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mercredi 26 novembre 2008

Au PS : l’alliance des Dames? N°342 - 2eme année

C’est fait, c’est fini! The winner is Martine Aubry! Au terme de quatre jours de disputes et de recomptages à travers toutes les fédérations, le conseil national a validé l’élection du 21 novembre.
Le parti socialiste a-t-il nui à son image en exposant aussi publiquement toutes ses querelles internes? Si les Français avaient perdu l’habitude de la vie militante au sein d’un parti, le parti socialiste leur a offert une plongée sans fard ni malice parmi tous les acteurs décisifs socialistes. La vie d’un parti politique ne devrait en aucun cas ressembler à une réunion du PC ou de l’UMP : un homme, vos voix! C’est là l’aspect éminemment positif de toute cette effervescence.
Pour le reste, évidemment la pénible élection de Martine Aubry ne résout pas la problématique de ce parti de la rose. La maire de Lille a eu le soutien de tous les TSS (Tout Sauf Ségolène) ce qui représente grosso modo l’électorat conservateur et assez parisien à l’inverse de Ségolène Royal qui a bénéficié du soutien des barons locaux (Collomb, Guérini, Frêche) et a bien regroupé sous son aile la plupart des nouveaux militants. Bref à 102 voix prés, les deux dames sont dans un presque face à face.

Martine Aubry doit sa courte victoire à une alliance bien fragile : quel rapport entre Benoît Hamon et les éléphants? Le premier prend la place qu’occupait Mélenchon avant son départ de la rue de Solferino, les seconds se drapent encore dans une toge socialiste alors qu’ils sont tous, à des degrés divers plus proches idéologiquement du MoDem de François Bayrou que des principes fondateurs du congrès de Tours! Quelle connexion entre Aubry et Delanoë? Aucune. Ils ne s’apprécient pas.
Ségolène Royal a beau jeu de dire qu’elle reste une «
force de transformation » tout à fait capable de se présenter aux élections présidentielles de 2012! Elle a perdu alors que son camp est bien plus homogène que celui de son adversaire. Le soutien des barons municipaux ne quittera pas Ségolène Royal ce qui promet de belles bagarres lors des investitures pour les prochaines élections (européennes, régionales). Ségolène Royal a tenté, en échouant sur le fil, de prendre la direction du parti à l’instar de Tony Blair qui avait réussi son pari de dépoussiérer le parti travailliste avec le succès que l’on sait.
En ce jour, aussi paradoxal que cela paraisse, la dynamique reste en faveur de Ségolène Royal tandis que Martine Aubry sera contrainte de gérer d’abord une coalition avant toute annonce. Si le parti socialiste est apparemment bloqué au sommet, la base s’est considérablement dégourdie les jambes. L’opinion publique voit bien que la seule détestation de la personne physique de Ségolène Royal a abouti à l’actuel résultat. En ce sens, les éléphants ont emporté une victoire à la Pyrrhus. Nul n’est dupe que leur soudain attachement aux principes de la gauche (Jack Lang) n’est que pure communication circonstancielle : ne sont-ce pas parmi eux que Nicolas Sarkozy a fait les plus beaux débauchages?
Où ira le PS : à gauche, au centre ou nulle part?Ce parti s’étant totalement
« désidéologisé »¹, il a l’embarras du choix pour construire une identité neuve. Mais voilà, Martine Aubry a été élue sur un programme de gauche qui induit une alliance non seulement avec Hamon mais aussi avec Mélenchon et le PC. C’est là recréer une union de la gauche fort peu crédible auprès de nos concitoyens. Le PS peut-il élaborer un programme social-démocrate qui impliquerait des concordances de vues avec le MoDem? C’est là le chemin pris par Ségolène Royal. Il reste le nulle part et beaucoup de communications pour donner l’illusion du réveil.
Il y a encore une solution, une alliance entre les deux Dames. Qui pourrait empêcher cette journée des dupes? Sont-elles tellement différentes si l’on fait abstraction du poids des éléphants? Pas tellement. N’oublions pas que Martine Aubry est la fille de Jacques Delors et que celui-ci joue, certainement, un rôle auprès de sa fille. En fait le PS veut rompre avec une certaine idéologie de gauche qu’il juge surannée. On sent bien parmi les militants combien le désir de bâtir un parti neuf avec des idées modernes est puissant. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’un nouveau coup de théâtre! Martine Aubry ne vient-elle pas de dire :
« Ma première tâche est de voir Royal »!

Jean Vinatier

©SERIATIM 2008
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Source :
1-
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/25/au-dela-de-la-tragi-comedie-socialiste-par-remi-lefebvre_1122875_3232.html

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