks before Georgia attacked », http://www.ft.com/cms/s/O/25ec7414-723c-11dda44a-0000779fdl8c.html
[4] AFP, 7 août 2008, http://afp.google.com/article/ALeqM5gi_jyRnqBYekXz2MyszBj6k_ZMtw
[5] Voir en particulier celle faite sur le site Rue89 : http://www.rue89.com/2008/08/22/bhl-na-pas-vu-toutes-ses-choses-vues-en-georgie
[6] BBC « Russia vows to defend S. Ossetia », BBC News, 5 août 2008, http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7543099.stm
La déclaration de Y. Popov est traduite in BBC Monitoring, voir « Talking through gritted teeth », Transitions on line, n°281, Section 1, Article 19821, 6 août 2008.
[7] Mais BHL dans son article dans Le Monde fait bien dire au Président géorgien « 150 chars pointés sur nos villes »…
[8] Voir l’article de la rédaction de Der Spiegel du 25 août 2008 qui confirme cette information,
« The Chronicle of a Caucasian Tragedy, Part 3 : a disastrous décision », consultable sur
http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,574812-3,00.html
[9] AFP, le 30 août 2008, via Le Figaro, http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/08/30/01011-20080830FILWWW00465-l-osce-met-en-cause-la-georgie.php
Le texte du Spiegel donnant l’information peut être consulté à :
http://www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,575396,00.html
L’OSCE a par la suite démenti avoir transmis ces informations « par source diplomatique », mais n’a pas contesté la véracité des faits. Cette combinaison de révélation et de démenti de forme est assez classique dans une organisation comme l’OSCE. Elle indique que les militaires européens détachés auprès de l’OSCE et déployés sur le terrain ont organisé des « fuites » afin de rendre publiques des informations que leurs gouvernements souhaitent ne pas voir diffusées. L’auteur de ce texte en a eu confirmation par des membres de la mission d’observation en Géorgie. Des fuites de ce type ont déjà été pratiquées dans d’autres cas, du Kosovo au Nagorno-Karabagh.
[10] Les observateurs de l’OSCE ont d’ailleurs officiellement démenti l’entrée de troupes mécanisées russes avant le 7 août.
[11] Au 7 août 2008, l’Armée Géorgienne avait déployé 2000 hommes en Irak, sous commandement américain.
[12] Richard Giragossian, “Georgian planning flaws led to campaign failure”, JDW, 15 août 2008.
[13] Je cite depuis le compte rendu de la BBC du 8 août 2008. http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7546639.stm
[14] BBC « Russia vows to defend S. Ossetia », BBC News, 5 août 2008, op.cit.. http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7543099.stm

[15] « B Gospitali Vladikavkaza Postupili Inostrannye Naemniki », [Des mercenaires étrangers admis dans les hôpitaux de Vladikavkaz] Lenta.Ru, 11 août 2008, consultable à : http://lenta.ru/news/2008/08/11/merc/
[16] Der Spiegel, « The Chronicle of a Caucasian Tragedy, Part 3 : a disastrous décision », article cité.
[17] Les chars géorgiens sont des modèles anciens, qui ne sont plus en service dans les forces russes. Il est ainsi assez facile de distinguer sur les photographies si le véhicule pouvait appartenir aux forces géorgiennes ou russes.
[18] Communication faite à l’auteur par un responsable du MID de Russie. Ceci correspond à la version russe. La partie géorgienne n’a ni confirmé ni infirmé cette information.
[19] AFP, 8 août 2008, « Putin vows retaliation for Georgian action in South Ossetia », http://www.afp.com/english/news/stories/newsmlmmd.9a925eb591bfe404730dee97a82c07ed861.html

1 commentaire:

martin a dit…

les commentaires de Mr Sapir, ce ne sont que approximations et suppositions gratuites, d'autre part ayant suivi les évènements je constate des mensonges sur les heures et les dates. De plus il appuie sa démonstration sur des photos satellites postérieures de 12 jours.Il cite des faits non avérés, tel la présence de soldats noir méricains ou d'un génocide avec un chiffre dont on ne sait plus si c'est 2500 ou 22 civils.
Ils tirent des conclusions hâtives et calomnieuses concernant les élections américaine.
Par contre il passe sous silence les violations aériennes répétitives du territoire géorgiens depuis près de deux ans, ainsi que toutes les menaces d'intimidation et les provocations.
Comme les agressions physiques les civiles géorgien perpétrées par les "soldats de la paix"russes.
Cela ressemble davantage à de la propagande mais jamais à de l'information.
Le simple bons sens me rappel que ce n'est pas la Géorgie qui envahit la Russie.
On comprend après avoir lu cet auteur, qu'il justifiera l'agression russe sur l'Ukraine ou un autre.
Aussi on a du mal à comprendre sont anti-américanisme primaire, les USA n'ont rien à voir dans cette guerre.(pour le moment)
Il est désolant de penser qu'une telle personne puisse être considéré comme intelligente, j'aurais voulu défendre la Russie que j'aurais été moins lourd!