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jeudi 20 novembre 2008

La voie de garage pour les voitures euro-américaines ? N°338 - 2eme année

Après l’immobilier, l’automobile ?
Voilà quelques années, un de mes amis, François de La Chevalerie, un entrepreneur qui travaille entre la Chine et la péninsule arabique, me confiait que le compte à rebours pour les constructeurs européens et américains aboutirait à la fin d’une ère industrielle glorieuse des deux côtes de l’Atlantique. La Chine préparant une offensive générale, l’Inde derrière !
Les appels au secours de General Motor, Ford et Chrysler, de Renault/Nissan et de leurs homologues anglais, allemands auprès de leur gouvernement respectif indiquent bien que nous sommes dans une phase dangereuse de la crise actuelle. L’automobile (avec l'immobilier) est un secteur symbolique au plus haut point, synonyme de prospérité, d’élévation sociale et d’évasion! Prés d’une personne sur dix en France travaille pour la voiture ! Le dernier Salon s’est tenu à Paris avec un grand succès mais le carnet de commandes est resté en berne….
Le secrétaire au Trésor américain, Paulson, refuse d’accorder la moindre facilité aux constructeurs d’autos alors que les centaines de milliards ont plu et pleuvent sur les banques ! Mais voilà les caisses se vident et pas seulement celles des Etats également celles de la FED et du FMI. Les républicains ne seraient-il pas fâchés de voir fermer les sites de Détroit, bastion syndical ? A priori le chômage potentiel de 3 millions d’ouvriers américains n’effraie pas l’administration bushienne pas mécontente de laisser Barack Obama trouver une solution! Mais une autre hypothèse pourrait être avancée : Washington discute avec Pékin l’achat de T-Bonds en sus d’autres accords bilatéraux. Dans le cours de cette négociation, peut-on exclure que le gouvernement chinois ne demande pas l’arrêt de la production automobile américaine en contrepartie de son aide ?
En Europe, la commission annonce ce soir, un plan de soutien à l’économie des 27 pour un montant de 130 milliards d’euros toutes activités confondues ! C’est peu. Les gouvernements anglais, allemand, français agissent en ordre dispersé pour trouver des solutions provisoires au secteur automobile à la grande différence des banques qui bénéficièrent de l’appui commun de ces trois gouvernements ; pour l’heure, elles ne rouvrent pas le robinet du crédit mais elles rassurent leurs actionnaires dans l’indifférence générale et aucune sanction n’est à l’ordre du jour !
L’argument qui consiste à dire qu’aider un secteur en fin de course fragiliserait davantage les établissements bancaires, constitue une démission pure et simple. Les gouvernements ont le droit et le devoir de leur forcer la main. L’industrie automobile a massivement investi dans la voiture écologique et les moteurs hybrides, les Etats-Unis étant en pôle position. Il serait insensé de sacrifier la vie de millions d’hommes et de femmes. Hélas, les fonds d’investissement – eux-mêmes passés sous la houlette d’autres fonds - se sont engouffrés dans les entreprises et ont imposé la délocalisation à outrance en Asie. Les gouvernements n’ont guère bataillé pour défendre une politique industrielle : En France la gauche autant que la droite en portent l’immense responsabilité !

La chute des constructeurs de voitures des deux côtés de l’Atlantique marque bien la fin d’une hégémonie et d’une force industrielle lesquelles sont les signes avant-coureurs de tensions et de chocs sociaux en proportion.

Jean Vinatier

©SERIATIM 2008

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