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mardi 31 mai 2016

Brexit : in/out ? N°4151 10e année



Il suffit de deux sondages demandés par The Guardian pour que les bourses virent au rouge : pour la première fois les partisans du Brexit l’emportaient….A quelques semaines du référendum, le climat politique est très confus au Royaume-Uni : du côté travailliste, en grande majorité favorable au maintien du royaume dans l’Union européenne, c’est son président Corbyn qui fait tâche : son passé d’eurosceptique sème le trouble, pendant ce temps, leur nouveau maire de Londres, Sadiq Khan fait hisser le drapeau étoilé à côté de celui de l’Union Jack et accompagne le Premier ministre Cameron dans les meetings ; du côté conservateur, dont une bonne majorité est favorable à la sortie du pays de l’Union, c’est David Cameron qui ne parvient pas à entraîner ses troupes, de même qu’une partie du gouvernement. Les anti-Brexit  présentent une unité transversale via les partis et disposent d’une force de frappe considérable en comptant sur des puissances étrangères (États-Unis, Chine) et la City pour rejouer le coup qu’ils réussirent lors du référendum en Ecosse.
Les pro-Brexit ont pour eux de compter sur une dynamique populaire réelle qui s’opposera frontalement à celle issue des villes toujours tentées par les ouvertures sans cesse agrandies. Sans nul doute,  la question migratoire sera-t-elle le point névralgique dont dépendra l’issue du référendum aidée par la presse populaire, par réflexe, évidemment anti-européenne  qui  garde une influence réelle en dépit de la baisse de son  influence ?
L’identité britannique s’avance donc sur le terrain identitaire : il se pourrait que l’élection d’un maire de confession musulmane à Londres se révèle une illusion d’optique. David Cameron a eu beau égrener la liste des plaies d’Égypte qui s’abattraient sur le royaume en cas de sortie de l’Union, plus l’admonestation de l’empereur du Potomac, le message venu de l’empire du milieu (Chine), la déclaration du G7, l’impact désiré est faible. Remarquons que la mondialisation n’interdit plus à une puissance étrangère de s’ingérer dans un débat relevant strictement de la politique intérieure, ici, britannique.
David Cameron assumera le choix d’avoir appelé à la consultation les britanniques et même s’il l’emportait in fine, comme en Autriche, au prix de pressions exercées, l’Union européenne ne gagnerait pas en galon. Où que l’on se tourne, l’Union européenne apparait comme une structure usée qui en appelle au renouvellement de l’autorisation de la part des États-membres à négocier avec les Américains le traité de « libre-échange » où un Jean-Claude Junker, entre deux déclarations maladroites, accepter d’aller à Saint-Pétersbourg le 16 juin s’attirant le courroux de Washington.
Le bon sens anglais aurait pour logique de dire Rule britania : au sein de l’Union il n’y a aucun avenir souverain, il n’y aura, comme l’exprimait un Allemand, que des peuples et des territoires….


Jean Vinatier
Seriatim 2016


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