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samedi 8 novembre 2008

PS= Passion Ségolène ? N°329 - 2eme année

Tous les ténors socialistes moquaient Ségolène Royal pour son « one womanshow » au Zénith et tous comptaient bien lui faire mordre la poussière. Eh bien ! Les maires des grandes villes dont Gérard Collomb à Lyon, l’ont jouée contre les autres têtes de liste de motion et ils ont contribué à l’échec de Bertrand Delanoë dont la motion arrive en second. Etait-il trop parisien ? Martine Aubry (elle en 3e position) ne mâchait pas ses mots contre le maire de Paris, jugeant que la capitale était devenue ennuyeusement bobo…et c’est ô combien juste !
La première place de la motion Royal obtenue à Reims secoue la rue de Solferino. Ce succès annonce-t-il sa désignation au poste de 1er secrétaire du PS le 20 novembre ? D’ici là s’ouvre une semaine chargée en tractations et combinaisons. Martine Aubry et Benoît Hamon (pas mécontent de ses 19%) formeront-ils les deux bras de Ségolène Royal ? Si la maire de Lille est assez proche de cette dernière, Benoît Hamon se positionne à gauche et refuse toute ouverture en direction du Modem. Ce choix est, aujourd’hui, facilité par le départ de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez du parti socialiste.
Bertrand Delanoë, soutenu par les barons « solferiniens », François Hollande et Lionel Jospin, maudit la dame du Poitou et n’aura de cesse de manœuvrer pour nuire à l’élection de Ségolène Royal. Il est désormais isolé : partira-t-il ? Il voudra jouer au cardinal de Retz !
La dame du Poitou pourrait-elle ne pas devenir Mme la 1ère secrétaire : c’est ce qui émeut les rédactions et anime des dîners en ville ? En cette heure, elle joue la pondération et laisse avancer Vincent Peillon (Arnaud Montebourg collé à ses basques ?) : est-ce une manœuvre ?
Ecrire qu’elle se déconsidérerait en devenant la patronne du PS après avoir été candidate aux élections présidentielles de 2007 ne résiste pas à l’examen. François Mitterrand aurait-il conquis le pouvoir en laissant à un tiers la direction du parti socialiste ? Evidemment pas. Comment être audible et crédible si on n’a pas la fonction adéquate ? Quand la France entre dans une période de récession économique accompagnée de turbulences sociales récurrentes, ne doit-il pas y avoir à la direction des partis des gens choisis par les militants ? Ajoutons que laisser à un ami de trente, vingt, dix ans ou de 5 jours le poste de commandement représente un risque majeur : souvenons-nous de l’expérience Chirac/Balladur en 1993-1995 !
Si le départ de Jean-Luc Mélenchon ne surprend pas, on s’interroge sur sa capacité à fonder une structure nouvelle. Il a en face de lui le PC et le NPA d’Olivier Besancenot. S’il ne peut se fondre dans le parti de ce dernier qui recrute déjà nombre de sympathisants socialistes « de gauche », il a, aussi peu de chance de convaincre Marie-George Buffet de biffer le nom de communiste pour prendre une appellation nouvelle. En fait le sénateur de l’Essonne est parti trop tard.
Le parti socialiste marche vers le centre entre deux battements d’ailes (une de gauche, une de « droite »). Si Ségolène Royal réussissait à rassembler Aubry et Hamon, elle obtiendrait un succès. Mais, le problème majeur de ce
parti est de reprendre le lien avec les Français. Il n’est pas sain dans une démocratie de n’avoir qu’un seul parti qui décide de la pluie et du beau temps. Nous entrons dans une période de tempête économico-sociale, les partis ont un rôle à jouer : entendre les colères, savoir les canaliser, rédiger les programmes. Jusqu’à présent le parti socialiste sous la houlette de François Hollande a été absent ou au mieux évanescent. Paris-plage c’est fini !


Jean Vinatier

©SERIATIM 2008

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